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Pourquoi une charrue sur le monument funéraire d’Edmond Capitain à Vecqueville ?

DISCOURS DE M. COLAS-BAUDOT vice-président Comice agricole de Joinville

Mesdames, Messieurs,

tombe Capitain_laboureur_smallC’est  un devoir  bien pénible qui m’incombe de venir, dans cette triste circonstance, au nom du Comice agricole et viticole du canton de Joinville, adresser un suprême adieu à notre dévoué et regretté président.

M. Capitain-Gény fut à la tête de notre Association depuis 1876; sous son impulsion et par son activité, elle devint rapidement une des plus prospères du département.

Dès 1878, il obtenait pour Joinville la première conférence du professeur départemental d’agriculture, qui venait envoyé en Haute-Marne. Il entretenait: avec un soin jaloux ces conférences, qu’il provoquait périodiquement, jusqu’au jour où une chaire d’agriculture, sollicitée par lui et obtenue grâce à ses démarches, fut créée à Joinville. Il en devint le collaborateur le plus actif et, au besoin, la subventionnait personnellement .

La découverte du phylloxéra dans notre canton fut pour lui un nouveau stimulant. Il multiplia ses efforts en vue de soulager les souffrances des malheureux vignerons atteints par le terrible fléau et, sur son initiative, notre Comice agricole se doubla d’un service viticole dont l’action devint plus efficace. Et si le canton de Joinville ne fut pas compris dans la Champagne « viticole «, ce ne fut pas sans que notre  actif président ait fait de nombreuses démarches auprès des pouvoirs compétents .

Nous lui devons aussi toute notre reconnaissance pour Ia mise en pratique, dans notre canton, des oeuvres de solidarité et de mutualité agricoles : caisse de crédit, syndicats, sociétés de prévoyance contre la mortalité du bétail et contre l’incendie.

Le président de la République tint à récompenser tant de services rendus à l’agriculture; il décerna, en 1903, à M, Capitain, la rosette d’officier du Mérite agricole.

Sa générosité, aussi, était sans bornes; il donnait sans compter : prix aux serviteurs ruraux, aux enfants des écoles. Et si parfois il remarquait des insuffisances de ressources dans notre budget, il les comblait aussitôt de ses propres deniers. Il aimait avec passion son cher Comice, aussi voulut-il. avant de le quitter pour toujours, le gratifier d’une nouvelle largesse.

Mon cher Président, devant une carrière aussi désintéressée et remplie avec tant de dévouement, nous nous faisons un devoir …. tous mes collègues et moi, de venir nous incliner respectueusement devant votre tombe ouverte trop tôt et d’y apporter le témoignage de notre reconnaissance et de nos vifs regrets,

« Puissent les marques de sincère sympathie de cette foule nombreuse et amie, apporter un peu d’adoucissement à l’immense douleur de votre compagne si dévouée et de vos chers enfants.

« Adieu, mon cher Président.

« Au nom de tous les membres d­u Comice, Adieu!. .. »

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