Revue de presse : la maison Dyckoff à Bar-le-Duc

Revue de presse ; Est Républicain

Bar-le-Duc : Et si la maison Dyckhoff retrouvait son lustre d’antan…

Inoccupée depuis plusieurs années, la maison Dyckhoff qui se dresse avenue du 94e-RI ne cesse de se délabrer. Afin qu’elle cesse de subir les affres du temps, des passionnés de vieilles pierres aimeraient la protéger. L’un d’entre eux a même l’idée d’un musée de l’industrie…

Par Karine DIVERSAY  

Si tout le monde ne connaît pas forcément la maison Dyckhoff de l’avenue du 94e-RI, elle ne laisse pas indifférents ceux qui l’entrevoient au-dessus de ses grands murs et à travers les arbres centenaires et l’abondante végétation. Régulièrement, sur les réseaux sociaux, des photos de la vieille bâtisse du XIXe siècle circulent, certains s’interrogent sur son passé et plus récemment sur son avenir.

Un riche passé industriel

C’est le cas de Thierry Bressan « un passionné d’histoire, de monuments historiques, d’archéologie », comme il se décrit. « Je fais beaucoup de recherches, j’essaye de conserver un maximum de choses du passé », confie cet habitant de Contrisson.

« J’ai habité Bar-le-Duc, les gens ne se rendent pas compte de la richesse de la cité », se désole-t-il en entendant les habitants dire « Bar c’est mort, y a rien à voir. » A ceux-là, il rappelle qu’« à partir  de la révolution industrielle, la ville était riche d’entrepreneurs et d’activité ». Et le voilà qui cite Bradfer , Durenne , les montres Solo, le port sur le canal…

« Il y avait des vrais précurseurs à Bar-le-Duc. Dont Frédéric Dyckhoff, un Barisien. C’est lui qui a fait les améliorations nécessaires pour rendre opérationnel le moteur inventé par Rudolf Diesel ». [voir in fine la notice de présentation de Paul Naege ]

Sauver la maison

Joyau du patrimoine de Bar-le-Duc, la maison de Frédéric Dyckhoff est inhabitée depuis plusieurs années maintenant.   Photo ER /Karine DIVERSAY

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Joyau du patrimoine de Bar-le-Duc, la maison de Frédéric Dyckhoff est inhabitée depuis plusieurs années maintenant.   Photo ER /Karine DIVERSAY
Joyau du patrimoine de Bar-le-Duc, la maison de Frédéric Dyckhoff est inhabitée depuis plusieurs années maintenant.   Photo ER /Karine DIVERSAY

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Joyau du patrimoine de Bar-le-Duc, la maison de Frédéric Dyckhoff est inhabitée depuis plusieurs années maintenant.   Photo ER /Karine DIVERSAY
Joyau du patrimoine de Bar-le-Duc, la maison de Frédéric Dyckhoff est inhabitée depuis plusieurs années maintenant.   Photo ER /Karine DIVERSAY

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Joyau du patrimoine de Bar-le-Duc, la maison de Frédéric Dyckhoff est inhabitée depuis plusieurs années maintenant.   Photo ER /Karine DIVERSAY
Joyau du patrimoine de Bar-le-Duc, la maison de Frédéric Dyckhoff est inhabitée depuis plusieurs années maintenant.   Photo ER /Karine DIVERSAY

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Joyau du patrimoine de Bar-le-Duc, la maison de Frédéric Dyckhoff est inhabitée depuis plusieurs années maintenant.   Photo ER /Karine DIVERSAY
Joyau du patrimoine de Bar-le-Duc, la maison de Frédéric Dyckhoff est inhabitée depuis plusieurs années maintenant.   Photo ER /Karine DIVERSAY

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Joyau du patrimoine de Bar-le-Duc, la maison de Frédéric Dyckhoff est inhabitée depuis plusieurs années maintenant.   Photo ER /Karine DIVERSAY
 C’est donc en hommage à Frédéric Dyckhoff qu’aujourd’hui, Thierry Bressan s’intéresse à la maison Dyckhoff, « à l’architecture atypique qui a été bâtie juste à côté de l’usine familiale. Un exemple de maison bourgeoise de la fin du XIXe siècle qui montre la réussite industrielle d’entrepreneurs barisiens. »

Entre les halles de la Ville-haute en état de délabrement, l’Hôtel Desandrouins parti en fumée, les Brasseries démolies, les anciennes fromageries mal en point, « je me suis dit qu’il faut faire quelque chose pour cette bâtisse qui est inoccupée depuis 2019 », complète Thierry Bressan qui n’ignore pas « qu’il y a des ayants droit, une vingtaine. »

 

Pourquoi ne pas créer une association

Alors, le temps que soit réglée la succession, Thierry Bressan imagine un avenir pour la maison Dyckhoff. « On pourrait créer une association loi 1901, signer un bail avec les ayants droit comme au fort de Troyon, ou même envisager le rachat de la maison avec de multiples propriétaires. La première chose serait de faire classer la maison Monument historique, puis la mettre hors d’eau ». Avec pour finalité « une rénovation à l’identique pour en faire un musée sur le patrimoine industriel. Cette maison serait la pierre angulaire et amènerait à tout le patrimoine industriel de la ville. »

Reste une inconnue de taille : ce que décideront de faire les héritiers de la maison Dyckhoff. En attendant de savoir, Thierry Bressan construit le projet… en espérant aussi que la Ville n’usera pas de son droit de préemption « pour son projet d’éco-quartier. Cette maison peut être considérée comme une verrue, c’est plus facile à détruire qu’à restaurer. »

Thierry Bressan est joignable via facebook, par mail (thierry.bressan@sfr.fr) ou par téléphone (06 09 27 08 48.)

Joyaux du patrimoine de Bar-le-Duc, la maison de Frédéric Dyckhoff est inhabitée depuis plusieurs années maintenant.  Photo ER /Karine DIVERSAY

Possible droit de préemption ?

Interrogée sur une possible préemption de la maison Dyckhoff pour agrandir l’emprise du projet d’éco-quartier, la municipalité, par la voix d’Arnaud Merveille, directeur de cabinet rappelle les règles de droit. « Dans la procédure de droit de préemption, dès lors qu’une maison est mise en vente, il y a une demande d’intention d’aliéner qui est produite par l’acquéreur potentiel. A ce moment la Ville se prononce sur le droit de préemption. »

Le directeur de cabinet poursuit : « juridiquement, pour que le droit de préemption soit valable, il faut qu’il soit motivé par un projet de droit public. »

Si Arnaud Merveille concède qu’« il y a des réflexions posées dans le cadre de l’éco-quartier », il affirme toutefois que « ça serait dommage que la maison soit démolie. » Il ponctue en rappelant que « la maison n’est pour le moment pas en vente. »


En sus

2.8.2.5 Un innovateur trop éphémère : Frédéric DYCKHOFF 

A droite, Dyckhoff chez les Diesel

Les DYCKHOFF sont originaires de GRONINGUE (Pays-Bas). L’ancêtre est Frédéric Antoine, dont le fils, Jean Adolphe (ou Rodolphe?) Joseph naît encore à GRONINGUE vers 1817. Il s’installe à COURCELLES-SUR-AIRE (Meuse) où il épouse le 28 janvier 1851 Marie Charlotte Eugénie TENBRINCK 165, fille de Jean Gérard Henry, filateur de coton dans cette commune. C’est dans la filature de son beau-père, elle-même un ancien moulin – et après qu’elle ait brûlé – que Jean Adolphe Joseph installe un atelier de mécanique pour fabriquer des pièces pour les moulins.

Le fils, Frédéric Charles, né en 1853, fait des études d’ingénieur à Paris, et rencontre chez Gustave EIFFEL, dans l’entreprise duquel il commence à travailler, Rudolph DIESEL. Nous reviendrons dans la seconde partie sur les conséquences de cette rencontre. Elle conduira à la création, en 1897 à BAR-LE-DUC, de la Société française des moteurs Diesel à combustion interne, et à la construction, à LONGEVILLE (Meuse), d’une usine de fabrication de moteurs Diesel, usine dont il subsiste un bâtiment. Frédéric Charles décède le 5 juillet 1910, trois ans avant Rudolph DIESEL. Le fils de Frédéric, Rudolphe Louis, né le 19 août 1884 à Bar-le-Duc, reprendra dans cette ville l’atelier de mécanique que son grand père, Jean Adolphe Joseph, y avait créé, après avoir été Maire de COURCELLES-SUR-AIRE, où l’unique pont sur l’Aire porte encore son nom. Une Impasse DYCKHOFF existe également à Bar-le-Duc, près des ateliers dans lesquels, selon l’enquête industrielle de 1894, étaient occupés 21 ouvriers.

Source : Le département de la Meuse (France) : industrialisation entre 1790 et 1914  – Volumes 1 et 2 THÈSE DE DOCTORAT Histoire des Sciences et des Techniques Présentée Et soutenue publiquement par Antoine- Paul Naegel Le 30 mai 2006  (disponible en version numérique auprès de l’ASPM)


Lire aussi sur ce sujet : 

Paul Naegel, Jean-Michel Althuser. Les débuts du moteur Diesel en France: Nouveaux éléments historiques. Connaissance de la Meuse, 2008, pp.2-7. halshs-00441182

Fontes n°38-39 2000 ans de technlogie juillet 2000 (ASPM édition)

 
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