Revue de web : sauver le pont Eiffel à Semallé (Orne)

Témoin de la révolution industrielle du 19e siècle, le Pont Eiffel, à Semallé, accuse le poids des ans. Avec une aide conséquente de l’État, le Conseil départemental a fait le choix de le sauver !

Liens : 

https://www.orne.fr/actualite/semalle-il-faut-sauver-le-pont-eiffel

et https://actu.fr/normandie/semalle_61467/semalle-et-si-on-redonnait-ses-lettres-de-noblesse-au-pont-eiffel_35198399.html

Actualité – 26/01/2024

Œuvre atypique d’un brillant élève du célèbre Gustave, le Pont Eiffel enjambe la Départementale 503, au lieudit La Pouprière, à Semallé. Le Conseil départemental engage sa réhabilitation complète, pour un coût de 1 560 000 €. L’opération vise à sécuriser les lieux, tout en pérennisant un ouvrage appartenant au patrimoine historique et industriel ornais.

Un décret impérial

Le Pont Eiffel a été construit à la création de la ligne de chemin de fer reliant Alençon à Condé-sur-Sarthe, abandonnée un siècle plus tard. Une famille locale, celle de Jules-César Houel, ingénieur civil, à l’origine de la ferme industrielle du Domaine d’Avoise, s’est particulièrement impliquée dans la réalisation de l’ouvrage. Rapidement, l’idée de solliciter les élèves de Gustave Eiffel a fait son chemin, jusqu’à ce qu’un décret impérial autorise la construction. 
Mis en service le 6 mai 1873, ce pont reste le témoin symbolique d’une révolution industrielle qui a marqué le pays, jusque dans les campagnes. Sa structure n’en finit pas de surprendre, les usagers de la route qui débouche sur la Nationale 12, désormais, mais aussi les promeneurs.
 

Patrimoine d’exception

Un siècle et demi plus tard, le pont n’enjambe plus la voie ferrée mais la voie… verte, qui relie Pais au Mont-St-Michel, La Véloscénie, si chère au Conseil départemental. Et la route est devenue départementale. D’où la mobilisation du Département pour « sauver le Pont Eiffel ! ». Une construction d’un type très particulier, réalisée en fer puddlé riveté : son tablier est constitué de voutains métalliques, fixés à des entretoises qui sont suspendues à des poutres latérales, lesquelles reposent sur des piliers maçonnés.

Le président du Conseil départemental, Christophe de Balorre se réjouit de l’avancée du dossier : « L’étude achevée, nous allons entrer dans la phase de travaux, qui permettront la sauvegarde et la mise en valeur de ce patrimoine ornais d’exception, qu’il n’était pas question d’abandonner. Témoin d’une époque, il demeurera le lien entre le passé, symbolique à plus d’un titre, et le présent, qui se conjugue désormais avec les randonneurs et touristes, nombreux à emprunter la voie verte surplombée par le Pont Eiffel. »

Les travaux, pour un coût estimé à 1 366 327 €, sont financés par le Conseil départemental, avec une subvention attendue de l’État (à hauteur de 80 % du montant HT de l’investissement) de 910 885 €.

Quelques notes techniques…
L’opération comprend la dépose des couches de chaussée, la dépose du tablier métallique avec mise en place d’un support provisoire, la dépose-repose des piliers d’extrémité, le grutage des éléments conservés (membrures supérieures et inférieures, suspentes et lanières), la dépose des culées existantes, la réalisation de nouvelles culées fondées sur pieux, la pose de poutres préfabriquées, le coulage du hourdis, le traitement des éléments métalliques conservés (décapage et application d’une protection anticorrosion), le grutage pour fixation des éléments conservés, la mise en place de protections des piliers et des équipements, la réalisation de la voirie, avec deux trottoirs réglementaires, auparavant inexistants, et la sécurisation du cheminement des usagers de la voie verte.

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