Revue de presse: avec la canicule, retour sur les fontaines Wallace en 1946

Source Retronews (Gallica) = Chaleurs intenses, températures toujours plus anormalement élevées,

Chaleurs intenses, températures toujours plus anormalement élevées, populations éprouvées et forêts ravagées… Après un été qui a vu se poser à nouveau la question des bouleversements climatiques et d’un environnement mis à mal, retour ce dimanche sur les précédents étés caniculaires et leur traitement dans la presse. `

En 1911, les Français vivent deux mois et demi d’extrême sécheresse et de températures anormalement élevées. Une canicule parmi les plus longues de l’histoire qui fera quelque 40000 morts, principalement des enfants en bas âge.

 Sources :

1946 07 28 V Retronews 21946 07 28 V Retronews

 

 

 

 

 

 

 

Texte de l’article : Pour combattre la canicule – LES PARISIENS SONT INVITES AU ZINC DE LA WALLACE

À votre santé, Monsieur le Préfet

C’est par ce toast que tes parisiens accueillirent, un jour de l’autre siècle, l’entrée en service des fontaines publiques aussitôt baptisées Wallace, du nom du haut-fonctionnaire ayant décidé leur création, en réponse à un slogan du moment : « Les dieux ont soif, le peuple aussi ».

Sa nouveauté valut à Wallace un franc succès.

La pureté de l’eau des fontaines était garantie sur le laboratoire de Montsouris. Chacun voulut s’offrir au moins une rasade de celle appellation contrôlée.

Par la suite, la clientèle se stabilisa. C’était l’époque du demi-sctier de vin à trois sous, de la momi-nette à deux sous et deux de plus pour un pernod dans un grand verre. La Wallace devint surtout le zinc providentiel des clochards, des noctambules restés sur leur soif après la fermeture des cafés, et encore, des buveurs d’eau par principe.

L’affluence du temps de ses débuts, la Wallace le retrouva au cours de certains étés torrides. Il y a une

quinzaine d’années, la bière fit défaut à Paris, en pleine canicule. Du coup ma ruée vers les fontaines dégénéra en bagarre. L’assoiffé qui parvenait à s’emparer d’un gobelet en profitait pour s’offrir plusieurs tournées consécutives, ce qui mettait en fureur ceux qui tiraient la langue derrière lui.

En 1939, lorsque survint la guerre, les mobilisés en transit à Paris ne se contentèrent pas de remplir leurs bidons à la Wallace. Ils emportèrent les gobelets de métal, par-dessus le marché.

Un peu plus tard, les chaînettes, devenues superflues, disparurent à leur tour. La sécheresse mit les fontaines au régime sec. À ce moment, il leur fallut résister à une sérieuse offensive : les occupants en quête de métal, parlaient d’envoyer les Wallace à la refonte. Elles sont restées debout.

Au lendemain de la Libération, une de ces fontaines ayant échappé au creuset allemand, fut l’objet d’une nouvelle convoitise. Au marché aux « puces », un ambulant de la ferraille avait disposé son éventaire autour d’une Wallace encore tarie. Un Américain passa. Parmi les objets exposés, celui qui le tenta… ce fut la fontaine. Il proposait de la payer le prix fort, pour l’emporter dans son pays, en pièces détachées. Le marchand déclina l’offre, et pour cause. Pour se débarrasser du client, il le dirigea sur l’Hôtel de Ville où l’on fit comprendre à ce possédé d’elgénisme, qu’une Wallace de Paris ne se débitait pas à la façon d’un temple grec.

Leur jet vient d’être rendu aux fontaines publiques, pourvues de gobelets tout neufs et solidement mis en laisse. Le rétablissement du zinc gratuit ayant coïncidé avec la brusque montée du thermomètre, la mesure a été bien accueillie par les Parisiens, en cet été de 1946 où il en coûte autrement cher qu’au temps du préfet Wallace, pour se désaltérer chez le bistrot.

Les Parisiens vont donc pouvoir profiter de cette aubaine en attendant le moment miraculeux où ces mêmes fontaines répandront généreusement le jus divin de la treille.

UC

photo : Jeunes ou vieilles, les Parisiennes font queue aux fontaines Wallace

PS : elginisme : L’elginisme est une forme de vandalisme consistant à extraire des œuvres d’art de leur contexte ou région d’origine pour les exposer ailleurs. Cette pratique tire son nom du titre de lord Elgin porté par Thomas Bruce, ambassadeur britannique à Constantinople, qui fut responsable du transfert à Londres des marbres du Parthénon en 1801-1802. (source wikipedia);

 

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