Le Séminaire de J-F Belhoste accueille M. Kiene pour évoquer Hittorff

Séminaire à l’INHA : nous y étions…
La salle attribuée au séminaire était comble pour écouter Michael Kiene, professeur d’Histoire de l’art à l’Université de Cologne, parler de son sujet d’études : Hittorff.

Accueilli par Jean-François Belhoste, il a pu expliquer comment il se trouvait en possession d’une copie des documents originaux d’Hittorff qui étaient autrefois entreposés dans un bâtiment universitaire qui s’est effondré au moment de la construction du métro, entraînant la destruction des originaux. Une masse colossale de documents qui sont “trop pour un seul chercheur” : Hittorff était en effet un polygraphe qui écrivait 5 heures par jour, dessinait avec talent depuis son plus jeune âge (on le voit ici en peinture en train de dessiner sur le site sicilien d’Agrigente). L’autre photo montre l’intérieur de sa maison, 40, rue Lamartine) avec en haut de l’image, un dessin d’une réalisation phare : la gare du Nord à Paris.

Le séminaire était manifestement trop court, mais on peut le considérer comme une prise de contact.

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Hittorff était très au courant des techniques de son temps, a rappelé j-F Belhoste. Il avait fréquenté à Paris le chantier de la construction de la halle au blé avec Bellanger en 1810. Ensuite, il s’est formé avec Percier et Fontaine. Percier était un grand dessinateur, comme le sera Hittorff qui nouera ensuite des liens familiaux avec la famille Fontaine.

Très riche, millionnaire, il a mené une vie mondaine orientée vers les arts : son salon a accueilli les plus grands artistes en peinture, en musique, en littérature. Proche du quartier de la Nouvelle Athènes, il a ainsi participé au mouvement romantique et au développement des idées nouvelles.

Dans les fouilles en Sicile, il a trouvé des traces de l’utilisation du métal dans la construction des temples, notamment à Sélinonte. Il a aussi mis en évidence la polychromie des monuments qu’il a introduite dans un Paris qui, jusqu’ici, était plutôt monochrome : statues de pierre en blanc (comme le marbre), bronzes couleur métal…

Bourreau de travail (plus de 10 000 dessins), toujours sur les chantiers à surveiller, guider, corriger les entrepreneurs, gourmand (d’où sa corpulence), il laisse (outre 1500 volumes dont 10% sont consacrés au rapport avec le métal, la fonte, avec Calla, Oudry….) des monuments parmi les plus remarquables de son époque. Pour nous, ce sont les fontes de la place de la Concorde, des Champs-Elysées, mais aussi la structure de la gare du Nord, Saint-Vincent-de Paul.

Merci à M. Kiene d’avoir remis un coup de projecteur sur ce personnage qui reste encore à découvrir notamment par ses écrits et ses dessins.

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