Revue de presse (Médiapart) : Jaume Plensa à Saint-Etienne : oeuvres de fonte

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Jaume Plensa, sculpteur catalan, est connu dans le monde entier. Il expose actuellement au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne, des têtes monumentales en fonte, de 4 mètres de haut, celles de jeunes filles qui se côtoient sans se regarder. Ainsi que deux visages en résille d’acier, et un visage fugace peint directement sur un immense mur blanc. Au départ, avant d’être étirées et statufiées, ces jeunes filles sont bien réelles et ont un prénom donné aux œuvres ainsi créées (Anna, Lou ou Wilsis). Ces visages immobiles, tels des statues de pierre Moai sur l’île de Pâques au Chili, sont impressionnants : sans doute par leur caractère monumental, et peut-être par « la force et la sérénité » qui se dégagent d’eux provoquant chez le spectateur « un sentiment de plénitude mêlé d’émotion » (selon le prospectus du musée). Il dit vouloir rompre avec « l’idée totémique » de la sculpture pour la remplacer par « l’insaisissable« . Il me semble tout de même que cela reste totémique et  insaisissable.

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. Jusqu’au 17 septembre.

Jaume Plensa est l’auteur d’une œuvre en fonte déposée sur un palier de l’escalier monumental d’Auch, chef-lieu du département du Gers : il a souhaité pour commémorer les inondations dévastatrices et meurtrières de juillet 1977, et pour ce faire l’artiste a reproduit un extrait de la Bible, tout le passage consacré au Déluge, qu’il a intitulé L’Observatoire du temps. Ce qui n’est pas forcément un choix judicieux puisque le déluge est une punition divine à l’encontre des hommes qui avaient péché. Heureusement que, justement, le passage de la Bible en question précise que Dieu a fait alors une promesse : « plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme je l’ai fait« .

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Plus bas, il a installé un Abri impossible, quatre colonnes surmontées d’un chapeau-champignon, ne permettant pas de s’y réfugier. C’est la Région qui a proposé à la ville d’Auch cet artiste déjà renommé, en s’engageant à payer 80 % du prix. Les édiles étaient tentés par la notoriété, mais pas trop par l’œuvre. En effet, Jaume Plensa, qui a une propension à créer des figures surdimensionnées, avait prévu que le texte de la Bible ne serait pas posé à plat mais formerait une tour, un cylindre assez haut, sur le palier. La mairie refusa, alors l’artiste se rabattit sur la formule actuelle mais avec, au centre du texte biblique, un œil et un jet de lumière montant la nuit à 100 ou 200 mètres. Certains se souviennent encore de ce faisceau lumineux qui transperçait les airs auscitains, mais des jeunes s’amusant à le détourner avec de multiples objets, il fut très vite supprimé et remplacé par une plaque en fonte au centre du palier.

[Photos site Jaume Plensa] [Photos site Jaume Plensa]

Aujourd’hui, Jaume Plensa ne s’attarde pas trop sur Auch dans son press-book. Quant à L’Abri impossible (dans lequel certains Gersois voyaient la stylisation… de l’épi de maïs), il est toujours là : depuis quelques années, un café associatif fort sympathique s’est ouvert tout près. Il se nomme : L’Abri des Possibles.

Looking into my Dreams, Awilda, 2012 PAMM-Pérez Art Museum Miami, 2016 [Photo site de Jaume Plensa] Looking into my Dreams, Awilda, 2012 PAMM-Pérez Art Museum Miami, 2016 [Photo site de Jaume Plensa]
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