Paradis : Jeanne d’Arc, miroir des passions françaises

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Après des siècles d’oubli, Jeanne d’Arc revient sur la scène politique et religieuse en 1870, incarnant la soif de revanche d’une France amputée d’une partie de son territoire. Otage et miroir des passions, elle sera rempart de la foi lors de la séparation des Églises et de l’État en 1905, bouclier de la patrie durant les deux Guerres mondiales (mais le régime de Vichy ternira son image), symbole de la colonisation dans les années trente (ses statues seront rapatriées d’Algérie en 1962) mais aussi égérie de l’Action française royaliste, du parti communiste de Thorez puis du Front national en 1972.

En 1874, le président Mac-Mahon inaugure, place des Pyramides à Paris, la Jeanne d’Arc guerrière d’Emmanuel Fremiet.  Elle préfigure une profusion de statues, en pied, en buste, agenouillée ou à cheval dont la plupart seront éditées en série, en fonte, en bronze, en plâtre ou en carton romain.

Les catalogues des fondeurs d’art illustrent cette diversité.

Le fonds de modèles Ferry-Capitain

comporte 16 modèles en plâtre et deux œuvres en fonte de Jeanne : 

– galvanisant son armée par Louis Fournier et Lucie Signoret-Ledieu,

– écrasant sous son talon le léopard anglais par Manuela (nom d’artiste de la duchesse d’Uzès),

– portant l’épée trouvée à Sainte-Catherine-de-Fierbois sur l’indication de ses voix d’après Marie d’Orléans ;

– au sacre d’après l’œuvre de Prosper d’Épinay ou par Félix Charpentier et par un artiste anonyme.

Certains modèles figurent en plusieurs exemplaires, dans des tailles différentes grâce au pantographe*, afin de répondre aux attentes des commanditaires.

*Le pantographe est un instrument composé de tiges articulées pour reproduire, réduire ou augmenter un modèle à partir d’un original.

Source : ASPM – Elisabeth Robert-Dehault

Lien vers le centre de ressources : https://www.ars-metallica.fr/ads/jeanne-darc-12/

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