Alerte sur la halle d’Arles : une architecture des entreprises Eiffel, le premier édifice en « fer bas carbone »

Lu ce matin sur la Lettre de la Tribune de l’Art (Didier Ryckner)

« S’il fallait trouver un exemple de la démission complète de la direction des patrimoines, du ministère de la Culture et singulièrement de l’occupante actuelle des lieux, Françoise Nyssen, totalement transparente depuis qu’elle a pris ses fonctions (si ce n’est pour s’occuper de rendre un « hommage national » à Johnny Hallyday), la halle Eiffel d’Arles serait un exemple parfait »

http://www.latribunedelart.com/apres-la-destruction-des-halles-de-baltard-celle-annoncee-de-la-halle-eiffel-a-arles

source https://www.frequence-sud.fr/art-52626-la_halle_lustucru_d_arles_pourrait_etre_finalement_sauvee_arles

Halle de l’exposition coloniale de 1909
Acier bas carbone Arles

« La halle avait été construite pour l’exposition coloniale de Marseille en 1906 dont elle constituait le vaisseau principal. Elle est le premier édifice construit par les entreprises Eiffel en fer bas carbone, plutôt qu’en acier comme c’était jusqu’alors le cas (par exemple pour la tour Eiffel). Au début des années 1950, la halle est remontée à Arles afin de servir de complexe agricole pour stocker des céréales, un rôle qu’elle avait conservé lorsque l’usine Lustucru s’était installée sur le site. En 2005, après les inondations, le site fut abandonné par Lustucru et la mairie acheta les terrains et la halle pour l’euro symbolique. Depuis, la municipalité a vendu l’ensemble à un promoteur qui souhaite le détruire pour créer une zone commerciale. »

« La structure serait amiantée, ce qui constitue un des arguments avancés pour prétendre qu’elle serait trop coûteuse à restaurer. Un architecte nous a affirmé le contraire, soulignant que la toiture (qui contient effectivement de l’amiante) et les parements ont été rapportés lors du transfert depuis Marseille et, n’étant pas d’origine, n’ont pas à être conservés. Seule la structure métallique est intéressante à restaurer. Elle a été repeinte régulièrement avec des produits aujourd’hui interdits (notamment du plomb) qu’il serait néanmoins assez facile de retirer grâce à un sablage. Les peintures ne sont pas amiantées comme le révèlent les analyses menées par Jean-Bernard Memet (société A-Corros, spécialisés dans ce domaine). Nous avons un autre témoignage qui confirme cette absence d’amiante dans les peintures. »

Commentaire d’un spécialiste à la lecture de ce blog sur notre site : il faudrait préciser ce qu’est un « fer bas carbone »… et la Tour Eiffel est en fer puddlé et pas en acier !


Voici ce qu’en dit l’inventaire en région PACA et le ministère… La halle est « patrimoine remarquable »…

Téléchargez le document décrivant toute l’histoire et les particularités de cet éditice (source : Direction Régionale des Affaires Culturelles Provence Alpes Côte d’Azur – Service Architecture et espaces protégés / Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine 13 – Antenne d’Arles Equipe chargée d’étude : Eléonore Marantz-Jaen / Frédérique Bertrand / Arlette Hérat 2010)

365182559 Halle Lustucru

http://www.culturecommunication.gouv.fr/Regions/Drac-Paca/Politique-et-actions-culturelles/Architecture-contemporaine-remarquable/Le-label/Les-edifices-labellises/Label-Architecture-contemporaine-remarquable-Bouches-du-Rhone/Arles/Arles-Halle-du-site-Lustucru

Arles – Halle du site Lustucru

  • département : Bouches-du-Rhône
  • commune : Arles
  • appellation : Halle du site Lustucru
  • adresse : 22 avenue de la libération
  • auteurs : Edouard ALLAR (ingénieur), Etienne BENTZ (architecte), Léonce MULLER (architecte en chef de l’Exposition), Edouard RAMBERT (architecte adjoint), André CHANAS (architecte (remontage, 1951))
  • date : 1906
  • protection : édifice non protégé
  • label patrimoine XXe : Commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS) du 3 juillet 2012

La grande halle du site Lustucru est une impressionnante structure métallique. C’est à l’origine le vaisseau principal du Grand Palais construit à Marseille, en 1906, au sein du Parc Chanot à l’occasion de l’Exposition coloniale nationale. Ce très beau spécimen de structure métallique, conçu par la Société de Construction de Levallois-Perret (anciennement Compagnie des Etablissements Eiffel), constitue un objet patrimonial d’autant plus précieux qu’il est rare. Il est un témoin majeur de l’histoire de la construction métallique et, au-delà, de l’histoire de l’architecture du XXe siècle. Cette structure métallique a été dessinée par Edouard Allar (1873-1936), jeune ingénieur diplômé de l’Ecole centrale des Arts et Manufactures (promotion 1897) qui commence sa carrière au sein de la Société de Construction de Levallois-Perret comme secrétaire de l’éminent ingénieur Gustave Eiffel (1832-1923).

Le destin de la grande halle est unique en son genre : de 1906 à 1939, la structure métallique sera  » rhabillée » à plusieurs reprises pour diverses manifestations. Elle sera ensuite réquisitionnée et occupée par les armée française, allemande puis américaine jusqu’en 1945. Enfin, elle sera déplacée et remontée à Arles où elle sera utilisée dès 1951 comme hangar agricole, avant d’être redécouverte après plus d’un demi-siècle.

La grande halle Lustucru est en acier bas carbone. Elle mesure environ 99 m de longueur sur 44,50 de largeur. Elle couvre une surface de 4405,50 m². Sa hauteur intérieure avoisine les 20 mètres.

De plan rectangulaire, la halle se compose d’une nef centrale flanquée, sur ses quatre faces, par des bas-côtés. A l’origine, une galerie desservie par deux escaliers de forme circulaire à double volée se développait sur les bas-côtés. La halle offrait alors environ 5670 m² de surface utile (4350 en rez-de-chaussée ; 1320 au niveau de la galerie). Galerie et escaliers, qui étaient en bois sur ossature métallique, ont été endommagés pendant la seconde guerre mondiale. Il semble qu’ils n’aient jamais été remontés, même partiellement, sur le site arlésien.

La structure métallique, aujourd’hui visible sur le site Lustucru, est donc typique de la construction métallique du tournant du XXe siècle. D’un point de vue formel, elle reste conforme au « style Eiffel ». Par contre, du point de vue technique, elle témoigne du passage du fer Puddlé à l’acier au sein de la Société de construction de Levallois-Perret.

La structure de la grande halle est relativement bien conservée même si elle présente, à plusieurs endroits, des traces d’altérations vraisemblablement causées par des incendies et des adaptations à son usage agricole. Néanmoins, elle est parvenue jusqu’à nous, seulement amputée de sa galerie, témoignant de la souplesse d’utilisation de l’architecture métallique.

  • Source : Etude d’inventaire de la production architecturale et urbaine d’Arles et Tarascon (13) de 1900 à 1980, drac paca / Eléonore Marantz-Jaen, 2010

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