C’est fini, c’était le 16 et 17 avril à la Galerie éphémère L’Œil bleu 32 rue Notre-Dame-de-Nazareth. Mais l’événement mérite un petit souvenir
Source Beaux-Arts Magazine : https://www.beauxarts.com/lifestyle/limprobable-come-back-de-la-cocotte-le-creuset-qui-fait-fondre-les-designers-et-les-musees/
“En 1925, se rencontrent lors d’un salon professionnel. Le premier est un spécialiste du moulage, le second est émailleur. Les deux entrepreneurs décident de croiser leur savoir-faire et fondent la marque Le Creuset, dont le nom se réfère au pot employé pour contenir le métal en fusion avant son moulage.
Ils choisissent alors d’établir leur fonderie dans le nord de la France, à Fresnoy-le-Grand dans l’Aisne, un endroit stratégique puisque situé au carrefour des routes permettant un approvisionnement en fer, en sable et en charbon. Très vite naissent les premiers prototypes d’une cocotte en fonte à première vue classique, dotée d’une paire d’anses et coiffée d’un couvercle, comme il s’en fabrique dans l’Hexagone depuis les années 1890. Cuite à 800°, la fonte émaillée fait de cet ustensile un allié de taille, à la fois robuste et tout-terrain, s’adaptant à toute origine de chaleur. Chaque pièce est ainsi fabriquée à l’aide d’un moule en sable, qui est ensuite détruit, puis est pulvérisée avec deux couches d’émail avant de recevoir les dernières finitions à la main.
À l’heure où les cocottes concurrentes arborent des tons neutres et passe-partout, Le Creuset innove en choisissant dès le lancement de son premier modèle une couleur devenue iconique : le orange Volcanique, inspiré par la fonte en fusion. Très vite, le voilà qui se hisse au rang d’icône des cuisines, s’invitant même chez les plus grandes stars telles que Marilyn Monroe, qui en possédait toute une batterie vendue aux enchères chez Christie’s en 1999.
En 1958, Le Creuset s’offre un coup de jeune en faisant appel au designer industriel français Raymond Loewy (1893–1986), grand artisan de l’identité visuelle du « rêve américain » à qui l’on doit entre autres le relooking des paquets des cigarettes Lucky Strike, les fameux cars des Greyhound Lines, les voitures Studebaker (et bien plus tard l’aménagement intérieur du mythique Concorde). En cette fin des années 1950, il imagine pour la marque la cocotte « Coquelle », un modèle minimaliste aux lignes élégantes, qui a depuis rejoint les collections de musées comme le Centre Pompidou. En 1972, c’est le célèbre designer Enzo Mari (1932–2020), connu notamment pour son calendrier perpétuel « Timor », qui réinvente la cocotte Le Creuset : une version tout en courbes baptisée « La Mama », au design aussi sensuel que fonctionnel.
Cocottes mais aussi casseroles et faitouts, moules à gâteaux, plats à rôtir… : depuis les années 1990, la gamme des produits Le Creuset s’est considérablement diversifiée et se décline en une infinie variété de couleurs. L’indétrônable cocotte, elle aussi, arbore désormais des formes ludiques – fruits, cœurs, en format mini ou maxi – et collabore avec des franchises telles que Star Wars ou Harry Potter. Ces nouveaux modèles cartonnent sur les réseaux sociaux et font saliver des millions d’internautes, à tel point qu’en janvier 2024, certains se sont fait piéger par une fausse publicité générée par l’intelligence artificielle et mettant en scène la superstar américaine Taylor Swift. Ce printemps, on retrouve aussi la fameuse cocotte et son design iconique sur Netflix, dans l’émission culinaire d’une certaine Meghan Markle, à qui elle volerait presque la vedette. Cent ans après sa création, Le Creuset continue de faire fondre le monde entier !
Photographies de l’exposition : Cécile Perchet
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