Fontes n°100 : Annick Texier

Les fontaines des Mers et des Fleuves la place de la Concorde
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Ces fontaines, bien connues des lecteurs de « fontes », sont (pour moi) l’empreinte de l’évolution technologique et industrielle de cette deuxième moitié du XIXe siècle. La performance de la fonderie Muel à Tusey est bien décrite par Guettier et observée lors des restaurations débutées en 1999. Une autre technologie de pointe leur est appliquée en 1861, le cuivrage mis au point par les ateliers Oudry. Il déposera de très nombreux brevets ainsi que ses concurrents comme Gauguin.

La colonne Vendôme
La colonne Vendôme est l’un des témoins de l’instabilité politique française au XIXème siècle mais aussi le symbole mondial de l’excellence française puisqu’associée à la joaillerie et l’horlogerie de luxe au cours de XXème siècle. Construite pour 1810, c’est le fondeur Launay qui exécute les pièces, et de nombreuses péripéties sur cette fabrication sont rapportées car c’est dans une tourmente politico-technologique entre la fonte au sable et la fonte à cire perdu que se déroule l’opération. Abattue en 1871, lors des événements de la commune, sa reconstruction s’achèvera en 1875. Cette œuvre représente le savoir-faire national car malgré les vicissitudes de son existence, cet ensemble est soigné, ajusté et ne laisse entrevoir que peu de stigmates de son histoire mouvementé. Aujourd’hui, la colonne est restaurée et une recherche archéométrique menée. Ce travail éclaire de nouveaux éléments la compréhension historico-technique de cette œuvre majeure. Il permet de comprendre, entre autre, les différences chromatiques, d’identifier les pièces d’origine et d’étudier les problèmes rencontrés par le fondeur.

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Annick Texier, ingénieure de recherche au laboratoire de recherche des monuments historiques organise depuis de nombreuses années les actions du pôle scientifique métal. Elle apporte son expertise scientifique et technique aux directions régionales des affaires culturelles et aux différents partenaires des chantiers de conservation-restauration du patrimoine métallique. Elle mène ou participe à des programmes de recherche tant en archéométrie que sur la connaissance des techniques de restauration. Elle enseigne pour différentes formations comme l’École du Louvre, le Centre d’études supérieures d’histoire et de conservation des monuments anciens, le master de conservation-restauration des biens culturels, etc.) et forme à sa spécialité des stagiaires étrangers.


 

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