Grossouvre – Val d’Aubois (Cher)

Grossouvre Val d’Aubois (Cher)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Grossouvre

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PA00135282

http://www.espacemetal.com/

Un contexte géographique favorable (minerai, bois, eaux, voie fluviale) et la présence d’inventeurs audacieux, dont l’ingénieur polytechnicien Georges Dufaud, ont permis au Cher d’être un acteur majeur de la Révolution industrielle…

Au XIXe siècle, la fonderie y a connu un essor remarquable et vers 1860, la région comptait un millier d’ouvriers, à Trézy, Torteron, Grossouvre ou Fourchambault, qui fut longtemps l’une des grandes fonderies françaises. Ces forges produisaient des canons, du fil de fer, des canalisations, des éléments d’architecture métallique… jusqu’à ce que les hauts fourneaux, dépassés techniquement, s’éteignent un à un entre 1860 et 1880. La halle à charbon de Grossouvre constitue, avec l’immeuble de logements ouvriers dit « Les galeries » l’un des vestiges de ce patrimoine industriel du Val d’Aubois. Construite entre 1844 et 1847, elle était destinée au stockage des sacs de charbon utilisés comme combustible dans le haut fourneau et l’affinerie. Bâtiment classé Monument historique en décembre 1999, la commune de Grossouvre en fait l’acquisition en 2000. Cette même année, le syndicat mixte du pays de Loire Val d’Aubois décide de faire réaliser une étude de programmation pour un site d’évocation du patrimoine industriel. En effet, la vocation pressentie pour ce site est la création d’un pôle restituant de façon vivante et attractive l’épopée industrielle de cette région notamment en mettant en valeur la filiation terre/feu qui marque profondément le territoire. En 2001, le Conseil général du Cher décide d’assurer la maîtrise d’ouvrage de cette opération et se porte acquéreur de la halle : la première pierre est posée le 15 janvier 2004 ; les travaux de bâtiments et des extérieurs s’échelonnent de juin 2005 à fin 2007 tandis que la scénographie et les aménagements intérieurs s’achèvent en 2009.

L’ancienne halle à charbon des forges de Grossouvre, a donc ouvert ses portes en juin 2009 et propose sur deux niveaux et plus de 1 000 m2 une exposition permanente et une exposition temporaire qui chaque année portera sur la modernité et l’actualité de la métallurgie : pour 2009, il s’est agi de 50 ans d’architecture métallique en Europe. Ce nouvel équipement grand public de culture scientifique et technique, dédié au fer et à son histoire, organise des visites insolites et dynamiques pour remonter le temps sous la conduite de Georges Dufaud en partageant ses interrogations : comment ça marche ? Comment faire mieux ? Quelles sont les alternatives à tel ou tel procédé ? Imaginé par Jamy Gourmaud (France 3, « C’est pas Sorcier »), le scénario immerge le public dans l’ambiance du XIXe siècle et propose un voyage dans l’histoire de la métallurgie montrant la fabrication du charbon de bois, puisque c’était le combustible utilisé localement, le principe de la coulée de fonte, les hauts fourneaux, l’invention du coke, les différents types de fours, dont le convertisseur Bessemer et le four Martin, inventé par le petit-fils de Georges Dufaud, Pierre-Émile Martin.

Benoît Jamet: Le patrimoine de l’industrie en Val d’Aubois (Cher), mémoire de master d’histoire contemporaine réalisé sous la direction de Jean-Marie Moine, Université de Tours, juin 2009

Renseignements :
Halle de Grossouvre
Route de Véreaux
18600 Grossouvre
téléphone + 33 2 48 77 06 38

Le 12 juin 2009 a eu lieu l’inauguration de la Halle de Grossouvre (département du Cher).
 
Héritage de l’ancienne forge, cette halle destinée à l’origine à entreposer le charbon de bois puis la houille a été construite entre 1841 et 1844 par la famille Aguado, famille d’origine espagnole émigrée en France au XIXe siècle et dont un des ressortissants les plus célèbres fut Alexandre Aguado, aide de camps du Maréchal Soult pendant la guerre d’indépendance espagnole (1808-1814) puis banquier renommé (1).
Classée monument historique en 1999, la halle a été restaurée grâce à la participation active du milieu local (associations, élus) et des collectivités territoriales (le département du Cher en collaboration avec la région Centre, le Pays Lore-Val d’Aubois et la commune de Grossouvre) pour en faire un espace dédié au travail du fer et de l’acier. La scénographie s’appuie notamment sur des exemples d’établissements berrichons et nivernais comme ceux de Torteron, Fourchambault, Bourges-Mazières ou encore Vierzon.
Le fantôme de Georges Dufaud, ingénieur polytechnicien qui propulsa définitivement le Val d’Aubois dans l’âge industriel (il fut le premier «maître de forges » français à fabriquer des barres de fer par usage d’un laminoir2), vous accompagne tout au long d’une visite ponctuée par les interventions de Jamy Gourmaud, célèbre journaliste scientifique et animateur de l’émission « C’est pas sorcier ».
Le bâtiment qui abrite la scénographie est également une œuvre remarquable. Sa surface au sol, ainsi que sa hauteur, le range parmi les plus vastes constructions jamais élevées dans les forges du Berry3. Avant tout, la halle est une œuvre de charpenterie. Mis à part les pignons, la maçonnerie est réduite à un mur arrière très bas et la façade antérieure consiste en une simple ouverture sur l’extérieur. En effet, ce magasin devait permettre d’entrer et de sortir les sacs de charbon le plus commodément possible. Ainsi, pour limiter le nombre de poteaux risquant d’entraver la circulation, la charpente intègre des tirants et un sous-faîtage en fer terminé par des ancres et des lanternes en fonte, le tout réglable. Les pignons, largement ouverts, contribuent à l’aération indispensable du combustible. Ils ont fait l’objet d’un soin particulier avec leur intéressante composition de baies (oculus) jouant sur la taille, la forme et la disposition. Monument de l’industrie, la halle manifeste également une vraie rupture dans la construction industrielle. Son vaste espace fonctionnel, ainsi que son mode de construction, la classent parmi les nouvelles halles se répandant dans les usines sidérurgiques à partir des années 1820-1830. La charpente marque une période de transition entre la fin de l’emploi du bois et les débuts du métal. L’animation des murs pignons est largement empreinte de néoclassicisme, style que les maîtres de forges, soucieux d’embellir et de célébrer leurs usines, ont longtemps affectionné. Son intérêt est plus grand encore aujourd’hui si l’on sait qu’elle est directement inspirée de la halle de la forge anglaise de Fourchambault (construite au début des années 1820 et démolie), elle-même héritière des halles métalliques élevées au tout début du XIXe siècle dans les usines sidérurgiques galloises.
1 LUIS JP., L’ivresse de la fortune. A.M Aguado, un génie des affaires, Paris, Payot et Rivages, 2009.
2 THUILLIER G., Georges Dufaud et les débuts du grand capitalisme en Nivernais au XIXe siècle, Paris,SEVPEN., 1959.

3 LEON P., La halle aux charbons de Grossouvre, Fonds A.T.F.héritière des halles métalliques élevées au tout début du XIXe siècle dans les usines sidérurgiques galloises.


Notice très complète sur Dufaud : Jean Georges DUFAUD (1777-1852)  http://annales.org/archives/x/dufaud.html

Documents téléchargeables  : trois fichiers sur le bâtiment, sur Georges Dufaud et une très belle bibliographie… : cliquez sur les liens…

 “extraits de: Benoît Jamet: Le patrimoine de l’industrie en Val d’Aubois (Cher), mémoire de master d’histoire contemporaine réalisé sous la direction de Jean-Marie Moine, Université de Tours, juin 2009.” 

historique-batiment.pdf george-dufaud-bio.pdf bibliographie.pdf

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