Avenir : le pôle d’excellence rurale en 2007

Avenir : le pôle d’excellence rurale de Dommartin-le-Franc

(état en 2007)

17 ans après son sauvetage, un Pôle d’excellence rurale rattache le haut-fourneau à la dynamique économique du département

dommartin-ht-fourLorsque l’ASPM a été créée, le 2 avril 1990, pour sauver le haut-fourneau menacé par un règlement judiciaire, ses membres fondateurs étaient loin de penser qu’ils prenaient pied dans une aventure technique et artistique hors du commun.
Après la contemplation circonspecte de cet appareil d’un autre âge qui ne semblait rattaché à aucune mémoire collective, l’ASPM a entamé un travail de recherche pour connaître l’histoire du site et appréhender le fonctionnement du haut-fourneau. En comprenant combien il était emblématique d’une activité économique prépondérante au XIXe siècle et le caractère exceptionnel de son état de conservation, elle a pris le parti, avec l’aide providentielle de Gérard Dalstein, de le restaurer tel qu’il était entre 1848 et 1872 avec une reconstitution autorisant une remise à feu.
Le haut-fourneau restauré deviendra ainsi le chaînon manquant entre la sidérurgie décrite dans l’Encyclopédie et celle qui s’est développée à partir de 1860 pour donner naissance aux grandes installations du XXe siècle.
Dans le même temps, l’ASPM a patiemment rassemblé les bribes ténues de la production de monuments et de fontes d’art éditées en série à partir de 1836 par les fonderies du Val d’Osne, Durenne, Capitain-Gény, mais aussi par toutes celles qui présentaient des modèles artistiques dans des catalogues qui ont été rachetés au fil du temps.
Considérée comme le berceau de la fonte d’art, la Haute-Marne a produit l’essentiel des fontes qui ornent et structurent aujourd’hui encore les villes de France et du monde.
À partir de quelques anciennes références imprécises, l’association a retissé les mailles d’un formidable réseau international qui couvre une soixantaine de pays et plus de 100 villes propriétaires de fontes d’art haut-marnaises. Ce réseau est particulièrement dense en Amérique latine.
Il passe par Paris où un circuit permet de découvrir le fleuron des productions locales: les quatre groupes Pégases du pont Alexandre III, une partie des statues du parvis du musée d’Orsay, deux groupes équestres au Grand Palais, le décor du pont de Bir Hakeim, les entrées de métro Art nouveau de Guimard, les fontaines Wallace et une quantité de statues qui ornent immeubles, cours et vestibules.
Les savoir-faire sont au cœur de cette réussite industrielle hors du commun. Ils se perpétuent dans les entreprises qui se sont positionnées sur d’autres marchés ou bien qui poursuivent la production de mobilier urbain et fontes décoratives.
Avec la valorisation de ces savoir-faire, le Pôle d’excellence rurale donne au haut-fourneau une troisième dimension et crée un lien étroit entre le patrimoine et un secteur industriel vital pour l’équilibre économique du département.
L’installation  d’une petite unité de production, avec four électrique, destinée à accueillir des élèves et à satisfaire l’intérêt des visiteurs pour qui une coulée reste un instant magique, la mise en scène de pièces récemment produites, complétée par une présentation pédagogique des technologies et métiers de la métallurgie, permettront à chacun de s’approprier un patrimoine relié à une dynamique industrielle dont il peut être acteur.
En révélant les exceptionnelles facettes d’une histoire deux fois millénaire, le Pôle d’excellence rurale fait du haut-fourneau de Dommartin un lieu incontournable du patrimoine industriel français et participe à l’enracinement d’une vocation dont l’avenir passe par de nouvelles générations réconciliées avec l’industrie.

Alors que, sur le site de Dommartin-le-Franc, le passé prend des couleurs et l’avenir, de l’espoir, via le projet de pôle d’excellence rurale, l’ASPM veut souligner la part importante prise par tous ses adhérents, militants bénévoles qui, depuis 1990, ont permis le sauvetage, la restauration, la valorisation de ce lieu de mémoire. Qu’ils soient salués, qu’ils soient remerciés.

Attention, ce document écrit par l’ASPM en 2007 ne décrit pas ce qui est en cours de réalisation : nombre de changements sont intervenus depuis.
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