Dictionnaire illustré des machines agricoles

L’équipement de la ferme – Page 8

Produire de l’énergie

> Le travail à la main

MacB103077Pour les petites exploitations, à petit budget ou pour des activités occasionnelles, la machine actionnée à la main reste une offre qui est proposée pendant assez longtemps au XXe siècle.

On trouve ainsi des batteuses, des barattes, des coupe-racines…

> Le manège

2015-08-02 14.03.54 MacB102  MacB104

Les manèges à chevaux étaient très utilisés pour l’agriculture avant la généralisation des machines à vapeurs (les locomobiles). Les chevaux tournent en rond sous la machine ou à côté (le mouvement est alors transmis par un système d’engrenage)

.068

> Le tripot ou la trépigneuse

MacB105La trépigneuse est un manège utilisé en agriculture. Inventée par Émeric Lesix en 1859, elle est destinée à mettre en mouvement des machines agricoles à poste fixe. Son faible encombrement et sa mobilité justifient le succès qu’elle connut en France entre 1850 et 1910, accompagnant facilement l’entrepreneur de battage qui passait de ferme en ferme au moment des moissons (ou plus tard dans la saison).

Elle consiste en un plan incliné à tablier (tapis roulant) qui se déroule sous les pieds du cheval et transmet la force nécessaire au fonctionnement de la machine.

Batteuse Dupuis mue par un cheval
Batteuse Dupuis mue par un cheval

Ce tapis roulant est supporté par des chaînes en boucle, guidées par des rouleaux et des rails fixes, qui entraînent une roue dentée (comme le ferait une chaîne de vélo), cette roue dentée est reliée à une poulie de diamètre variable, adapté à la vitesse et la puissance de sortie nécessaire.

Un cheval de trait (qui doit être le plus lourd possible) utilise son propre poids pour mettre en mouvement le tapis (parfois recouvert de sisal tressé), en marchant constamment sur place (d’où le nom de trépigneuse qui vient du germanique « trippôn » : « sauter »).

Les trépigneuses, appelées aussi « tripotin », « tripoteuse » ou encore « manège à plan incliné », peuvent être conçues pour un ou deux chevaux (ou bœufs), le tapis est alors plus large. On les utilise principalement pour entraîner des batteuses.

Le travail du cheval est assez fatigant : il marche en continu sur une pente à 20° (soit plus de 36 %), les « anciens » affirment que les séquences ne devaient pas durer plus de 20 à 30 minutes, après quoi on serrait le frein à patin, sur la poulie de sortie, à l’aide d’un grand levier, pour une pause d’au moins 15 minutes.

Les trépigneuses seront remplacées à partir de 1910 par des machines à vapeur et disparaîtront complètement du paysage rural après la seconde guerre mondiale.

040_1048> La locomobile est une machine à vapeur montée ou non sur des roues. Ce dispositif était entre autres utilisé comme source motrice en machinisme agricole.

IMG_8522Une locomobile est donc une machine à vapeur ambulante susceptible d’exécuter diverses opérations mécaniques nécessitées par les besoins de l’industrie et de l’agriculture. Elle peut servir à battre les gerbes à grains, à manœuvrer des pompes, à faire fonctionner un moulin, un crible, un pressoir, un hache-paille, un coupe-racines, à fabriquer des tuyaux de drainage, à faire marcher une distillerie, à broyer les os, à traîner le rouleau destiné à égaliser une chaussée ; enfin à exécuter toute action qui demande un moteur et à remplacer un manège. Son emploi s’est beaucoup généralisé au XIXe siècle pour remplacer les moteurs hydrauliques en temps de sécheresse.

On désigne cette variété particulière de la machine à vapeur sous le nom de machine locomobile pour rappeler qu’elle a pour caractère essentiel de pouvoir être transportée d’un lieu à un autre. Les premières locomobiles étaient placées sur des chariots tirés par des chevaux. On leur a ajouté des roues et on les a rendues par la suite automotrices.

Les locomobiles ont été utilisées pour les essais de labourage à vapeur. Deux locomobiles munies de treuils, à chaque bout du champ, tiraient la charrue, alternativement dans un sens puis dans l’autre.

004D> La brouette électrique : invention de René Pierre à Osne-le-Val, la brouette est une installation mobile qui associe un moteur électrique et des poulies de tailles différentes, « offrant des vitesses multiples avec tendeurs souples réversibles et réglables et arbre à cardan à mâchoires réglables ».

PERFECTA, cette machine facile à déplacer, devait actionner les outils que l’on manœuvre à la main, comme les meules, écrémeuses, barattes, tarares, trieurs, coupe-racines, concasseurs, etc. et qui doivent tourner à des vitesses différentes et dans des sens différents.

http://www.fontesdart.org/perfecta-linvention-de-rene-pierre-osne-le-val/

069 > Le moteur à explosion

Les fermiers trouvent dans les catalogues de nombreuses versions de moteurs, mobiles sur chariot, ou fixes pour les installations les plus importantes. Ils fonctionnent à l’essence, au gaz, au gaz de ville, au pétrole lourd.

> L’éolienne

084Elle sert à pomper l’eau dans les champs pour remplir les abreuvoirs pour le bétail ou pour assécher des zones humides. Elles pouvaient aussi servir à remplir le château d’eau alimentant une commune ou une propriété privée. C’est Bollée qui a inventé le mot « éolienne » pour la première fois (1885) comme nom commun et non plus comme un adjectif (énergie éolienne). Le mot se retrouve dans le Larousse quelques années plus tard en 1907 ?

Pour l’histoire de la famille Bollée, originaire de Breuvannes (Haute-Marne) : http://www.archivingindustry.com/Eolienne/family_fr.htm

La principale pompe éolienne utilisée jusqu’à présent est la pompe éolienne agricole dite américaine. Elle comporte normalement un rotor en acier à plusieurs pales, semblable à un ventilateur, et elle entraîne généralement une pompe à mouvement alternatif normalement au moyen d’une boîte de démultiplication directement monté sur une pompe à piston installée dans le forage se trouvant juste au dessous. La pompe éolienne agricole américaine ou « moulin américain » a été mise au point au cours de la période allant de 1860-1900, pendant laquelle des millions et des millions de têtes de bétail ont été élevées dans les grandes plaines d’Amérique du Nord. Les ressources en eau superficielles trop limitées ont amené les utilisateurs au perfectionnement des systèmes d’élévation de l’eau pour le pompage des eaux souterraines. Les pompes éoliennes sont ainsi devenues rapidement la principale source d’énergie à usage général employée à cet effet. Le développement agricole aux États-Unis a contribué au développement des ateliers et des usines de fabrication des pompes éoliennes. (http://www.fao.org/docrep/010/ah810f/AH810F10.htm#fig %20109)

Les éoliennes actuelles ont perdu cette fonction agricole et sont dédiées à la production énergétique.

682px-PTO_of_a_tractor> La prise de force sur le tracteur

La prise de force, ou prise de puissance, est une pièce mécanique permettant de transmettre le couple d’un moteur sur un outil mécanique, grâce à la rotation d’un arbre cannelé sur lequel elle vient s’emboîter. Appelée prise de force à tort, car il s’agit d’une prise de puissance (résultat d’un couple multiplié par une vitesse angulaire), elle sert de source d’énergie aux équipements traînés ou portés grâce à un embout cannelé. Cet embout peut être placé à différents endroits. Généralement, il est situé à l’arrière d’un tracteur agricole mais il peut se trouver à l’avant ou au centre (position ventrale qui est très peu utilisée). Il est possible d’avoir deux embouts (avant et arrière) sur le même tracteur.

YFT3_128Après l’abandon des locomobiles, c’est le tracteur qui a été utilisé pour entraîner les machines fixes comme les batteuses. Avant la prise de force, la solution la plus simple, d’ailleurs décalquée des locomobiles, a été d’utiliser une poulie latérale, sur l’un des flancs du tracteur. Par une longue courroie, le mouvement est transmis à la machine.

13 246 vues