Paradis : le fonds Ferry-Capitain, inspiration et technique

Vue réduite du panneau d’information dans le Paradis de Dommartin-le-Franc. Pour le voir, rendez-vous dans le centre de ressources d’ars-metallica.fr

L’histoire de la fonderie Ferry-Capitain est une épopée presque bicentenaire commencée dans ce siècle ou inspiration créatrice et production de masse sont intimement liées.

Le fonds de modèles artistique éponyme, riche d’environ 600 œuvres, est une invitation à contempler et comprendre cette époque de bouleversements et d’évolutions.

Une épopée familiale

L’histoire est avant tout une épopée familiale qui débute en 1831 lorsqu’Auguste Capitain s’associe à son beau-frère pour créer au lieu-dit Bussy un atelier de lavage et concassage du minerai de fer, qui était ensuite vendu aux forges voisines.

Cinq ans plus tard, Élophe, frère d’Auguste, construit également à Bussy deux hauts-fourneaux réduisant le minerai en fonte de première fusion. La fonderie est née et avec elle commence déjà la production d’ornement puis d’art.

À la mort d’Élophe en 1849, Edmond (1835-1919), fils d’Auguste, et son beau-frère Hyacinthe Salin, reprennent les rênes de Bussy jusqu’en 1875, année où les Salin se retirent. La société prend le nom de Capitain-Gény (elle deviendra Ferry-Capitain en 1927). Les années qui suivront verront le plein essor de l’entreprise, consacrée en 1878 par l’obtention d’un Grand prix à l’Exposition universelle.  

À cette période, l’usine emploie plus de 500 personnes et produit plus de 7 000 tonnes de fonte par an. Le succès ne se démentira pas à l’Exposition universelle de 1889 et encore de nos jours.

Le fonds de modèles Ferry-Capitain : l’art en série

Le fonds artistique est constitué pour beaucoup des modèles provenant des fonderies Denonvilliers (Sermaize-sur-Saulx), où le fonds se constituera à partir de 1867. En faillite en 1895, l’usine est achetée l’année suivante par le Comptoir général des fontes d’art et de bâtiment (fondé en 1889) alors détenu par les fondeurs Auguste Salin et Edmond Capitain, qui feront dresser cette même année un inventaire exhaustif des modèles, avant de se partager le fonds et d’en continuer l’exploitation, chacun sur leur site de production.

Quelques modèles proviennent également des fonderies Turquet-Colas et de la société Thiriot (fonds rachetés par le Comptoir respectivement en 1889 et 1892).

Riche d’environ 600 modèles, le fonds Ferry-Capitain offre un regard unique sur la sculpture des XIXe et début du XXe siècles et sa diffusion, où la fonte d’art se fait relais d’émotions au service de notre histoire commune

Rédaction : ASPM

 

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