Revue de presse : (Traces écrites News) : Fontes de Paris illumine les rues et maintenant les routes

Le champenois Fontes de Paris illumine les rues et maintenant les routes

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Publié par Frédéric Marais, le 13 juillet

ECLAIRAGE PUBLIC/ AUBE. En rachetant une petite société italienne, la PME de Chavanges, dans l’Aube, ajoute une corde à son arc : le luminaire fonctionnel, elle qui s’est fait une spécialité d’éclairer les cœurs de ville avec ses candélabres de style classique ou plus contemporain. Fontes de Paris vient de recevoir successivement les labels Origine France Garantie et Entreprise du Patrimoine Vivant.

Le travail manuel reste la règle dans l’entreprise. © Frédéric Marais / Agence Info

Fontes de Paris a bâti sa réputation sur la conception et la fabrication de luminaires de facture classique ou intemporelle à destination des centres-villes notamment. La capitale française est sans doute la plus belle vitrine de ce savoir-faire situé à la croisée de l’artisanat d’art et de l’industrie, puisque l’entreprise auboise illumine des lieux aussi prestigieux que les Champs-Elysées, le Louvre, la place de la Concorde, la place Vendôme ou la rue de Rivoli, pour ne citer que quelques exemples. Elle éclaire aussi le pont de pierre à Bordeaux.

Fontes de Paris est également un ambassadeur de la “french touch” à l’étranger, en particulier au Maghreb et au Moyen-Orient. Elle est présente à Ryad et à Dubaï, à Casablanca et à Rabat, à Tunis et à Sousse, mais aussi à Tel Aviv et au… Danemark, si l’on veut bien changer de latitude.

« L’obtention en 2016 du label Origine France Garantie a eu un fort impact à l’étranger, où l’on recherche non pas le prix mais la qualité », observe le directeur, Reynald Szatapski. Celui-ci souhaite réaliser plus de 30 % de son chiffre d’affaires à l’export fin 2017, contre 25 % actuellement.

Certains modèles sont fabriqués à plus de 90 % dans les ateliers de l’entreprise à Chavanges (Aube), ce qui justifie amplement l’attribution du label. « On fait tout de A à Z, confirme le directeur, sauf les sources lumineuses. »

Encore que sur ce point Fontes de Paris soit en train de s’équiper d’une salle blanche pour le montage des leds sur ses luminaires. C’est d’ailleurs à Fontes de Paris que la mairie de Paris avait demandé de remplacer 2.500 lampes au sodium par des leds à l’occasion de la COP21 en 2015, autrement dit la Conférence de Paris sur le climat. Tous ces points lumineux y ont au passage gagné en facilité d’entretien grâce à la pose de blocs optiques étanches. Montmartre et le canal Saint-Martin en sont sortis transfigurés !

Un groupe intégré

La PME auboise emploie une vingtaine de personnes qui perpétuent un savoir-faire reconnu dans le monde entier. © Frédéric Marais / Agence Info

Ce made in France est aussi facilité par la structure même de la société, qui fait en réalité partie d’un groupe familial. Fontes de Paris a trois sociétés sœurs qui partagent les mêmes locaux : Chrometal (articles funéraires), à qui elle sous-traite le polissage et le traitement de surface de ses pièces ; Fonderie du Der (poêles, foyers et inserts), pour la partie fonderie ; et Fabrilor (cheminées).

Fontes de Paris s’appuie quant à elle sur trois filiales : MFE (métallerie) et ACI2B (chaudronnerie) en Haute-Marne ; et Grechi en Italie, dont il sera question plus loin. L’ensemble du groupe emploie 75 personnes, pour un chiffre d’affaires de 10 millions d’€. Fontes de Paris représente à elle seule 20 salariés et 3,7 millions d’€ de chiffre d’affaires.

 

© Frédéric Marais / Agence Info

Même si la PME auboise a bâti sa réputation sur le luminaire de style qui donne un cachet un peu rétro aux centres historiques de nos villes, elle a toujours réussi à adapter ses réalisations au goût de ses commanditaires – des communes et des syndicats d’énergie pour l’essentiel.

Son bureau d’études s’est aussi approprié les techniques les plus modernes, notamment en termes de gestion de l’éclairage.

Le rachat en 2015 de la petite société milanaise Grechi Illuminazione lui a ouvert les portes d’un marché complémentaire, celui des luminaires fonctionnels destinés principalement à l’éclairage routier.

Un premier enfant est né de cette union transalpine : la LedRose, un réverbère au style résolument contemporain, fabriqué en aluminium 100 % recyclé grâce à 480 canettes de soda !

« Nous allons sortir un second modèle commun en 2017 », indique Reynald Szatapski, en soulignant que la clientèle est la même que pour la gamme traditionnelle.

 

Fontes de Paris est le premier fabricant de luminaires labellisé Origine France Garantie. © Frédéric Marais / Agence Info

Fontes de Paris fabrique aujourd’hui « trois fois plus de luminaires fonctionnels que de luminaires classiques ». Son catalogue présente une quinzaine de références en fonctionnel, contre une cinquantaine de modèles en style. Le panier moyen d’un client se compose de 5 à 10 pièces, même si une commande peut atteindre plusieurs centaines de pièces.
« En design, en performance et en prix, on peut concurrencer n’importe qui », affirme sans crainte le directeur de Fontes de Paris. La crise économique n’a pas eu raison de l’entreprise, malgré une baisse de 30 % de son chiffre d’affaires, inférieure toutefois à celle que redoutaient les dirigeants.

Le Département de l’Aube lui a aussi donné un joli coup de pouce en finançant en 2007 une usine relais destinée au stockage de la production.

Qu’est-ce qui dès lors pourrait freiner le développement de la PME auboise, qui a procédé à quatre embauches au cours des douze derniers mois ? Peut-être précisément ses difficultés de recrutement. Mais aussi un certain manque de reconnaissance de la part de certaines collectivités locales, à en croire le directeur, qui vient tout juste de décrocher le label Entreprise du Patrimoine Vivant.

Qui est Reynald Szatapski ?

Les Szatapski, père et fils, respectivement dirigeants du groupe et de Fontes de Paris. ©Frédéric Marais / Agence Info

Agé de 53 ans, le directeur de Fontes de Paris a passé un quart de siècle sur les marchés financiers, à Paris, New York, Varsovie et Istanbul. Grand bourlingueur, il a intégré l’entreprise familiale il y a deux ans.
Car Reynald Szatapski est le fils de Casimir Szatapski, le fondateur du groupe. C’est en 1970, « le lendemain de la mort du Général de Gaulle », qu’il crée Chrometal.  En 1978, il reprend une entreprise en difficulté, Fontes de Paris. Aujourd’hui âgé de 82 ans, Casimir Szatapski est toujours président de la holding Financière de la Marque qui chapeaute le groupe.

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