Québec : fontaine de Tourny : problèmes d’entretien

L’eau chlorée et le climat rude malmènent la fontaine de Tourny

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La couche protectrice de la fontaine de Tourny...
La couche protectrice de la fontaine de Tourny s’est dégradée rapidement, comme en témoigne le blanchissement à sa base. Ce n’était pas prévu. (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Cette même fontaine de Tourny qui avait été démantelée à Bordeaux en 1960, notamment parce qu’elle demandait trop d’entretien, devra justement subir… un entretien de fond en comble en atelier cet hiver. Il semble qu’elle ne soit pas tout à fait à l’épreuve de notre eau chlorée, qui commençait à faire des ravages.

La fontaine de Tourny sera transportée en pièces... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 1.0
La fontaine de Tourny sera transportée en pièces détachées au Centre de conservation du Québec, un organisme gouvernemental situé dans le parc industriel au nord de l’autoroute Charest.

Les employés de la Ville vont démonter la fontaine au cours des prochains jours. La circulation pourrait être restreinte pendant de courtes périodes aujourd’hui et possiblement jusqu’à demain.

La fontaine sera transportée en pièces détachées au Centre de conservation du Québec, un organisme gouvernemental situé dans le parc industriel au nord de l’autoroute Charest.

Elle y subira une cure de jouvence pour son vieillissement prématuré. Notre climat un peu rude et notre eau chlorée en sont les principaux responsables. Ain­si, la couche protectrice de la fontaine s’est dégradée rapidement, comme en témoigne le blanchissement à sa base. Ce n’était pas prévu. «La peinture qui avait été utilisée [lors de sa restauration] n’était pas la mieux adaptée à notre température», concède le porte-parole de la Ville de Québec, François Moisan.

Alors, explique-t-il, «ils vont faire un décapage complet et poser un nouvel enduit. Quand on va la réinstaller, ils vont mettre une cire protectrice qu’on va remettre à chaque année». Cette nouvelle enveloppe devrait cette fois être mieux adaptée. Cette opération coûtera 85 000 $.

Par ailleurs, une partie de la structure qui supporte la fontaine s’est effondrée causant des dommages à la plomberie et aux conduits électriques. Tout cela sera réparé du même coup, à temps pour accueillir de nouveau la fontaine en avril.

Une installation temporaire couvrira le vide laissé par la fontaine afin d’en protéger la mécanique.

Un cadeau capricieux?

Ainsi, la ville a-t-elle hérité d’une oeuvre un peu capricieuse? Non. Le Soleil a vérifié dans d’autres villes où l’on trouve un exemplaire de cette fontaine, et tout semble aller pour le mieux.

Le sculpteur Mathurin Moreau aurait construit six fontaines à partir du même moule à Val-D’Osne en France en 1854. Deux exemplaires ont été installés dans les allées de Tourny à Bordeaux jusqu’en 1960, ils se trouvent aujourd’hui à Québec et à Soulac-sur-Mer. Les quatre autres sont à Genève, Porto, Saint-Quentin et Angers.

À Angers, elle s’appelle fontaine du Mail. Corine Busson-Benhammou, porte-parole de cette ville, affirme qu’Angers n’a aucun problème avec sa fontaine, qui est entretenue très régulièrement. «Deux ou trois entretiens par an  : ils la vident entièrement, nettoient tout, remettent de l’eau, font des essais, changent les pièces qui doivent être changées», explique-t-elle au Soleil.

Même discours à Soulac-sur-Mer pour la fontaine de la place Clémenceau. «Il y a un entretien assuré assez régulièrement, une fois par trimestre, mais il n’y a aucun souci», assure Benjamin Bardineau, chef de cabinet du maire du village entre Bordeaux et La Rochelle.

À Genève, la fontaine du Jardin anglais, ne semble pas causer problème non plus.

«Les belles choses, ça s’entretient», selon Peter Simons

Celui qui apporté la fontaine de Tourny à Québec au coût de 4 millions $, Peter Simons, explique qu’«on a fait beaucoup de recherches sur la qualité de l’eau et son impact, mais on pensait que [la couche protectrice] serait plus durable». Le chlore, mais aussi le soleil, poursuit-il, ont fait plus de ravages que prévu.

Il avait aussi été question d’installer un système de filtration UV pour éviter que les substances présentes dans l’eau n’altèrent la fontaine, mais cette solution avait été écartée par souci d’économie.

Reste que «c’est quand même du matériel assez fragile, de la fonte [la fontaine construite en fonte et recouverte d’une peinture qui imite le bronze], c’est une technique qui date de 1850, il faut que ce soit protégé», ajoute M. Simons. Il affirme aussi qu’il y a eu des «problèmes de construction» dans la structure qui supporte la fontaine.

«C’est une oeuvre assez massive», et son poids aurait écrasé des éléments mécaniques. Le problème n’est pas majeur indique le mécène, mais la Ville profitera de la réparation de la fontaine pour le régler.»

Pierre-Olivier Fortin

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