Promotion du progrès : Sociétés d’agriculture, comices agricoles, salons…

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    flaubert_univ_rouen_fr_derives_mb_brispot_comices_php_imp_1 - copie Il disait: «Continuez! persévérez! n’écoutez ni les suggestions de la routine, ni les conseils trop hâtifs d’un empirisme téméraire! Appliquez-vous surtout à l’amélioration du sol, aux bons engrais, au développement des races chevalines, bovines, ovines et porcines! Que ces comices soient pour vous comme des arènes pacifiques où le vainqueur, en en sortant, tendra la main au vaincu et fraternisera avec lui, dans l’espoir d’un succès meilleur! Et vous, vénérables serviteurs! humbles domestiques, dont aucun gouvernement jusqu’à ce jour n’avait pris en considération les pénibles labeurs, venez recevoir la récompense de vos vertus silencieuses, et soyez convaincus que l’état, désormais, a les yeux fixés sur vous, qu’il vous encourage, qu’il vous protège, qu’il fera droit à vos justes réclamations et allégera, autant qu’il est en lui, le fardeau de vos pénibles sacrifices !».

Flaubert  Madame Bovary – chapitre VIII page 460 – Ed. de la Pléiade.

«Assemblées dominées par les propriétaires fonciers, les Conseils généraux ont directement soutenu les comices, “ ils accordaient des subventions aux organisateurs de concours agricoles ; les primes et les distinctions accordées aux lauréats stimulaient le progrès en utilisant autant l’âpreté au gain que l’amour-propre qui caractérisent les paysans ” (Désert, Specklin, 1976, p. 105).

Au cours de ce XIXème siècle, le relais de l’action de l’état auprès de la paysannerie est passé efficacement par les notables, “ des propriétaires, des notaires, des médecins ou des juges de paix qui exercent une action de vulgarisation à titre bénévole, mais dans leur intérêt bien compris de propriétaires fonciers tirant souvent l’essentiel de leur revenu des fermages ” (Bourrigaud, 1998, p. 120). En créant les associations de développement agricole, en organisant les comices, ils ont diffusé la modernité dans le style de rapport qui les liaient habituellement aux paysans : la pédagogie de l’exemple et l’imitation. Les notables dans la région Segréenne étaient des grands propriétaires, souvent nobles et n’exploitant pas directement leurs terres. Ils étaient cependant intéressés par les progrès agricoles dont la diffusion relevait d’un enjeu économique et d’une mission de civilisation auprès de la paysannerie.»

Gabriel DESERT, Robert SPECKLIN, “ Victoire sur la disette ”, dans Gérard DUBY, Armand WALLON (dir.), Histoire de la France rurale. 3. Apogée et crise de la civilisation paysanne. De 1789 à 1914, Paris, Seuil, Points, 1976.

René BOURRIGAUD, Aux origines des organisations professionnelles agricoles : Les comices agricoles du siècle dernier, 303, Nantes, LVI, 1998, 119-123.

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