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De A à Z : 170 villes et villages du fer… Notices et liens


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« La route du fer » est le nom donné à un itinéraire proposé en 1990 par l’ASPM en Champagne et Barrois. Pour retrouver le travail  réalisé pour l’ASPM par Jean-Yves Somborn ; se reporter au  numéro 46-47-48 de la revue Fontes).

Pour visualiser la carte de la Route du fer, cliquez sur cette vignette… ROUTE DU FER3.


Ce dictionnaire historique métallurgique décrit les communes des vallées du fer et de la fonte d’art dans le cadre du pôle d’économie du patrimoine (PEP), ainsi que les localités incluses dans le pays du nord haut-marnais. Attention, ce texte est daté  du début des années 2000. Depuis d’autres informations ont pu être collectées. Nous vous invitons à utiliser les tags des noms de communes dans les formulaires de recherche pour trouver des compléments.

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Conseil : pour certains noms composés, les résultats des recherches peuvent être différents selon que vous demandez par exemple : « Cirey-sur-Blaise », « Cirey sur Blaise » ou « Cirey ». Si votre recherche est infructueuse, n’hésitez pas à tester les variantes.

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buy Cialis Soft Sweden 55 – Abainville (Meuse) – Vallée de l’Ornain

Au XVIIIe siècle, au lieu-dit la Forge, un haut-fourneau et une forge sont construits par le comte de Salles pour valoriser la forêt du Vau. Muel Doublat, frère du créateur de la fonderie de Tusey, près de Vaucouleurs, agrandit et modernise l’entreprise entre 1823 et 1825 qui sera ensuite exploitée jusqu’en 1879 par Salin, Lasson et Cie. Cette forge à l’anglaise fut parmi les plus importantes de la région avec 500 ouvriers. Le minerai venait de toute la région, y compris de Poissons, Montreuil, Tréveray, Ribeaucourt…
Le site est connu pour les représentations qu’en a faites Bonhommé dans ses peinture et dessins (collections au musée du fer de Nancy). Il n’a plus d’activité depuis1904 : il a été reconverti en taillerie de granit.

À voir… Les installations anciennes ont encore belle allure : cités ouvrières, halles, cheminée et surtout système hydraulique qui actionnait les roues. En amont de l’usine, un pont passe sur le canal d’amenée avec une belle perspective sur la partie la plus ancienne de l’usine.

cheap Cialis Soft US 52 – Aingoulaincourt (Haute-Marne) – Vallée de la Saulx

Ce village, dont le seigneur fut le marquis de Pimodan, baron d’Echenay, et maître de forges réputé, ne semble pas avoir eu une activité métallurgique.

Order cheap Cialis Soft 52 – Allichamps (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise – CP (FR_52ALLI) buy Cialis Soft France

Créée au XVe siècle, la forge d’Allichamps appartient en 1772 au duc d’Orléans. Elle comporte alors un haut-fourneau avec bocard et patouillet pour une production annuelle de 250 tonnes de fonte. En 1818, la production de 400 tonnes de fonte est expédiée aux usines du Clos-Mortier et de Marnaval à Saint-Dizier. L’utilisation de la force hydraulique était indispensable au fonctionnement des hauts-fourneaux ; aussi n’hésitait-on pas à percer des canaux destinés à faire tourner les roues hydrauliques. C’est le cas de la rivière d’Allichamps, longue de près de 8 kilomètres et creusée en 1844, latéralement à la Blaise qui l’alimente. Elle desservait également les forges du Châtelier, du Buisson et d’Éclaron.

Après Bourlon qui a acheté la forge comme bien national, Adam et Drouot l’exploitent autour de 1845 et abandonnent le bocard et le patouillet en 1849. En 1854, les Viry rachètent l’usine. Le haut-fourneau est alors doté d’un appareil à air chaud et, en 1865, on utilise du coke et du charbon de bois.

Un cubilot pour fonte de seconde fusion est installé. En 1885, le haut-fourneau est éteint et l’usine se transforme en fonderie de seconde fusion dirigée jusqu’aux années 1980 par la famille Viry.

Le catalogue de 1893 présente les productions de l’usine : fontes domestiques et d’ornement, meubles de jardin, chenets, pompes, mangeoires, tuyaux, gargouilles, grilles à houille, réchauds, marmites, chaudières, poêles, buanderies, châssis et fenêtres, tuyères, engrenages, chasse-roues, poulies, etc.

Buy generic Cialis Soft 20 mg 52 – Ambonville (Haute-Marne) – Vallée du Blaiseron

L’histoire métallurgique de cette commune se résume à la mention d’un moulin et d’une mine de fer, rapidement abandonnée à cause de la médiocrité de la qualité du minerai.

generic Cialis Soft 20 mg Buy online 55 – Ancerville (Meuse) – Entre la vallée de la Marne et le plateau lorrain – CP (FR_55ANCE) Order cheap Cialis Soft 20 mg

Entre la vallée de la Marne et le plateau lorrain, Ancerville fait la transition entre la Champagne et la Lorraine. Le faubourg de Guë avec les entreprises anciennes et actuelles fait partie du système industriel de Saint-Dizier. Les installations sont construites le long de la Marne, du canal de la Marne à la Saône, de la voie ferrée de Blesmes à Gray.

C’est à Ancerville que commençait la voie ferrée, le Naix-Guë, qui desservait les usines et les sites du plateau barrois et les mettait en relation avec les grandes voies de communication de la Marne. La principale entreprise est aujourd’hui la Meusienne appartenant au groupe Usinor, qui fabrique des tubes en acier inoxydable.

A voir : sur l’ancienne route RN 4 au coeur du bourg, un Lion signé Plautar et fondu au Val d’Osne : on retrouve ce modèle à Aulnois-en-Perthois devant l’église.

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Les traces d’un crassier attestent de l’existence d’un haut-fourneau, éteint au milieu du XVIIIe siècle. Le projet d’en reconstruire un nouveau sur le ruisseau de «l’Ene» en 1830 resta sans suite.

http://www.lordscreation.com/Purchase-Flagyl-generic Purchase Flagyl generic 52 – Annonville (Haute-Marne) – Vallée du Rongeant

On ne trouve pas trace de métallurgie dans ce village dont l’origine remonte au XIIe siècle et qui appartint à l’abbaye de Saint-Urbain. Il fut ravagé par les armées de Charles Quint.

52 – Arnancourt (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise

Des moulins sont signalés à Arnancourt par Jolibois dans son Dictionnaire de La Haute-Marne ancienne et moderne, sans que l’on sache s’ils sont à blé ou à fer.

52 – Attancourt (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise

L’abbaye de Montier-en-Der possédait des terres dans ce village mentionné dès le XIe siècle.
En 1493, une forge est mentionnée au moulin de Grigny et semble avoir été en activité jusqu’au XVIIIe siècle. En 1856, du minerai est extrait aux lieux-dits La Fortelle et Jean d’Uzès, et lavé sur place.

À l’ouest du village se trouve une fontaine minérale ferrugineuse.

52 – Aubepierre-sur-Aube (Haute-Marne) – CP (FR_52AUBE)

52 – Autigny-le-Grand et Autigny-le-Petit (Haute-Marne) – Vallée de la Marne

Edmond Capitain, maître de forges à Bussy-Vecqueville est né à Autigny-le-Grand le 6 août 1835, où son père Henri-Auguste Capitain-Brocard, vétéran des guerres du Premier Empire, s’était retiré. C’est Auguste Capitain qui, en créant un bocard à minerai avec patouillet mû par une roue hydraulique sur la Marne, est à l’origine de l’usine de Bussy.

Les deux villages d’Autigny sont traversés par la ligne de chemin de fer de Gray qui permettait d’envoyer les productions métallurgiques de la vallée de la Marne vers le sud de la France.

52 – Avrainville (Haute-Marne) – Sur les hauteurs des vallées de la Blaise et de la Marne

Pierre Béguinot, dans son ouvrage sur la Fabrication du fer et de la fonte en Haute-Marne, cite Turreau, propriétaire, en 1845, d’un bocard avec patouillet situé sur le ruisseau des Fontaines de Franiaux. Turreau fut condamné à six jours de prison et 200 francs d’amende pour avoir laissé déverser des eaux boueuses dans le sous-bief.

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52 – Bailly-aux-Forges (Haute-Marne) – Vallée de la Voire

Le village doit son nom aux forges à bras qui y existèrent au Moyen âge, dont l’une appartenait à l’abbaye de Clairvaux.

Au XVIe siècle, il est fait mention d’un haut-fourneau appartenant à Lescaille, vendu à des maîtres de forges troyens. Au milieu du XIXe siècle, un bocard avec patouillet est installé sur la Vivoire au lieu-dit Le Pré de la Basse-cour d u Moulin. Il ne reste plus de traces visibles de cette activité, ni des neuf sites d’extraction exploités entre 1830 et 1870 par Berthelin, Gény, Danelle, Le Bachelé et Damas.

55 – Bar-le-Duc (Meuse) – Vallée de l’Ornain – CP (FR_55BARD)

Des forges y sont attestées dès le début du XIXe siècle (1814). En 1834, les forges Chantreaux travaillent le fer (four à puddler, étirage au marteau, martinet). Elles s’arrêtent en 1851. Bar-le-Duc reste une petite ville métallurgique avec deux tréfileries et pointeries. Il faut attendre 1859 pour que Bradfer et son associé Viry créent un important établissement, en ouvrant une fonderie. Un haut-fourneau est mis en route.

En 1860, l’entreprise prend le nom de Bradfer père et fils et produit des tuyaux de canalisation en fonte, marché en pleine expansion avec l’urbanisation d’alors. En 1879, un second haut-fourneau est allumé et produit 10 à 15 tonnes de fonte par jour. En 1876, Bradfer s’associe avec Durenne et fonde la société Bradfer et fils et Cie. Durenne prend le contrôle de la totalité en 1888 au décès du dernier Bradfer. En 1889, les deux hauts-fourneaux sont arrêtés et l’entreprise passe à la fonte de seconde fusion pour canalisations, matériel de chauffage, voirie.
Le procédé de fabrication par centrifugation utilisé par ailleurs par Pont-à-Mousson, sera adopté au XXe siècle.
L’usine Bradfer sera fermée et démolie au début des années soixante-dix, et à son emplacement, un parc tertiaire sera construit, ce qui explique qu’il ne reste que peu de vestiges, à part la maison de maître, 69 rue Bradfer, un logement ouvrier en bordure du canal et quelques traces ici et là.
À voir : Bar-le-Duc a conservé un patrimoine métallurgique non négligeable avec les fontes d’art qui ornent le jardin de l’école Bradfer fondée par Jean-Marie Bradfer en mémoire de son fils Ernest, (notamment de lions couchés), la fontaine qui était au centre du café des Oiseaux (récupérée aux Puces de Paris, achetée par la municipalité, elle est placée désormais dans le parc du musée Barrois ; elle a été produite au Val d’Osne), des souvenirs exposés au musée (bannière Durenne, dessins de la Comtesse de Vezins décrivant les établissements des vallées de la Saulx et de l’Ornain).

52 – Baudrecourt (Haute-Marne) – Vallée du Blaiseron

Un bocard à huit pilons et un patouillet à deux huches fonctionnèrent au milieu du XIXe siècle au lieu-dit Menonval, entre Charmes-la-Grande et Baudrecourt.Le minerai provenait de Morancourt.

52 – Bayard (Haute-Marne) – Vallée de la Marne – CP (FR_52BAYA)Cette usine est très ancienne puisque son titre de fondation date du 30 août 1513, au lieu-dit Moulin de Bayard, en faveur de François de Fresnel. La commanderie de Ruetz, toute proche, et l’Ordre des Hospitaliers, ont joué un rôle important dans cette histoire : le haut-fourneau de Bayard est fait selon le tout nouveau procédé wallon, de fonte indirecte : il resta en activité jusqu’en 1890 !
En 1784, l’usine, en très mauvais état, comprend un haut-fourneau, deux affineries, un martinet, deux bocards et deux patouillets. Avec vingt-six ouvriers de forge, douze minerons, soixante-dix huit forestiers, vingt voituriers, la forge produit alors annuellement : 400 tonnes de fonte et 300 tonnes de fer obtenus à partir de 1 000 tonnes de minerai et 1 360 tonnes de charbon de bois. Paillette de L’Isle la reprend en 1818. En 1833, les deux affineries sont transformées en fours à puddler, avec forgeage du fer au marteau. En 1840, sous la direction de Jacquot, la forge produit 1 000 tonnes de fonte et 1 000 tonnes de fer. En 1850, est monté un haut-fourneau de 14 mètres de haut, fonctionnant au coke et produisant 8 tonnes de fonte par jour. Il sera éteint vers 1890.
En 1864, l’affinerie disparaît et le premier cubilot est installé. Dès lors, l’usine se transforme pour produire des pièces moulées en fonte de seconde fusion. Aujourd’hui encore, son activité est importante. Elle est spécialisée en hydraulique, sanitaire et en centrifugation.
Après avoir été, pendant de très nombreuses années, entre les mains de la famille Chatel, cette usine est maintenant exploitée par Pont-à-Mousson-Saint-Gobain…Un maître de forges célèbre de Bayard : Pierre-Clément Grignon, savant métallurgiste et auteur d’un Mémoire de Physique sur l’Art de Fabriquer le Fer en 1775, participa activement à la rédaction de la section Forges ou l’Art du fer de l’Encyclopédie. La future Haute-Marne peut donc être fière de compter parmi les siens quatre encyclopédistes : Diderot à Langres, Voltaire à Cirey-sur-Blaise, Grignon à Bayard et Bouchu à Arc-en-Barrois, également collaborateur pour la section des forges). Aujourd’hui encore, l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert reste une référence consultée dans le monde entier.

52 – Bettaincourt-sur-Rognon (Haute-Marne) – Vallée du Rognon – CP (FR_52BETT)

L’histoire industrielle de Bettaincourt commence autour de 1580 avec la construction d’une usine à fer par Philibert de Toulonjon, qui y employait 45 ouvriers.
Au début du XIXe siècle, l’usine, rattachée à celle de Roches-sur-Rognon, fabriquait des tôles avant d’être transformée par Arson qui y installe un martinet destiné à étirer le fer. En 1838, Elophe Capitain la transforme en tréfilerie produisant l’année suivante 350 tonnes de fil de fer. En 1880, elle était encore en service.

52 – Bettancourt-la-Ferrée (Haute-Marne) – Vallée de l’Ornel

Ses riches mines de fer lui ont donné son nom.
En 1493, une forge est mentionnée au lieu-dit La Vacquerie, qui était encore en activité en 1793. Une chaînerie et une tréfilerie y ont fonctionné au XIXe siècle.
Entre 1868 et 1880, le minerai y a été extrait aux lieux-dits suivants : les Minières, les Orgères, les Pierrottes, Champ-aux-Forges et la Ferme Fénot.

52 – Bettoncourt-le-Haut (Haute-Marne) – Aux sources de la Pissancelle

Ce village, qui appartint aux moines de Saint-Urbain et fut dévasté par les troupes de Charles Quint au XVIe siècle, ne possède pas de minières. Son lien avec la métallurgie réside dans sa forêt d’une superficie de 157 hectares au milieu du XIXe siècle, qui permit certainement la production de charbon de bois pour les hauts-fourneaux.

55 – Beurey-sur-Saulx (Meuse) – Vallée de la Saulx

Village martyr détruit en 1944, Beurey possède une entreprise (Segor) toujours en activité au bord de la Saulx dont les origines sont anciennes.

52 – Beurville (Haute-Marne) – Vallée du Ceffondet

Propriété de la commanderie de Thors et de l’abbaye de Clairvaux, ce village reste marqué par les grandes heures politiques et religieuses du Moyen Âge. Beurville possède d’importantes forêts.

52 – Bienville (Haute-Marne) – Vallée de la Marne – CP (FR_52BIEN)

C’est en 1713 que fut créée l’usine amont en bordure de Marne, avec un haut-fourneau et un bocard.
Mais ce n’est qu’à partir de 1767 que cette forge se développa vraiment à la suite de la lettre patente de Louis XV en date du 5 août, accordée à Maurice, Jean-Baptiste Thomassin de Bienville. Celui-ci, pour utiliser le bois de ses huit cents arpents de forêt, fut autorisé à adjoindre à son haut-fourneau une forge constituée par une chaufferie et une affinerie. Pour l’exploitation des bois et l’affouage de sa forge il était cependant tenu de respecter l’ordonnance des Eaux et Forêts d’août 1669. En 1772, la forge comporte un haut-fourneau, deux affineries, un bocard avec patouillet. Elle produit annuellement 300 tonnes de fonte et 200 tonnes de fer. En 1833, des fours à puddler remplacent les fours de l’affinerie et l’usine utilise deux marteaux et un martinet. L’activité se poursuit jusqu’en 1878 pour le haut-fourneau. L’affinerie s’arrête peu après. Il subsiste quelques bâtiments industriels à cet emplacement.

Une seconde entreprise de type artisanal, connue de toutes les fonderies de France, a existé à Bienville : les établissements Claude, spécialisés dans la forge d’outils à main pour mouleurs tels que spatules, truelles, crochets, lissoirs divers, gueules de crapaud, etc.

52 – Blécourt (Haute-Marne) – Hauteur entre la Marne et le Blaiseron

Au XIXe siècle, cette paisible commune fut le théâtre de recherches fiévreuses. Son sous-sol était réputé abriter des mines d’or. Jolibois écrivit : « il fut un temps où l’on allait faire des fouilles à Blécourt, comme aujourd’hui en Californie ». L’or se révéla n’être que des pyrites, dont les vapeurs sulfureuses transformèrent en fumée tous les rêves d’Eldorado des habitants.

52 – Blumerey (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise

La forêt marque le paysage de ce village qui fut propriété de l’abbaye de Clairvaux.

55 – Bonnet (Meuse) – Ruisseau de Richecourt, affluent de l’Ornain

Les ateliers (détruits) comprenaient des lavoirs à bras, un bocard, un haut-fourneau près de la ferme de Moranlieu. En 1858, l’usine Capitain y fabriquait des chaînes. Près de l’écart de la ferme de Saint-Jean, sur le petit ruisseau des Noues, un haut-fourneau a été très tôt en activité, à partir de 1650, d’après Buvignier, jusqu’en 1825, date à laquelle il n’a plus été allumé.

55 – Bouchon-sur-Saulx (Le) (Meuse) – Vallée de la Saulx

Les installations du XVIe siècle (créées au XIe siècle ?), fonctionnant avec le minerai de Biencourt, Fouchères-au-Bois et du Bouchon, sont détruites avant la Révolution : on y avait fabriqué essentiellement des boulets de canon expédiés par Saint-Dizier. En 1842, un bocard, un haut-fourneau, sont autorisés ; une fonderie fonctionne au XIXe siècle ; le haut fourneau est arrêté vers 1870.

52 – Bouzancourt (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise

Dans ce village boisé, dont il est fait mention en 854, et où la seigneurie était partagée entre le seigneur de Cirey, l’abbaye de Clairvaux et le prieur de Vignory, on note la présence d’un moulin sur la Blaise.

52 – Brachay (Haute-Marne) – Vallée du Blaiseron

Si aucune trace de métallurgie ne semble marquer ce village, Brachay est cependant le berceau d’un grand inventeur du XVIIIe siècle : Philippe Lebon, ingénieur et chimiste, lié à l’histoire de l’éclairage au gaz. Voir fiche e-monumen.net – Voir l’article sur Philippe Lebon

52 – Braucourt (Haute-Marne) – Vallée de l’Héronne

La forêt est la principale richesse de ce village né au VIIIe siècle, qui appartint aux moines de Montier-en-Der jusqu’au XVe siècle. Braucourt fut dévasté par les armées de Charles Quint.

55 – Bressoncourt (Meuse) – Près des sources de la Saulx

Aucune trace de métallurgie n’est signalée dans ce village aux nombreuses sources, dont la superficie en bois était de vingt-huit hectares au milieu du XIXe siècle.

52 – Breuil-sur-Marne (Haute-Marne) – Vallée de la Marne

Breuil fut un lieu d’extraction minière autour de 1850, aux lieux-dits Devant-la-Forêt et Les Minières, ce qui entraîna, autour de 1859, l’installation par Richier, maître de forges à Brethenay, de six lavoirs à bras sur le ruisseau de la Dheu.

Breuil fut également un important centre de roulage (transport hippomobile) au siècle dernier.

52 – Brousseval (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise – CP (FR_52BROU)
Avant la Révolution, une forge exista éphémèrement au lieu-dit le Chambonin.
L’origine de l’usine actuelle remonte à 1796, date du « transfert » à Brousseval du haut-fourneau d’Adrien, maître de forges à Montreuil-sur-Blaise.
En 1823, Adrien dirige toujours cette usine. Centrée à l’origine autour de la source du Haut Sang, abondante et ne gelant jamais, elle fut renforcée en 1837 par un second cubilot installé par Ferdinand de Chanlaire. La forge produisait alors 1 600 tonnes par an. L’usine passe ensuite entre les mains d’un certain Pasquier avant d’être reprise, sous le Second Empire et jusqu’en 1859, par Moinot. La famille Festugière rachète alors l’affaire pour l’exploiter pendant 70 ans. En 1872, un troisième haut-fourneau fut élevé, qui ne fonctionna que durant 2 à 3 ans et fut démoli peu après. En 1902, les deux autres hauts-fourneaux sont également démolis et, sous la houlette de M. Festugière, l’usine poursuit son activité en fonderie de seconde fusion. En 1928, l’usine passe aux mains de la famille Lang-Ferry, descendants des Capitain-Gény que l’on retrouve à Rachecourt-Suzemont, Montreuilsur- Blaise et Bussy-Vecqueville.
Cette fonderie, devenue la plus importante de la vallée de la Blaise, est toujours en activité avec une production axée sur l’hydraulique, le matériel ferroviaire et l’industrie chimique. Ses installations performantes lui ont permis de participer très activement aux moulages d’éléments pour le tunnel sous la Manche.
Deux autres établissements métallurgiques fonctionnèrent à Brousseval : un bocard et un patouillet construits en 1837 au confluent du ruisseau de la Fontaine du Donjon avec la Blaise, qui étaient toujours en activité en 1853 ; et les établissements François Janiot (1889), fondeurs de métaux, coussinets, robinets et clôtures.
A voir : avec ses cités ouvrières et l’organisation de la cité autour de l’usine, instaurée par Paul Festugière, Brousseval est un bel exemple du catholicisme social prôné par le pape Léon XIII à la fin du XIXe siècle et largement suivi par les maîtres de forges champenois grâce à l’action de Léon Harmel (Warmeriville dans la Marne), Hippolyte André (Cousances-aux-Forges dans la Meuse) et Jacques Marcellot (Eurville en Haute- Marne), en particulier. (cf. n° de Fontes 7 – article de Jean-Marie Moine sur le catholicisme social.

52 – Brouthières (Haute-Marne) – Sur les hauteurs dominant les sources du Rongeant

Ni Jolibois, ni Béguinot ne mentionnent une activité métallurgique à Brouthières, « où les sources y sont tellement abondantes que souvent le terrain manque sous les pieds », écrivait Jolibois en 1858.

52 – Bussy (Haute-Marne) – Vallée de la Marne

Bussy : voir Vecqueville

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52 – Ceffonds (Haute-Marne) – Vallée du Ceffondet – CP (FR_52CEFF)

De cette seigneurie dépendant de l’abbaye de Montier-en-Der, on retiendra qu’elle est considérée comme le lieu de naissance du père de Jeanne d’Arc

52 – Cerisières (Haute-Marne) – Sur les hauteurs de la Marne

Seigneurie propriété du prieur de Vignory. Sans activité métallurgique.

52 – Chamouilley (Haute-Marne) – A la confluence de la Marne et de la Cousance – CP (FR_52CHAM)

Les mors de chevaux du Hallstatt (premier âge du fer) trouvés ici et exposés au musée de Saint-Dizier sont les premières traces de métallurgie à Chamouilley. Ce village doit à de riches mines de fer d’être devenu un site métallurgique où fonctionnèrent trois entreprises et un atelier de lavage du minerai.• La Forge haute (1860 – milieu du XXe siècle) sur la Cousance : en 1731, elle comprend un haut-fourneau, une affinerie, un bocard avec patouillet. De 1772 à 1784, la production varie de 300 tonnes par an de fonte et 200 tonnes de fer à 200 tonnes de fonte par an, partiellement affinée sur place. En 1818, avec un foyer d’affinerie, l’usine produit 250 tonnes de fonte et 166 tonnes de fer marchand obtenues avec 870 tonnes de charbon de bois et 625 tonnes de minerai lavé. En 1828, les deux foyers d’affinerie sont remplacés par deux fours à puddler et deux foyers à houille avec deux marteaux. La production est alors de 600 tonnes par an de fonte. En 1839, la production de fer est momentanément arrêtée. En 1848, un second haut-fourneau est installé. En 1860, la fabrication du fer est arrêtée et deux cubilots sont installés tandis qu’un seul haut-fourneau est encore à feu. À cette époque, l’usine a une activité de laminage. Entre 1880 et 1890, la forge est arrêtée définitivement pour faire place à une fabrication de matériel agricole sous la direction de Champenois-Delacourt. Aujourd’hui, ne subsistent que la maison du maître de forges et quelques bâtiments en propriété privée.• La Forge basse, située elle aussi sur la Cousance 500 mètres en aval de la Forge haute fut autorisée par une convention conclue le 4 octobre 1689 entre l’abbé de Saint Urbain et le sieur Étienne Sieulle, maître de forges à Bayard. Furent alors construits un haut-fourneau, un bocard (à 200 mètres en aval du haut-fourneau) et un patouillet. En 1731, le Grand Maître des Eaux et Forêts met la forge en chômage.
Une décision du Conseil d’État du 13 mars 1733 autorise la remise en marche de cet établissement. Cette mise en chômage fut très vraisemblablement décidée pour éviter le déboisement continu des forêts environnantes dû à la concentration des forges qui consommaient annuellement des dizaines de milliers de stères de bois. En 1767, une affinerie est installée, permettant de produire 150 tonnes de fonte et 50 tonnes de fer par an. En 1784, la forge fabrique 200 tonnes de fonte partiellement affinée ; en 1818, 250 tonnes de fonte et 250 tonnes de fer par an ; en 1839, 600 tonnes de fonte et 450 tonnes de fer par an. En 1865, ne fonctionne plus que le haut-fourneau (sous la direction de Martin). Il s’éteindra entre les années 1880 et 1890. En 1867, Garbonnaut et Perrot, patrons de la forge, font partie du Comité des forges de Champagne où l’on retrouve, entre autres maîtres de forges, Lespérut, Capitain, Salin, Danelle, Chanlaire, Guyard, Gény, Durenne, Giros.• Une troisième forge, dite de Roches-sur-Marne fut construite en 1834 par Beugon-Arson sur la rive droite de la Marne. Elle était composée d’un foyer de réchauffage et un marteau de 250 kg qui étirait les massiaux de fer provenant de la Forge Basse de Chamouilley. En 1865, dirigée par Adam, la forge comprend un foyer de réchauffage, un four à puddler, deux marteaux, un martinet, trois roues hydrauliques. Elle fonctionnera jusqu’en 1880 environ. L’usine, reprise par les établissements Champenois spécialisés en matériel agricole, fermera ses portes en 1990.

52 – Chancenay (Haute-Marne) – Vallée de l’Ornel

Une forge est mentionnée dès 1492 sur l’étang neuf de Chancenay comportant un fourneau, des affineries et un marteau. En 1840, un haut-fourneau est édifié sur l’Ornel, à l’est du village, par Roussel qui le dote d’un marteau, d’un four à puddler et d’une chaufferie à la houille. Un cubilot et une fabrique
de chaînes y seront en activité en 1856. En 1865 l’ensemble dirigé par Jobard-Bonnor, est devenu une tréfilerie. Huit plus tard, l’activité cesse. Il subsiste des logements ouvriers.

52 – Charmes-en-l’Angle (Haute-Marne) – Vallée du Blaiseron

Charmes constituait déjà une agglomération en 854, sous Charles le Chauve. En 1576, « une grosse forge et un fourneau à fondre et forger le fer, les marteleries et affineries, la grange à mettre le charbon » appartenait au duc de Guise. Propriété de la famille d’Orléans au XVIIIe siècle, elle sera exploitée par Madame Bourlon de Rouvre qui l’achètera pendant la Révolution. Elle y fabriquera des gueuses et des obus.

En 1820, cette usine produit 350 tonnes de fonte et 230 tonnes de fer en barre, à partir de 1 000 tonnes de minerai lavé et 850 tonnes de charbon de bois, avec cent treize personnes dont vingt et une à l’usine, huit minerons, soixante forestiers et vingt-quatre voituriers. En 1865, deux hauts-fourneaux fonctionnent encore avec un mélange de charbon de bois et de coke, deux roues hydrauliques et une machine à vapeur de vingt-cinq chevaux. Leur extinction interviendra autour de 1880.

A voir : la demeure du maître de forges ainsi que des bâtiments industriels, propriétés privées.

52 – Charmes-la-Grande (Haute-Marne) – Vallée du Blaiseron

L’usine métallurgique signalée en 1667 et installée en amont du village, au lieu-dit Entrée du Val Lambert, eut des propriétaires successifs : le duc d’Orléans, Mesdames Bourlon de Rouvre et de Damas et fonctionna jusque vers 1880.

Entre Charmes et Baudrecourt, au lieu-dit Menonval, un bocard à 8 pilons et un patouillet à deux huches furent installés vers 1840. Le minerai provenait de Morancourt et était destiné aux hauts-fourneaux de Rimaucourt et Donjeux.

55 – Chassey-Beaupré (Meuse) – Ruisseau alimentant l’Ognon, un des bras de l’Ornain

L’ancien haut-fourneau a été détruit et transformé en scierie ; il avait été exploité au milieu du XIX siècle par la famille Muel et approvisionnait Abainville.À voir : une partie du système hydraulique dont l’étang du fourneau près du château de Beaupré. Très belle promenade jusqu’à l’étang.

52 – Chatonrupt (Haute-Marne) – Vallée de la Marne

Riche en gisements de minerai de fer de bonne qualité et d’exploitation facile, Chatonrupt fut, au milieu du siècle dernier, un lieu d’extraction minière particulièrement important ( lieux-dits de Petite Forêt, Sur la Roche, Les Fontenelles, Champ Bonnot, Côte de Chaffaut, Le Regrette, exploités entre 1850 et 1883). Ainsi y trouvait-on plusieurs bocards, tous équipés de patouillets : celui de la Fontaine Jouy, celui du ruisseau de Sommermont, celui du village proprement dit, sur le même ruisseau, enfin celui du moulin construit en amont du précédent. En 1865, un bocard mû par une machine à vapeur ainsi que des lavoirs à bras fonctionnaient également.Chatonrupt ne possédant pas de haut-fourneau, le village organisa un réseau de roulage pour approvisionner les forges du voisinage telles que Bussy, Froncles, Manois. À Chatonrupt, Breuil et Rachecourt-sur-Marne, Il y avait huit cents à neuf cents chevaux assurant les transports entre Joinville et Saint-Dizier. Pour une production annuelle de 2 100 tonnes de fonte et 840 tonnes de fer, il fallait 122 voituriers pour transporter les approvisionnements, soit 6 200 tonnes de minerai lavé et 4 460 tonnes de charbon de bois fabriqué par 317 forestiers à partir de 70 000 stères de charbonnette ! Pour obtenir le tonnage rappelé ci-dessus en fonte et en acier, il ne fallait, par contre, que 45 minerons et 80 ouvriers de forge.

52 – Chevillon (Haute-Marne) – Vallée de la Marne – CP (FR_52CHEV)

D’origine très ancienne, on y a découvert des sarcophages en pierre remontant à la période romaine, Chevillon connut une activité industrielle (cinq établissements au XIXe siècle) pérennisée jusqu’à nos jours.
En 1553, Antoinette de Bourbon autorise Claude Pattot à édifier un haut-fourneau sur le ruisseau de Chevillon. Dirigé par Le Blanc en 1731, pour alimenter en fonte la forge du Châtelier à Louvemont, celui-ci sera transféré au Châtelier en 1765. En 1837, Frerson installe à l’emplacement du moulin de Ruetz, à 300 mètres avant le village, un bocard à dix pilons et un patouillet à deux huches. En 1841, un haut-fourneau est construit, qui fonctionnera probablement jusqu’en 1888, date de la faillite de Turquet, maître de forge à Bayard. En 1911, l’usine se reconvertit en fonderie de pièces mécaniques sous la direction de la famille Viry qui la dirigera jusqu’en 1985. Actuellement, la famille Cordier exploite cet établissement devenu Lorraine Champagne Fonderie.Il convient également de citer le bocard avec patouillet, installé en 1838 par Charles au lieu-dit Chalitre, et l’installation de Bonnamy (1858), composée d’un patouillet avec bocard mû par une machine à vapeur, installée sur la rive droite de la Marne (près du pont de Rachecourt). Le bocard consistait en deux cylindres fonctionnant comme un laminoir. Ce système était nettement plus efficace que le bocard à pilons traditionnel de notre région.À la fin du XIXe siècle, une importante fabrique de tubes soudés et étirés fut créée par Georges Robert et Édouard Lang, président et directeur général des Forges de Champagne à Marnaval. Cette usine est actuellement propriété de Vallourec qui l’exploite.

52 – Cirey-sur-Blaise (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise – CP (FR_52CIRE)

L’important site métallurgique de Cirey appartint jusqu’à la Révolution à la famille du Châtelet-Lomon. Celle-ci est bien connue grâce à Madame du Châtelet (1706-1749) qui vécut pendant une quinzaine d’années avec Voltaire au château de Cirey. Madame de Damas en hérita.

Deux usines métallurgiques existèrent à Cirey  : l’usine du bas, située à 2 200 m en amont du village possédait un haut-fourneau et une fenderie. En 1828, la fenderie est supprimée tandis qu’un nouveau haut-fourneau est installé, qui fonctionna probablement jusqu’en 1865. Il ne reste que des ruines.

Celle du haut, mentionnée en 1503, se trouve à 450 mètres en aval du village. En 1820, elle comporte quatre foyers d’affinerie, deux marteaux et un bocard à crasses. En 1834, des fours à puddler sont installés en même temps que des fours à réchauffer permettant l’étirage du fer. En 1853, toutes ces installations seront démolies et remplacées par un haut-fourneau d’une capacité de production de 3 000 tonnes par an, qui fonctionnera jusque vers 1880. Il reste encore une belle halle avec les soubassements du haut-fourneau, qui ne peut être visitée.

À voir  : la visite du château de Cirey, dans lequel la présence de Voltaire est sensible, est recommandée. On peut y voir une Encyclopédie de Diderot et d’Alembert ouverte sur les métiers du fer. Dans la section Forges ou l’art du Fer, de nombreux croquis et articles sont dûs à la plume de Grignon, maître de forges à Bayard-sur-Marne et Bouchu, maître de forges à Arc-en-Barrois, tous deux éminents savants et métallurgistes du XVIIIe siècle, collaborateurs de Diderot, philosophe né à Langres en 1713.

55 – Cirfontaines-en-Ornois (Meuse) – Vallée de la Saulx

Jolibois signale l’exploitation de mines de fer à une date indéterminée dans ce village, traversé par une route romaine venant de Langres avec un branchement sur Grand. Une forteresse y aurait été édifiée sur la montagne au pied de laquelle coule la Fontaine à Truites.

52 – Courcelles-sur-Blaise (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise – CP (FR_52COUR) 

En 845, Charles le Chauve donna l’église de Courcelles à l’abbaye de Montier-en-Der.Situé au confluent du Blaiseron et de la Blaise, le village eut, entre 1817 et 1860 environ, un bocard et un patouillet en activité qui concassaient et lavaient annuellement jusqu’à 1 000 m3 de minerai provenant de Bailly-aux-Forges. Celui-ci était utilisé par les hauts-fourneaux de Charmes-en-l’Angle.

55 – Cousances-aux-Forges (Meuse) – Vallée de la Cousance, affluent de la Marne – CP (FR_55COUF)

Grand site meusien, dont l’origine remonte à la Renaissance (1533) et aux Guise. L’Histoire veut que la taque de cheminée y ait été « inventée ».
La commune comptait quatre sites dont les plus importants sont les forges Champenois-Rambeaux sur la route menant à Saint-Dizier (fonderie du château), puis le « haut-fourneau et fonderie », dirigé notamment par Hippolyte André qui exploitait également à proximité l’usine de Chamouilley-Haut. Les spécialités ont été les instruments aratoires, roues, fontes moulées chez Champenois… et les cocottes émaillées de Cousances ainsi que les plaques de cheminées…

En plus de la collection classique, Cousances a tenté de recréer des modèles contemporains dans les années soixante-dix, mais sans succès.
À voir : l’extérieur de l’ancienne fonderie « haut-fourneau et fonderie de Cousances » ainsi que le bâtiment du concierge (porterie). Les plaques de cheminées qui ornaient la cour ainsi que les archives ont été déménagées par l’usine du Creuset qui a repris l’activité et la marque « Cousances ». Il existe un magasin dit « d’usine ».

Le village est très marqué par la métallurgie : canal, logements ouvriers, anciens bâtiments industriels…

Cousancelles (écart de Cousances)  : on y exploitait les sables verts et blancs pour le moulage.

52 – Curel (Haute-Marne) – Vallée de la Marne – CP (FR_52CURE)

C’est à partir de la gare de Curel qu’étaient expédiées toutes les fontes d’art coulées par le Val d’Osne. On peut encore voir quelques bâtiments et une grue métallique.

À voir : au milieu de l’Osne, le cheval Royal, dû au ciseau du célèbre sculpteur animalier Pierre Rouillard , rappelle la fabuleuse aventure de la fonderie d’art du Val d’Osne.

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55 – Dainville-Bertheléville (Meuse) – Vallée de l’Ornain

Nous sommes tout près de sources de la Maldite qui avec l’Ognon, forme l’Ornain en amont de Gondrecourt-le-Château. Une forge (attestée dès 1578) et un haut-fourneau ont été actifs à Dainville-aux-Forges  : il ne reste plus que la chute d’eau du fourneau qui était exploité ici aussi par Muel Doublat.

Bertheléville : ce hameau, a eu son haut-fourneau, son affinerie et sa forge dès 1771. En 1793, l’usine fournissait des canons de fusils pour la manufacture d’armes de Maubeuge. En 1848, elle employait plus de 150 personnes. L’activité s’arrête en 1870  : seule demeure l’activité agricole.
À voir : site étonnant, avec le château du marquis de Germigney qui s’enfuit en Asie mineure à la Révolution de 1848, son hameau autour d’un grand espace fermé, la petite église dont il ne reste que le clocher, le cimetière. L’ancienne exploitation agricole fait peu à peu place à des résidences secondaires rénovées par des acquéreurs venus d’Europe du nord. On a peine à imaginer une exploitation métallurgique dans ce site bâti avec cohérence et unité.
Papon : on chercherait en vain sur la carte autre chose que la mention du Bois de Papon, près de Gondrecourt. Pourtant, au sud de ce bourg, là où commence l’Ornain, il y a eu un haut-fourneau, des foyers d’affinerie, une forge dépendant de Bertheléville de 1650 jusqu’au milieu du XIXe siècle.

55 – Dammarie-sur-Saulx (Meuse) – Vallée de la Saulx – CP (FR_55DAMS)

Le fourneau de Dammarie a été créé par des chaudronniers auvergnats en 1590. L’usine a été établie au XVIIe siècle. Son expansion est liée à l’arrivée des frères Vivaux en 1840 qui adoptent très vite les techniques les plus modernes : récupération des gaz du gueulard en 1848, passage au coke en 1851.
L’entreprise devient propriété de la famille Salin en 1855.
Le haut-fourneau est éteint en 1892, mettant un terme à la production de fonte en Meuse.
L’entreprise est toujours active, malgré quelques aléas ; elle a été reprise récemment par la Fonderie de Brousseval-Montreuil et produit à la fois des fontes d’art et des pièces pour l‘industrie.

À voir  : depuis la route, on aperçoit l’ensemble  : usine, château, ferme et parc.

52 – Domblain (Haute-Marne) – Sur les hauteurs de la vallée de la Blaise

En 1850, du minerai y fut extrait par tranchées au lieu-dit Sur le Chemin de Morancourt.

52 – Dommartin-le-Franc (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise – CP (FR_52DOMM)

Deux usines fonctionnèrent à Dommartin : l’usine du bas et l’usine du haut.
Dommartin-le-Franc figure parmi les plus anciennes forges de la vallée puisqu’en 1415, un acte du Roi Charles VI, en pleine guerre de Cent Ans, défend aux habitants de troubler Ferry de Lorraine, sire de Joinville, dans l’exploitation de sa forge, dont mention est déjà faite en 1264 dans un parchemin de Montier-en-Der. La forge de Dommartin sera ultérieurement reconnue par lettres patentes du roi Charles VII, en date du 16 mai 1459.
En 1773, François Arnould Cousin de Chatillon fait édifier un haut-fourneau à l’emplacement de la forge en ruine – l’usine du bas (cf. article Ph. Delorme : Fontes n° 45). Pendant la Révolution, l’usine fabrique des boulets et des gueuses, mais aussi des plaques de cheminées et des chaudières. Vingt et un ouvriers, neuf minerons, trente forestiers et seize transporteurs travaillent en 1818 sur ce site composé d’un hautfourneau, de deux bocards et d’un patouillet. En 1827, un cubilot (fonte de seconde fusion) est adjoint au haut-fourneau et la production annuelle atteint 740 tonnes de fonte moulée.
En 1834, Jean-Baptiste le Bachellé construit un second haut-fourneau, en amont de l’usine du bas sur le site d’une ancienne affinerie : l’usine du haut. Un bocard et un patouillet y sont déjà en activité. Un Wilkinson (cubilot de seconde fusion) complète l’usine, permettant la fabrication de tuyaux jusqu’en 1886.
En 1837, Le Bachellé obtient l’autorisation de construire un troisième haut-fourneau, ainsi qu’un troisième cubilot pour l’usine du bas, et de maintenir en activité l’ancien bocard à 5 pilons et l’ancien patouillet à une huche, ainsi que le nouveau bocard à 10 pilons et le patouillet à deux huches, au grand dam de la ville de Wassy dont, soi-disant, il brouillait l’eau. La production annuelle en fonte moulée passe à 2 400 tonnes.
En 1850, l’usine est alimentée en minerai par les mines de fer locales du Préquinval.
En 1890, à la suite d’une faillite, l’usine est exploitée par Ferdinand de Chanlaire, qui s’associera avec son gendre de Magnienville huit ans plus tard. La fonderie restera dans cette famille jusqu’en 1986 et poursuivra ses fabrications en seconde fusion : cuisinières, dont la fameuse Maillard, poêles et fontes ornementales. Une activité métallurgique s’y poursuivra jusqu’au 31 décembre 1992.À voir  :
• L’usine du haut, devenue le haut-fourneau de Dommartin, est inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 1986. Elle a été sauvée par l’ASPM (association pour la sauvegarde du patrimoine métallurgique haut-marnais). Elle est ouverte au public depuis 1990 (en été ou sur rendez-vous). On peut découvrir le haut-fourneau dans sa halle de coulée, accéder à la halle de chargement, visiter la halle à charbon et la tournerie-maréchalerie où une forge a été reconstituée, retracer vingt-cinq siècles de métallurgie à l’aide de maquettes, outils, modèles et objets ornementaux. À l’extérieur, le parc à minerai, l’emplacement du bocard et du patouillet, le canal et les circulations d’eau permettent une parfaite compréhension de l’activité d’une usine située à la charnière de deux époques industrielles. La substitution du coke au charbon de bois (10 000 stères de bois par an et par fourneau), la récupération des gaz chauds du gueulard, la soufflerie à pistons, la présence d’un appareil de seconde fusion constituent en effet des repères essentiels dans l’évolution de la métallurgie haut-marnaise.
• L’usine du bas, également sauvée de la destruction par l’ASPM, a conservé les vestiges du haut-fourneau de 1773 dans la halle d’époque et une belle grue de la première moitié du XIXe siècle. La fonderie ouvre ses portes une fois par an pour effectuer une coulée au cubilot en partenariat avec le lycée Loritz de Nancy et les entreprises de la région. Les deux sites forment un véritable centre d’interprétation de la métallurgie ancienne, au cœur d’un territoire, le Pôle d’économie du patrimoine des vallées du fer et de la fonte. Ce centre touristique est complété par le magasin des Fontes d’art de Dommartin qui propose des produits coulés aujourd’hui à Sommevoire et dans les Ardennes. (Pour plus d’information, consulter les numéros de la revue Fontes.

52 – Dommartin-le-Saint-Père (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise

Malgré sa situation, rien ne rappelle la métallurgie à Dommartin le Saint-Père, seigneurie de l’abbaye de Montier-en-Der dès le IXe siècle, si ce n’est des bois importants dont les taillis durent être exploités pour le charbon de bois des hauts-fourneaux.

52 – Domrémy-en-Ornois (Haute-Marne) – Vallée du Rognon

Aucune histoire métallurgique n’est mentionnée dans ce village qui relevait de l’abbaye de Saint-Rémy à Reims, si ce n’est la présence de bois.

52 – Donjeux (Haute-Marne) – Vallée du Rognon

Deux forges furent en activité à Donjeux, l’une selon la méthode champenoise, la seconde à l’anglaise.
La première, fondée en 1628 par Trinchard, passera aux mains de la famille de Lespéroux. Composée au départ d’un moulin à forges, d’un martinet, d’un fourneau à fer, d’une fonderie et d’une tréfilerie, l’usine se dotera d’un bocard et d’un patouillet, de deux affineries et d’un martinet. Vers 1810, Rollot l’acquiert et en confie l’exploitation à Mollerat. La production annuelle est de 350 tonnes de fer. Huit ans plus tard, le haut-fourneau, remis en activité consomme 750 tonnes de minerai et 880 tonnes de charbon de bois. Vingt-quatre ouvriers y travaillent ainsi que quarante minerons, quarante-sept forestiers et quarante-cinq voituriers. En 1827, la production est de 522 tonnes de fonte en gueuses et 435 tonnes de fer en barres. En 1837, Gény qui est devenu l’exploitant, double la production après avoir ajouté deux fours à puddler. L’usine fermera ses portes en 1864. Une petite activité reprendra avec les frères Colas (affinerie au charbon de bois) et Joseph Bourgeaud (boulonnerie, ferronnerie, chaînerie). Les bâtiments ont pratiquement tous disparu.

La seconde forge date du XVIIIe siècle. Aux activités traditionnelles s’adjoignent une pointerie et de la fonte de moulage. On y retrouve les noms des propriétaires et exploitants successifs : Capitain-Delarbre, Brochon, Raulot et son gendre Peltereau-Villeveuve, Berthelin, Voillaume, Mayence, Damas… À partir de 1860, l’établissement est repris par Nicolas Bonnor, qui le transforme en forge à l’anglaise et l’équipe de laminoirs (un train brut et un petit train pour fer marchand), de deux machines à vapeur, et d’une roue hydraulique de quatre-vingts chevaux.
Rachetée en 1872 par la Cie des Transports d’Émile Giros, l’usine sera vendue en 1876 à la Compagnie des Forges de Champagne, également dirigée par Giros. Un bâtiment principal subsiste.

52 – Doulaincourt (Haute-Marne) – Vallée du Rognon – CP (FR_52DOUL)

Deux établissements comptèrent à Doulaincourt dont l’histoire métallurgique commence en 1628 avec Guichard. En l’an III, l’usine est une batterie à tôle composée d’un marteau à drôme et d’une chaufferie, qui fournit l’Artillerie. Elle disparaît en 1807.
Une forge anglaise très performante sera créée par Elophe Capitain en 1839, en aval de l’agglomération.
Elle comporte quatre fours à puddler, deux fours à réchauffer, un laminoir pour fer brut, deux trains de laminoirs pour fer marchand, une fenderie pour la clouterie, un tour pour tourner les cylindres, un marteau à cingler et des cisailles ainsi que trois roues hydrauliques. Cinquante ouvriers y travaillent. Après la faillite de Capitain, Bonnamy la reprend en 1865. Le nombre des fours à puddler est porté à sept et à trois celui des fours à réchauffer. Deux machines à vapeur viennent pallier l’insuffisance des roues hydrauliques. Cette usine, reconvertie en 1890 par Isidore Ulmo, maître de forges à Rimaucourt, produira des pièces manufacturées jusqu’en 1940, deux ans avant sa destruction complète par les Allemands. Seuls la maison de maître et les biefs subsistent.

52 – Doulevant-le-Château (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise – CP (FR_52DOUC)

Site industriel dès 1395, Doulevant sut le rester jusqu’à nos jours.
Les hauts-fourneaux et les affineries se trouvaient en aval de l’agglomération au lieu-dit la Forge, sous la résidence du maître de forges, où Charles X fit étape en 1828 lors de son retour d’Alsace. En 1818, cette usine produisait 450 tonnes de fonte et 260 tonnes de fer à partir de 1 350 tonnes de minerai lavé et 1 100 tonnes de charbon de bois. 148 personnes y travaillaient. L’usine, à son apogée, était dirigée par Berthelin qui avait fait construire un second haut-fourneau en 1837. La destruction de ceux-ci, au début du XXe siècle, permit à l’usine de se reconvertir.
Aujourd’hui, la société Eurofence, transférée à la sortie du village, perpétue l’activité industrielle de Doulevant en exploitant le brevet d’Hubert Simon, inventeur d’un procédé de fabrication et de fixation de grillages qui équipe les autoroutes françaises ou les lignes de TGV.

52 – Doulevant-le-Petit (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise

La Haute-Marne ancienne et moderne de Jolibois y signale des mines de fer exploitées entre 1823 et 1884 dans le bois communal par Berthelin et Capitain-Gény. Le minerai était lavé dans un patouillet à 1 km en amont du Tempillon. En 1855, 3 500 m3 de minerai lavé y furent traités. On peut encore en voir l’emplacement dans l’enceinte de la scierie exploitée un temps par la famille Chalot (en 1931, la société exploitante s’intitulait « Chalot, Thériat et Cie »).

52 – Droyes (Haute-Marne) – Au confluent de la Droyes et de l’Héronne

Comme pour la plupart des communes situées dans le Dervois, on ne trouve pas de trace de métallurgie, mais toujours la même appartenance à l’abbaye de Montier-en-Der qui créa plusieurs forges en Haute-Marne.

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52 – Landéville (Haute-Marne) – Sur les hauteurs de Doulaincourt 

Aucune trace de métallurgie n’est mentionnée sur ce site, remis par l’élection de Joinville à l’abbaye de Saint-Urbain au XII siècle et dont la population fut affranchie par le Cardinal de Lorraine, alors abbé de Saint-Urbain.

52 – Laneuville-à-Bayard (Haute-Marne) – Vallée de la Marne

Voir à Bayard.

52 – Laneuville-à-Remy (Haute-Marne)

Dans son ouvrage sur la métallurgie en Haute-Marne, Béguinot note des traces de crassiers à Laneuville et la présence de forges qui appartenaient à l’abbaye de Montier-en-Der en XIIIe siècle. Voltaire y séjourna, au temps de son exil doré à Cirey.

52 – Laneuville-au-Pont (Haute-Marne) – Vallée de la Marne

Aucune trace de métallurgie dans ce village fondé au XIIIe siècle et qui, en 1789, faisait partie du doyenné de Joinville, évêché de Châlons.

52 – Laneuville-aux-Bois (Haute-Marne) – Sur l’Ornain

Sur le ruisseau l’Érable, Jolibois cite une usine en ruine en 1858. Sans doute est-ce l’installation de lavage du minerai : bocard, patouillet et huit lavoirs à bras qu’avait créés Muel autour de 1820 pour traiter le minerai de Germay et Lezéville.

52 – Leschères-sur-le-Blaiseron (Haute-Marne) – Vallée du Blaiseron

Le seul lien de cette très ancienne commune, citée en 1144, avec la métallurgie est l’importance de la forêt communale  : 132 hectares en 1858 cités dans le Dictionnaire d’Émile Jolibois La Haute-Marne ancienne et moderne.

52 – Lezéville (Haute-Marne) – Vallée du Blaiseron

Jolibois y signale une importante surface de bois à Lezéville et Béguinot évoque le minerai extrait et concassé puis lavé dans les lavoirs à bras de Laneuville-aux-Bois.

55 – Ligny-en-Barrois (Meuse) – Vallée de l’Ornain – CP (FR_55LIGN)

Ancien site métallurgique comme en témoigne la toponymie de l’usine des Battants d’Essilor, où on battait le minerai de fer. Nous retrouvons ici dans cette ville de nombreuses familles de maîtres de forges  : Vivaux, André, Muel, Demimuid, Maillard…
M. Coyen-Carmouche, originaire de Tronville, crée deux usines : en 1851, pour les compas et en 1857, pour les lunettes.
Ligny-en-Barrois a vécu une des belles histoires du socialisme utopique (qui a longtemps perduré dans les statuts d’Essilor, dont les salariés pouvaient devenir actionnaires).
L’association fraternelle des ouvriers lunetiers a été fondée à Paris en 1849 : elle devint la Société industrielle et commerciale des ouvriers lunetiers et acheta à M. Coyen-Carmouche la Compasserie en 1863 et les Battants en 1873. En 1959, elle prit le nom de Société des Lunetiers, SL, puis par fusion de SL ou Essel (société des lunetiers) et de SILOR (société industrielle de Lorraine) Essilor.

55 – Lisle-en-Rigault (Meuse) – Vallée de la Saulx

La famille Vivaux (Dammarie) a exploité un bocard, des feux d’affinerie, des marteaux et un martinet à la fin de la Révolution française. Le site a été occupé ultérieurement par la bleuterie Deschamps, elle-même disparue mais dont il reste les cheminées au site dit « Vieux Jeand’heurs ».
À Jeand’heurs, un haut-fourneau est construit en 1749, sous Stanislas Leczynski, puis l’activité est transformée en 1835 en affinage de fonte par la méthode champenoise.

55 – Longeville-en-Barrois (Meuse) – Vallée de l’Ornain

Ce site, actif dès le début du XIXe siècle, a eu une grande notoriété à travers les établissements Dyckoff construisant le premier moteur Diesel français, puis Utard qui, outre une activité de fonderie de seconde fusion, s’était spécialisé dans la fabrication de machines pour fonderies, d’où une intense promotion publicitaire dans les revues professionnelles. Utard a fermé dans les années quatre-vingt.

52 – Longeville-sur-la-Laines (Haute-Marne)

L’abbaye de Boulancourt, située sur le territoire de Longeville, était propriétaire de forges à bras, cédées par le comte de Champagne au XIIe siècle.

52 – Louvemont (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise – CP (FR_52LOUV)

Louvemont fut vraiment le haut lieu de la métallurgie de la vallée de la Blaise avec, au milieu du XIXe siècle, cinq établissements dont trois avec hautsfourneaux et deux spécialisés dans le concassage et le lavage du minerai. N’y avait-il pas tout sur place ? Le minerai dans la forêt de Marnesse avec un gisement peu profond et très pur, le sable, en particulier une carrière de sable vert, encore utilisé il y a une cinquantaine d’années et exploité sur les hauteurs de Louvemont jusqu’à la généralisation de l’emploi de de sable synthétique, le ois dans les forêts environnantes, l’eau de la Blaise et la rivière d’Allichamps.

• L’usine Rostaing, créée en 1825 dans Louvemont même, comporta affinerie, marteau, deux cylindres crénelés pour obtenir des barres destinées à la clouterie, et un bocard à quatre pilons. Il y eut aussi un petit haut-fourneau de quatre mètres de haut, et deux lavoirs à bras. Ces installations fonctionnaient encore en 1865. Au haut-fourneau succéda une taillanderie dont les bâtiments existent encore.

• La forge du Buisson, située à 800 mètres en aval du village, date de la même époque que la précédente. Auparavant, en 1447, s’y trouvaient deux affineries complétées, un peu plus tard, par un haut-fourneau. Propriété de Leblanc en 1661, la forge composée d’un haut-fourneau, de trois affineries et d’un foyer de chaufferie en 1730, éteindra deux de ses feux d’affinerie l’année suivante. D’après la notice des Cahiers du patrimoine sur la Métallurgie en Haute-Marne, il y avait en 1827, sept ouvriers au haut-fourneau, vingt aux affineries, douze forgerons, six goujats et deux remplisseurs. En 1838, Danelle introduit l’affinage champenois. L’établissement produit 800 tonnes de fonte et 1 200 tonnes de fer en barres. Il comprend un haut-fourneau, deux fours à puddler, deux fours à réchauffer, quatre marteaux, un bocard avec patouillet, un bocard à crasses. Un second haut-fourneau de 10 à 12 tonnes, édifié en 1880, fonctionnera jusqu’en 1892. Il subsiste encore quelques bâtiments annexes, dont une grange datée de 1819 et la salle des machines (1881).

• Le Châtelier, site métallurgique mentionné en 1395, connut des hauts et des bas. En effet, tous ces hauts-fourneaux étaient des dévoreurs de forêt. Ne fallait-il pas, encore au milieu du XIXe siècle, 1,3 tonnes de charbon de bois pour obtenir une tonne et demie de fonte, soit 15 à 18 stères de bois par tonne de fonte. En 1729, cette usine comportait un hautfourneau, deux foyers d’affinerie, une chaufferie, une fenderie, un bocard avec patouillet. Sur requête des villes principales de Champagne se plaignant du prix excessif des bois, un arrêt du Conseil autorisa le Grand maître des Eaux et Forêts à faire démolir cette usine. Il n’en fut cependant rien, un arrêté du roi autorisant la poursuite de l’exploitation de l’usine en 1733.

En 1827, avec sensiblement le même équipement, le Châtelier produit par an 1 200 tonnes de fonte, 360 tonnes de fer en barre, 800 tonnes de fer martiné, 200 tonnes de fer fendu. En 1828, Adrien, maître de forge que l’on retrouve à Brousseval et Montreuil, équipe l’usine d’un four à puddler.
La forge passe ensuite entre différentes mains dont celles des Gény et des Danelle que l’on retrouve à Montreuil-sur-Blaise. En 1864, fut allumé un troisième haut-fourneau d’une production annuelle de 1 450 tonnes de fonte obtenues à partir de 3 800 tonnes de minerai lavé, de 1 700 tonnes de charbon de bois, préparé avec 25 000 à 30 000 stères de charbonnette. La famille Champenois, dernier et actuel propriétaire, y fabriqua des lingotières très réputées et des pièces mécaniques. L’usine fermera ses portes en 1980.
La halle de coulée, surmontée d’un lanterneau, existe toujours, ainsi qu’une grue-potence, la halle à charbon, l’habitation du maître de forges et des logements ouvriers (propriété privée).

• L’atelier de lavage de Monsieur Pansé, composé d’un bocard à six pilons et d’un patouillet fut construit en 1838 au sud du village, au droit du moulin. Le projet d’installation d’un haut-fourneau, présenté en 1855, resta sans suite.

L’atelier de lavage de Champ-Gerbeau date également de 1838. Édifié sur le ruisseau du Haubert par Geoffroy de l’Aigle, il comportait un bocard à huit pilons et un patouillet à deux huches.

52 – Louze (Haute-Marne) – Sur la Laines

Ce village, qui date du VIIe siècle, fut un ancien prieuré administré par les moines du Der. Pas d’activité industrielle connue.

M

52 – Maconcourt (Haute-Marne) – Près d’un affluent du Rongeant

Maconcourt fut propriété des moines de Saint-Urbain, mais ne semble avoir joué aucun rôle dans l’essor industriel du département.

52 – Magneux (Haute-Marne) – Sur les hauteurs entre la Marne et la Blaise

Les traces de métallurgie sont ténues dans ce village essentiellement marqué par Émile Baudot qui y est né en 1845. En 1876, Baudot invente un télégraphe imprimant extrêmement performant qui révolutionne les télécommunications. Selon Jean- Marie Chirol, « cet appareil permettait de multiplier la transmission des dépêches sur un même circuit et d’économiser des millions de fils télégraphiques dans le monde ». L’administration adoptera le télégraphe de Baudot.

52 – Maizières-lès-Joinville (Haute-Marne) – Vallée de la Marne

Des minières ont été exploitées aux lieux-dits La voie de Wassy, Bellory, Noyer et Marot. En 1845, il existait trois lavoirs à bras, alimentés par de l’eau pluviale. Béguinot signale également le bocard et le patouillet appartenant à André, maître de forge au Val d’Osne, dont la production annuelle était de 1 500 m3 de minerai lavé pour 4 000 m3 de minerai brut.
En 1858, Jolibois mentionne l’existence d’un lavoir à machine, mû par l’eau d’une fontaine, où six ouvriers traitaient le minerai de fer.
Il évoque également la carrière de pierre de Maizières, dont le grain fin imite le marbre par le poli.
À voir  : la série de fontaines qui agrémente le village.

52 – Mathons (Haute-Marne) – Entre Marne et Blaise

En 1218 Simon, Sire de Joinville, accorde à l’abbaye de La Crète un lieu dans la forêt de Mathons pour y établir une usine et y faire du charbon de bois. Le village s’est développé à partir des familles de charbonniers.
Entre 1850 et 1867, cinq lieux d’extraction minière furent exploités : Francemont, Les vieilles minières, La voie blanche, Le Cerisier, A. Bassat.

55 – Menaucourt (Meuse) – Vallée de l’Ornain

Construit en 1829, le haut-fourneau est arrêté au milieu du siècle. L’activité s’est rapidement orientée vers la seconde fusion jusqu’en 1897. On y a produit des tuyaux, des taques de cheminées, des foyers, des marmites.
À voir  : c’est le seul haut-fourneau de type ancien encore visible en Meuse. Il est en plein air, ce qui explique sa dégradation progressive (à la différence de celui de Dommartin-le-Franc, similaire, mais protégé). 12 mètres de haut, 15 à l’origine avec la cheminée, il était important : on peut voir sur le côté les traces de la roue à aubes qui, sur l’Ornain, actionnait la soufflerie. (Propriété privée : selon la saison, le site est plus ou moins visible, compte tenu de l’activité de l’agriculteur occupant les lieux).

55 – Menil-sur-Saulx (Meuse) – Vallée de la Saulx

L’activité (bocard à minerai au XVIe siècle) s’est orientée vers la fabrication d’instruments aratoires avant d’être transféré à Morley (entreprise Bernet-Charoy) en 1899. Vers 1912, on a fabriqué des brouettes.

52 – Mertrud (Haute-Marne) – Sur un ruisseau qui grossit la Voire

Jolibois rappelle que deux tuileries ont existé dans ce village qui appartenait à l’abbaye de Montier-en-Der.

52 – Moeslains (Haute-Marne) – Vallée de la Marne

L’histoire de Moeslains, qui remonterait au VIIe siècle, est essentiellement marquée par l’incendie destructeur allumé par les Impériaux lors du siège de Saint-Dizier (1544) et par la batellerie. Les produits sidérurgiques des usines des vallées de la Marne et de la Blaise partaient, soit du port au fer de Saint-Dizier, soit de Moeslains.

52 – Montier-en-Der (Haute-Marne) – Vallée de la Voire – CP (FR_52MOND)

Nœud de communication et lieu d’échanges commerciaux avec six foires qui ont existé jusqu’à la fin du XIXe siècle, Montier-en-Der, cité active et ouverte, est le petit Troyes de la Haute-Marne.
Ses liens avec la métallurgie sont le bois (Montier en avait 482 hectares en 1858) et le chemin de fer. L’essentiel des productions métallurgiques et artistiques de la fonderie d’art Durenne, puis Durenne et du Val d’Osne, partait de la gare de Montier.
Dans cette ville, on peut admirer un certain nombre de monuments et fontes d’art coulés à Sommevoire, en particulier dans le jardin public, dit jardin Linet, devant l’abbatiale ou sur la place Lebon (cf. article Fontes et idéologies à Montier-en-Der de Claude Leseur dans la revue Fontes n° 11).

55 – Montiers-sur-Saulx (Meuse) – Vallée de la Saulx – CP (FR_55MOSA)

Installées en 1545, les forges et fonderies sont représentées (outre Ecurey, écart de Montiers), par le lieu-dit Le Fourneau (où se trouve actuellement la salle polyvalente).
La fonderie la plus importante a été celle de Colas frères, maison installée à Paris (1864-1880) puis ensuite gérée par A. Turquet vers 1888. La production était de tuyaux, balcons et éléments de décor architectural.
Un bocard a été également en activité à la Malmaison, actuellement ferme en aval d’Ecurey.
À voir  : le petit Chaperon rouge. Dans les environs, sentier de découverte des minières. Ecurey (voir à cette rubrique).

52 – Montreuil-sur-Blaise (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise – CP (FR_52MONB)

La première forge y fut autorisée sous Louis XIII par ordonnance du 18 août 1621, confirmée par lettre patente de 1622. Elle comprenait en 1648 un haut-fourneau, deux affineries, une chaufferie et une platinerie. À la Révolution, la forge était dirigée par Contenot de Montreuil et produisait 350 tonnes de fer par an. Le haut-fourneau fut arrêté un temps et son transfert fut même autorisé à Brousseval par décret du 25 germinal de l’an IV ou 14 avril 1796. Il n’en fut rien cependant et la forge continua à fonctionner en affinerie sous la houlette de Jean-Baptiste Adrien, gendre de Lessertois, propriétaire de la forge sous l’ancien régime. En 1816, sous la direction d’Adrien, un haut-fourneau est reconstruit et sera utilisé jusqu’en 1890 environ. Un autre haut-fourneau, haut de quatorze mètres sera bâti en 1854 par Charles-Antoine Gény et Pierre-Gilles de Chanlaire, propriétaires de la forge depuis 1845. La production atteindra 2 000 tonnes de fonte par an à partir de minerais locaux. Le haut-fourneau dut être en service jusque vers les années 1880 car en 1892, il est précisé qu’il est arrêté depuis longtemps. Il sera démoli en 1925.
À la mort de Charles-Antoine Gény, l’usine de Montreuil sera dirigée, jusqu’en 1878, par son frère Léopold Gény qui était alors maître de forges au Tempillon. À son décès, ce célibataire léguera Tempillon et Montreuil à sa nièce Charlotte Gény, mariée à Edmond Capitain, lui-même maître de forges à Bussy. Léopold Gény était ainsi sûr de pouvoir « entendre de sa tombe son haut-fourneau fonctionner » !
Edmond Capitain gérera l’usine pendant douze ans. Le 1er mai 1892, elle sera louée à Messieurs Réveilhac et Suppot qui lanceront la fabrication des poêles Phares et d’appareils de chauffage à air chaud qui fut une grande réussite. L’usine devenue fonderie de seconde fusion fut modernisée vers 1925 et continuera son activité jusqu’en 1961, date à laquelle celle-ci sera transférée à Brousseval.
À voir  : il est possible de visiter la roue à aubes (1890) devant l’ancienne poêlerie, l’habitat ouvrier et la statue de Notre-Dame des Foyers.

52 – Montreuil-sur-Thonnance (Haute-Marne) – Sur les hauteurs, entre le Rongeant et la Saulx

Dans son dictionnaire, Jolibois évoque les « riches » mines de fer de Montreuil-sur-Thonnance. Elles y sont exploitées, entre 1825 et 1885, aux lieux-dits Bois Martenot, Sandeval, Grandes Minières, Grand Bois, La Fortelle, Les Lizières, Combe Jacquine, Gillaumont, La Combe Larcher et la Combe Colas, et alimentent, en particulier, les hauts-fourneaux de Manois. Montreuil compta jusqu’à quatre-vingts lavoirs à bras et deux bocards situés sur le ruisseau du village. La commune en possédait trente. Les autres appartenaient à des maîtres de forges comme Capitain ou Chollet.

52 – Morancourt (Haute-Marne) – Sur les hauteurs entre la Blaise et la Marne

Le sous-sol de Morancourt est particulièrement riche en minerai d’excellente qualité, dont les gisements sont à une faible profondeur (1,50 m à 8 m). Entre 1850 et 1883, on relève plus de quinze sites d’extraction dont le plus profond, la Fosse-les-Loups, était à huit mètres. Le minerai était extrait par les
maîtres de forges Villeneuve, Le Bachelé, Gény et Bourlon. Son rendement en fonte était de 42 %. Béguinot précise, par ailleurs que plusieurs ateliers de lavage étaient installés à Morancourt  : un bocard avec patouillet mus par des chevaux et installés à la Peute-Fosse, des lavoirs à bras et un bocard.

55 – Morley (Meuse) – Vallée de la Saulx – CP (FR_55MORL)

Des forges à fer existent depuis le Moyen-Âge. Au XIe siècle, Morley est doté d’un fourneau avec soufflerie sur la rive droite de la Saulx. En 1586, un deuxième fourneau est ajouté, géré par un maître de forges de Chevillon, puis de Dammarie. En 1603, Demenge Caillotel construit un nouveau fourneau sur la rive gauche, à l’endroit des forges actuelles. En 1810, un haut-fourneau est bâti, et l’usine, disposant de deux petits cubilots, opère en seconde fusion avec des fontes locales. La production se fait à la main et ne dépasse pas deux tonnes par jour. Exploitée à partir de 1845 par les établissements Vivaux et Cie, l’usine est la première à utiliser les gaz du gueulard pour activer la combustion. En 1885, elle ferme ses portes. Louis Bernet reprend les bâtiments en 1891 et les transforme en une fabrique d’instruments aratoires de grande renommée, en inventant un système de charrue qui porte son nom. L’usine arrête cependant sa production en 1960.
Le site (visible depuis la route) est devenu exploitation agricole.

52 – Mussey-sur-Marne (Haute-Marne) – Vallée de la Marne

En 1843, Capitain et Rémond édifient un haut-fourneau sur le ruisseau de Mussey, dont la production annuelle, jusqu’en 1870, sera de la fonte affinée par les forges de Doulaincourt.

N

55 – Naix-aux-Forges (Meuse) – Vallée de l’Ornain

Les forges dites de Naix sont l’exemple d’une forge domaniale : elles sont fondées au début du XVIIIe siècle par Nicolas Bailly, fermier général du comté de Ligny. Canal, étang, déversoir, écluse, chute d’eau sont créés sur l’Ornain pour assurer l’approvisionnement en eau toute l’année. Le bois vient des forêts du roi, le minerai des minières de Biencourt-sur-Orge. En 1790, la forge est vendue comme bien national à H. Lepage, maître de forges à Eurville. Elle emploie plus de 200 ouvriers et fabrique des munitions de guerre.
En 1810, la production est de 600 tonnes de « fer de guerre » et de 560 tonnes de « fer battu ». Les négociants Paillot rachètent l’usine en 1816 ainsi qu’une aciérie à Longeaux et le haut-fourneau de Ménaucourt. Jean-Baptiste Bradfer spécialise l’usine dans la production d’objets en fonte : tuyaux, gargouilles, plaques de foyers. L’activité passe sous l’enseigne Burnel en 1916 et s’arrête en 1975.
À voir  : près de la route et de la voie ferrée, on distingue les anciennes halles industrielles dont certaines sont en très mauvais état.

52 – Narcy (Haute-Marne) – Près des sources de la Cousance

Dans ce village où Béguinot relève des traces de bas-fourneaux, Bonnor et Viry ont extrait du minerai de fer, en grains et demi-roche, aux lieux-dits Le Sentier de Curel et Près le Chemin de Bienville. Une première installation de lavage fut installée sur l’étang. La seconde, en aval, était composée de deux lavoirs à bras, ainsi que d’un bocard à six pilons et d’un patouillet à deux huches actionnés par un manège de chevaux en raison de la faiblesse du débit de l’eau.
Narcy possède également des carrières de sable, utilisé par les fonderies locales, en particulier le Val d’Osne.

52 – Nomécourt (Haute-Marne) – Sur les hauteurs de la vallée de la Marne

Entre 1850 et 1883, le minerai de fer a été extrait par tranchées aux lieux-dits Le Boutonnier, Sainte-Colombe et le Champ-le-Blain. Aucune installation de concassage et de lavage n’est mentionnée à Nomécourt.

52 – Noncourt-sur-le-Rongeant (Haute-Marne)

Cinq sites d’extraction furent en activité jusqu’en 1884. Le minerai de Noncourt, comme celui de Poissons, était retiré d’excavations profondes dans des roches calcaires. Sur le site de La Barelle, à six mètres de profondeur, fut découvert un important gisement d’une vingtaine de mètres d’épaisseur sur quinze mètres de large qui fut exploité à l’aide de puits de deux mètres au carré. Les puits étaient boisés pour éviter les éboulements et les minerons remontaient le minerai avec des hottes, à dos d’homme ou par treuil.On y trouvait également des installations de bocardage et lavage du minerai.Trois forges, installées sur le Rongeant, ont existé à Noncourt  :
• La forge du Vieux Noncourt, en amont du village, est signalée dès la fin du XIIIe siècle. Au XVIIIe siècle, le haut-fourneau, avec bocard et patouillet, est la propriété du marquis de Reynel. En 1837, Pigorot l’exploite pour Leblanc et produit 800 tonnes de fonte par an. Dirigé par le marquis de Maupas en 1845, le
haut-fourneau sera éteint en 1861.
• « La Batterie » ou Forge Haute était initialement équipée pour battre (fabriquer) de la tôle. En l’an IV, « la Batterie » produit quatre-vingts milliers de tôle par an. Transformée par les frères Michel vers 1828, qui l’équipent d’un haut-fourneau et d’une affinerie, l’usine sera affermée par Symon, Dormoy et Chagot avant de passer aux mains du comte de Beurges en 1839. De ce site industriel fermé autour de 1880, il reste le bâtiment du haut-fourneau.
• La Forge Basse (1754-1865), située à 300 mètres en aval du village, produisait en 1784, sous la direction des frères Michel, 375 tonnes de fonte converties sur place en fer en barres. Reprise ensuite par Chagot, elle passe entre les mains du comte de Beurges en 1845. Composée d’un haut-fourneau, un four à puddler, un four à réchauffer et deux marteaux, elle sera renforcée par un second haut-fourneau en 1857. Une fonderie de fer lui succédera, qui cessera son activité en 1946.

52 – Nully (Haute-Marne) – Sur le Ceffondet

Jolibois signale des moulins, une tuilerie et une carrière dans ce village dont l’implication dans la vie métallurgique du département semble secondaire.

O

52 – Osne-le-Val (Haute-Marne) – Vallée de l’Osne – Sur les hauteurs de la Marne – CP (FR_52OSNE)

En plus de l’extraction minière en Forêt de Baudrey, une importante activité métallurgique y a régné de 1827 à 1986.
• L’usine de Louis Regnault-Thomas : en 1827 Regnault-Thomas installe, à côté du moulin, une affinerie avec forge et trois roues hydrauliques. En 1857, cette usine est transformée en fonderie de seconde fusion par Chutin et fonctionne environ dix ans, sous la direction de Saleur et Denonvilliers. À ce jour, il ne subsiste plus rien de cette installation.
• Le Val d’Osne : En 1836, à l’emplacement d’un ancien prieuré des Dames de Saint-Maur, Jean Pierre Victor André, ancien régisseur des forges de Brousseval et Thonnance-lès-Joinville, fait construire, en aval du village et sur le ruisseau de Curel, un haut-fourneau avec bocard et patouillet. C’est cet ensemble qui va devenir l’usine du Val-d’Osne, connue dans le monde entier pour ses productions de fontes artistiques. En 1837, un cubilot est installé et la production annuelle monte alors à 900 tonnes de fonte moulée (première et seconde fusion). En 1845, l’usine est complétée par un second cubilot et deux ateliers de moulage et deux machines à vapeur qui suppléaient les défaillances du ruisseau actionnant trois roues à aubes. André meurt en 1851. En 1856/57, un second haut-fourneau est construit par Barbezat, puis les cités ouvrières (1860) et un atelier d’usinage (1862). En 1867, l’usine est reprise par Fourment, Houille et Cie pour trois ans. Mignon, administrateur délégué et inventeur d’un brevet de galvanoplastie, lui succède. L’usine, avec cinq Wilkinsons se transforme alors en fonderie de seconde fusion. Comme ses prédécesseurs, Mignon obtient de nombreuses médailles aux Expositions universelles et développe une politique commerciale audacieuse, tant en France qu’à l’étranger. Il enrichit également le fonds de modèles en rachetant, en 1878, ceux de la fonderie d’art Ducel (Indre). En 1892, après une période de turbulences, le Val d’Osne est dirigé par Charles, puis Henri Hanoteau. À l’occasion de l’Exposition universelle 1900, le Val d’Osne coule toutes les entrées de métro Art nouveau de Guimard et deux des chevaux ailés, en bronze doré, du pont Alexandre III. Puis, la production en fontes d’art s’essoufflant avec les derniers monuments aux morts, le Val d’Osne réoriente sa production et est racheté, en 1931, par Durenne – société possédant déjà la fonderie d’art de Sommevoire et l’usine des Petits Champs à Wassy. Le Val d’Osne quitte la famille Durenne en 1976 et est repris par la Société Générale de Fonderie dont le dépôt de bilan en 1986 sonnera le glas de la plus prestigieuse et plus importante fonderie d’art du monde.
Les plus grands sculpteurs du XIXe siècle ont signé les modèles ou les monuments coulés au Val d’Osne, parmi eux : Jacquemart dont le lion garde toujours l’entrée de l’usine, Rouillard autre grand sculpteur animalier, Bartholdi, l’auteur de la statue de la Liberté de New York, Carrier-Belleuse, Diébolt, Salmson, Mathurin Moreau, administrateur du Val d’Osne, qui créera une centaine de modèles (statues, fontaines et objets décoratifs).
Les productions du Val d’Osne ornent les métropoles du monde entier. Un inventaire initié en 1990 a permis de retrouver des centaines d’œuvres produites par ses ouvriers et exportées sur tous les continents. La Ville de Rio de Janeiro, dont les 200 fontes d’art ont été récemment mises au jour après dix années de collaboration, vient de faire classer cette collection unique au monde.
À voir  : aujourd’hui, l’association des Compagnons de l’Histoire préserve la précieuse mémoire ouvrière du Val d’Osne et la fait revivre par des expositions et des coulées. On peut encore voir les bâtiments et le haut-fourneau de cette usine conçue pour fabriquer des fontes d’art, ainsi que la rue Barbezat où des ouvriers du Val d’Osne ont habité jusqu’en 1986.

P

52 – Pancey (Haute-Marne) – Vallée de la Saulx

Au milieu du XIXe siècle, Jolibois mentionne l’exploitation de mines de fer, un bocard et un haut-fourneau avec fonderie qui occupent une cinquantaine de personnes. Trois établissements métallurgiques ont existé à Pancey.
• L’atelier de lavage de Muel, avec six lavoirs à bras.
• L’atelier de lavage de Pernetty, gendre de Henrion de Pancey, composé d’un bocard avec patouillet et de quatorze lavoirs à bras…
• La batterie de tôles, fondée en l’an II et dont Henrion de Pancey est propriétaire, est composée d’un foyer de chaufferie et d’un martinet. En 1834, l’usine produit de la tôle pour scies. En 1840, avec l’introduction de la méthode d’affinage champenois et un haut-fourneau (1843), elle s’oriente vers la fabrication de fers en barre et de socs de charrue. Après une brève tentative de seconde fusion, l’usine s’éteindra vers 1880.

52 – Paroy-sur-Saulx (Haute-Marne)

En 1745, l’affinerie d’Échenay est transférée à Paroy, au lieu-dit Sous la Héronière. Propriété des Pimodan avant la Révolution, cette usine produisait annuellement 200 tonnes de fer à partir de la fonte du haut-fourneau d’Échenay. L’usine sera équipée d’un haut-fourneau en 1855, puis d’un cubilot en 1859. Dirigée par Dormoy-Denayer, elle s’éteindra autour de 1880. On peut encore y voir les logements ouvriers.

52 – Pautaines-Augeville (Haute-Marne) – Sur les hauteurs de la vallée de Biesle

Ce village, qui appartint dès le Xe siècle à l’abbaye de Saint-Urbain, se caractérise par la vaste étendue de sa forêt.

52 – Perthes (Haute-Marne) – Sur un ruisseau se jetant dans la Marne

L’histoire de Perthes est essentiellement marquée par sa destruction par les Huns, lors de la retraite d’Attila après la fameuse bataille des Champs catalauniques, et par le séjour de la reine Brunehaut.

52 – Planrupt (Haute-Marne) – Sur un ruisseau qui grossit l’Héronne

Aucune trace de métallurgie à Planrupt, ancienne seigneurie de l’abbaye de Montier-en-Der.

52 – Poissons (Haute-Marne) – Vallée du Rongeant – CP (FR_52POIS)

Des traces de forges à bras et à trait de cheval subsistent dans cette bourgade très ancienne, puisqu’en 961 les moines de Saint Urbain y pratiquaient déjà l’art du fer. Poissons a su garder une activité métallurgique pendant près de neuf siècles.On y dénombre quatre établissements  :
La forge  : en 1616, on extrait le minerai et une usine à fer est montée sur le Rongeant, composée d’un haut-fourneau et d’une affinerie. Puis, en 1763, est autorisée l’installation d’une fenderie. Entre 1772 et 1818, la forge appartient à Mollerat dont certains des descendants sont toujours, à ce jour, fondeurs haut-marnais  ! Selon Béguinot, l’usine emploie 30 ouvriers de service intérieur, 62 forestiers et 24 transporteurs… Elle produit annuellement 400 tonnes de fonte et 300 tonnes de fer à partir de 1 000 tonnes de minerai lavé et 1 170 tonnes de charbon de bois. L’usine est ensuite rachetée par le marquis de Maupas qui la modernise. En 1858, Voillaume est le nouveau propriétaire. Le haut-fourneau s’éteindra autour de 1880. Le site conservera une activité économique jusqu’au XXe siècle.
Une halle à charbon et quelques bâtiments subsistent.
Le haut-fourneau et le Bocard des Prés-Bas  : construits respectivement vers 1850 par Bourgeois (maître de forges à Sionne) et autour de 1841 par Muel, le haut-fourneau et le bocard seront sous la houlette de Depautaine en 1865. Après la fermeture du site autour de 1880, celui-ci sera reconverti. Aujourd’hui, on y fabrique des brosses.
Les deux autres établissements de Poissons sont le bocard et patouillet de Fleury et le bocard de Chenezonval.Les fontes de Poissons étaient réputées les meilleures de Champagne. Cette qualité était due au minerai. L’agglomération a compté jusqu’à neuf sites d’extraction au XIXe siècle. Le minerai se trouvait dans des excavations profondes dans des roches calcaires. Les conditions d’extraction étaient très difficiles étant donné la profondeur des gisements de minerai (20 mètres sous terre sur une largeur de 1 à 3 mètres) et la forme très sinueuse des poches.
Aux Lacets de Mélaire, on peut encore voir des excavations dont certaines atteignent une centaine de mètres de long sur, parfois, une vingtaine de mètres de profondeur.

52 – Pont-Varin (Haute-Marne) – Écart de Wassy – Vallée de la Blaise – CP (FR_52WASP)

Une mention toute particulière doit être faite pour le site de Pont-Varin qui fut le siège d’une extraction intensive de minerai de fer au XIXe siècle et jusqu’en 1922, date de l’arrêt de l’exploitation de ces mines dû à l’utilisation du minerai de Lorraine pour faire fonctionner, jusqu’en 1932 les hauts-fourneaux de Marnaval, derniers survivants de la sidérurgie haut-marnaise.
Pont-Varin fut la seule exploitation industrielle de minerai en Haute-Marne, les autres exploitations pouvant être considérées comme artisanales. L’extraction du minerai fut commencée par un nommé Philippart en 1856, qui dirigeait la Société d’exploitation des mines de fer de la Blaise. En 1875, il en cédait les établissements à une nouvelle société fondée le 28 mai 1875 et dénommée Société anonyme des mines de fer de Wassy et de la Blaise, mais avec la même direction. Très rapidement, l’extraction du minerai devient très importante. Vers 1895 on comptait environ quatre cent minerons à Pont-Varin et il fut extrait jusqu’à 700 à 800 tonnes par jour de minerai. L’extraction du minerai a été minutieusement décrite par Jean-Marie Chirol dans son livre Les Mines de Fer de Pont-Varin : « Le mineron creusait son puits, le palissait et le drainait afin d’éviter les éboulements et une humidité excessive et exploitait sa mine en piochant le minerai. Au fond de sa mine, il disposait d’une lampe à essence pour s’éclairer, d’une pioche pour détacher le minerai, d’une pelle pour charger ce minerai dans les paniers qu’il aura confectionnés et qu’il véhiculera sur un petit chariot. Son panier rempli était remonté à la surface, par un aide, grâce à une corde s’enroulant sur un tour supporté par la « chabraque »  : « 3 montants de bois réunis en faisceau et chevillés ».
« Le minerai était alors cubé puis lavé avant d’être transporté, dans des wagonnets, jusqu’au plan incliné menant à l’estacade où des péniches attendaient, sur le canal, leur chargement qui allait alimenter les hauts-fourneaux de Marnaval. Les puits de mines étaient rebouchés par la terre extraite et stockée au bord du puits ». Il ne reste plus beaucoup de vestiges de cette activité majeure dans la région. On peut cependant encore voir la maison du directeur, achevée en 1876, les cités ouvrières, quelques vestiges de l’estacade servant au chargement de minerai sur péniche. Sur les hauts de Pont-Varin, vers Voillecomte, existent des excavations remplies d’eau  : ce sont d’anciens trous de mines ou, pour les plus grandes, des étangs servant de réservoir pour le lavage du minerai.
Dès 1863 était apparue l’idée d’une voie navigable de Wassy à Saint-Dizier. Ce n’est qu’en 1879 qu’un texte législatif autorise la construction du canal après enquête étudiée par Louis Robert-Dehault, conseiller général, sénateur-maire de Saint-Dizier, Danelle-Bernardin, député, Émile Giros, négociant à Saint-Dizier et Edmond Capitain, conseiller général, maire de Vecqueville, entre autres. Les travaux du canal (poursuivis jusqu’à Brousseval) sont concédés à Festugière, maître de forges à Brousseval, puis aux forges de Marnaval, et débutent en 1880 sous l’impulsion d’Émile Giros. Le canal est mis en eau le 18 mai 1883. Long de 22,730 km, il avait un mouillage de 2,10 m et était à une seule voie, avec garage à chaque kilomètre.
En 1895, plus de mille bateaux sillonnèrent le canal dans l’année pour un tonnage de 185 000 tonnes. Le canal fut utilisé encore après l’arrêt de l’extraction du minerai à Pont-Varin et desservit une partie des usines de la vallée de la Blaise. Il fut partiellement bouché en 1940, après la débâcle, dans la partie voisine du terrain d’aviation de Saint-Dizier, pour permettre aux Stukas de l’aviation allemande d’atterrir. Dès lors, son activité est définitivement terminée et ne subsistent plus que, de place en place, quelques plans d’eau offerts aux pêcheurs ainsi que la digue des Leschères, à Wassy, qui alimentait le canal et constitue maintenant un des attraits touristiques de Wassy.

52 – Prez-sur-Marne (Haute-Marne) – Vallée de la Marne

Entre 1850 et 1867, Jacquot y a extrait du minerai de fer de bonne qualité, en tranchées, aux lieux-dits Montgérard, Bois Jeté, À Surbée et La Cototte. Béguinot indique que son rendement au lavage était de 50 % et son rapport fonte de 40 %.

52 – Puellemontier (Haute-Marne) – Près du confluent de l’Héronne et de la Voire

Comme pour la plupart des communes du Dervois, l’histoire très ancienne de Puellemontier ne croise pas celle du développement industriel du département.

R

52 – Rachecourt-sur-Marne (Haute-Marne) – Vallée de la Marne – CP (FR_52RACM)

C’est vers 1837, que les frères Jacquot font construire un haut-fourneau près de leur moulin situé sur la Marne, à environ 700 mètres du village. Très vite, la production va monter à 1 000 tonnes par an. En 1845, un second haut-fourneau est monté avec affinerie et laminoirs mus par deux turbines hydrauliques de 60 chevaux. L’usine produit alors 4 500 tonnes par an de fers en barre. En 1865, menée par Colas, l’affinerie se développe. En 1877 la forge est reprise par les Forges de Champagne. Il s’agit d’un « complexe » industriel impressionnant comportant un haut-fourneau, un bocard et un patouillet, seize fours à puddler, quatre fours à réchauffer, quatre trains de laminoirs, un atelier de construction et réparation, et 106 logements d’ouvriers. Le haut-fourneau fut éteint autour de 1880 mais la forge a continué son activité jusqu’en 1961, date de sa démolition.
Sur une partie de son emplacement, se trouve l’atelier d’étirage des tubes de Chevillon, fondés par Georges Robert-Dehault et Édouard Lang au début du XXe siècle. Cette entreprise a été rachetée par Vallourec.

52 – Rachecourt-Suzémont (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise – CP (FR_52RASU)

Très ancienne commune mentionnée au IXe siècle dans une charte de Charles le Chauve, confirmant les possessions des moines de Montier-en-Der, Rachecourt-Suzémont eut, dès 1264, son moulin à forge au Tempillon. En 1825, le haut-fourneau appartient à Danelle qui le tient de son beau-père Adrien. Les mines de fer furent exploitées de 1830 à 1870 par Berthelin, Gény, Danelle, Le Bachellé et Damas à la Croix-Fournier, dans les bois communaux. Les hauts-fourneaux seront exploités sans interruption, notamment par Bequin, Contenot, Gény, Chanlaire. Sous la direction de Léopold Gény et de de Chanlaire, un deuxième haut-fourneau est installé en 1850, ainsi qu’une machine à vapeur. Le haut-fourneau, dirigé après 1878 par Edmond Capitain est arrêté peu après 1880. Suivant un arrêté préfectoral du 13 janvier 1882 et du 31 juillet 1883, stipulant les conditions d’exploitation, par le Tempillon, des eaux de la Blaise, la poursuite d’activité de l’usine est autorisée. De 1890 à 1900 environ, le Tempillon, propriété de Madame Edmond Capitain, sera loué à une entreprise parisienne : les Établissements Berget-Barillot-Barillot et Jardvilliers successeurs. Cette entreprise, spécialisée dans l’installation d’écuries et de selleries, était établie 27, rue Marbeuf à Paris et possédait des ateliers et une usine à vapeur à Moulins dans l’Allier. Une lettre des Établissements Robert et Fils (rue de la Victoire à Saint-Dizier), laisse entendre qu’en 1895, cette entreprise de serrurerie utilisait les ateliers du Tempillon. Elle fabriquait des sonneries électriques, cordons à air, porte-voix, téléphones, appareils pour coffres-forts, ferronneries de bâtiment et clôtures. En 1910, après une période de léthargie, Tempillon est repris en location par Édouard Chalot, industriel originaire de Château-Salins et domicilié à Cousances-aux-Forges, pour fabriquer du matériel agricole et des pièces de mécanique, activité maintenue jusqu’en 1992 par la famille Chalot, devenue propriétaire du site en 1923. Dans l’état des lieux arrêté le 20 décembre 1911 au moment de la location des locaux à Édouard Chalot, il n’est fait mention que de l’ancienne halle du haut-fourneau.
Cette usine comporte des vestiges remarquables dont une roue hydraulique de trente-deux chevaux, construite en 1883 aux forges de Bussy-Vecqueville, contemporaine de celle de Montreuil-sur-Blaise, et une halle à charbon en bordure de route où l’on distingue les ouvertures par lesquelles le charbon de bois était déchargé.
À partir des documents prêtés par Claude Chalot, on peut compléter comme suit l’existence de cette très ancienne forge, tout en faisant ressortir l’importance du droit d’eau. En 1846, un procès fut intenté par la commune de Rachecourt à Charles-Antoine Gény exploitant le Tempillon tout en demeurant à Montreuil. En effet, des travaux de curage, faits par Gény sur un canal dont la commune de Rachecourt lui contestait la propriété, occasionnèrent toute une suite de jugements. L’affaire sera tranchée en 1847, condamnant Charles-Antoine Gény à construire un radier sur le lit de la rivière au niveau du pont de Rachecourt et déboutant la commune de sa demande de dommages et intérêts. Les frais de justice furent partagés à raison de deux tiers pour Charles-Antoine Gény et un tiers pour la commune de Rachecourt. À en juger par le procès intenté par la commune de Rachecourt, par l’arrêté préfectoral du 15 octobre 1883 (prescrivant entre autres l’édification de digues de 0,30 m de haut pour protéger les terrains avoisinants d’inondation) et par une lettre écrite par Edmond Capitain aux Établissements Jardvilliers à Tempillon (1er septembre 1899), il semble que les relations avec les communes de Rachecourt et Suzémont aient toujours été quelque peu tendues. Tantôt il était reproché au Tempillon d’être la cause d’inondations des terrains riverains de la Blaise, tantôt le Tempillon protestait contre des décisions des communes qui voulaient surélever des retenues d’eau leur appartenant, ou détourner partiellement l’eau de la Blaise. (À relire : l’article de Sophie Pêche dans le numéro 44 de la revue Fontes).

(Rachecourt-sur-Blaise devient Rachecourt-Suzémont suite à sa fusion avec Suzémont le 01/01/1969)

55 – Robert-Espagne (Pont-sur-Saulx) (Meuse) – Vallée de la Saulx – CP (FR_55ROBE)

Le site est ancien (1549) et est occupé actuellement par des entreprises. Le fourneau a produit des obus pendant la Révolution (An III), puis ont été ajoutés en 1845 des hauts-fourneaux, patouillets, bocards, marteaux, affinerie qui ont pris la suite d’un haut-fourneau construit en 1749.

52 – Robert-Magny (Haute-Marne) – Der

Au XVIe siècle, l’abbaye de Montier-en-Der y exploitait une forge, au sud du hameau de Billory, dont on peut encore voir quelques ruines, notamment le bief.

52 – Roches-sur-Marne (Haute-Marne) – Vallée de la Marne

Des mines de fer ont été exploitées à Roches par Rozet et Menisson, de 1850 à 1856 aux lieux-dits Champ Chevalier, Fosse Fadoue, Côte aux Chats.
Une forge dite de « Roches-sur-Marne » située entre les villages de Chamouilley et Roches fonctionna de 1834 à 1990 environ (cf. Chamouilley).

52 – Roches-sur-Rognon (Haute-Marne) – Vallée du Rognon – CP (FR_52ROCR)

Une forge occupant cinquante ouvriers et un haut-fourneau au hameau de Cultru sont signalés en 1858 par Jolibois. Béguinot mentionne l’existence d’une forge en 1719. Autour de 1772, cet établissement comporte un haut-fourneau et une affinerie appartenant au comte de Rennepont, qui produisent annuellement 385 tonnes de fonte et 300 tonnes de fer. En 1801, Dépon dirige le haut-fourneau de Cultru et deux affineries. En 1837, l’usine produit 900 tonnes de fonte et 300 tonnes de fer. En 1841, Capitain transforme l’affinerie en forge anglaise et la production s’élève à 1 500 tonnes de fer. En 1880, l’usine fonctionne toujours mais le haut-fourneau est éteint. L’usine se reconvertira et fabriquera ensuite du treillage.

52 – Rouécourt (Haute-Marne) – Sur les hauteurs entre Marne et Blaiseron

Ni forêt, ni minières dans ce petit village culminant à 331 mètres.

52 – Rouvroy-sur-Marne (Haute-Marne) – Vallée de la Marne

Aucune mention d’activité métallurgique dans ce village qui appartint à la maison de Joinville.

52 – Rupt (Haute-Marne) – Sur le Sombreuil, affluent de la Marne – CP (FR_52RUPT)

Dans le petit cimetière de Rupt, reposent les familles Gény, Capitain, Ferry et Lang qui jouent depuis deux siècles un rôle prépondérant dans le développement de l’industrie locale.

S

52 – Sailly (Haute-Marne) – Sur un affluent du Rongeant

Béguinot signale l’exploitation d’une mine de fer en 1823, par les frères Michel, au lieu-dit Bois Bouché. Il évoque également, dans son ouvrage sur la métallurgie haut-marnaise, une installation de lavage de minerai composée d’une chaîne de dix lavoirs à bras appartenant au comte de Beurges. Le minerai lavé alimentait les hauts-fourneaux de Noncourt, Écot, La Crête et Manois.

52 – Saint-Dizier (Haute-Marne) – Vallée de la Marne – CP (FR_52STDI Centre) et CP (FR_52STDM Marnaval)

N’oubliez pas de chercher les monuments importants de la localité sur notre base e-monumen.net

Entrez dans cette base soit le nom de la commune, soit le code postal…Quatre repères importants  : l’épée de la Tène à Hallignicourt, les crasses du site des Crassées, (1er siècle ap. J-C) la batterie de bas fourneaux du Chêne Saint-Amand du haut Moyen-Age, et le bas fourneau de l’époque mérovingienne du côté de l’Argente Ligne, attestent de l’antiquité métallurgique de la ville  : c’est une histoire qui reste à approfondir.
Située sur la Marne, au nord du gisement de minerai, la ville de Saint-Dizier va profiter pleinement de l’industrie métallurgique haut-marnaise, tant par sa position de port fluvial que par son raccordement, en 1854, au chemin de fer. Elle va vivre également un essor très important qui va bouleverser son mode de vie et confirmer une vocation industrielle à laquelle elle reste fidèle. Le port de la Noue servait de relais entre les transports hippomobiles et fluviaux. Déjà, en 1775, un important chantier de construction navale et de réparation existait à la Noue. Il y eut jusqu’à 2 000 ouvriers travaillant au port de Saint-Dizier. Les transports sur la Marne se faisaient alors par bateaux appelés des Marnais ou Marnois, à fond plat et faible tirant d’eau, ou par brêles : embarcations constituées de bois brêlés au moyen de cordages formant des plateaux de 12 à 24 mètres de long sur 6,5 mètres de large et 0,40 mètre de tirant d’eau, sur lesquelles étaient chargés les produits métallurgiques. Ces brêles étaient souvent accouplées par huit pour former un train. Il n’était pas rare, à l’époque de voir 25 à 30 trains se suivre. Ce mode de transport n’était pas très rapide puisqu’il fallait compter 8 à 10 jours pour gagner Vitry-le-François. En 1860, 40 000 tonnes de fonte ouvrée ou fer en barre, 9 000 000 de m3 de sciage et 8 000000 de stères de bois de charpente transitèrent par le port de la Noue sur brêles. En 1850, le département de la Haute-Marne est le premier producteur de fonte en France mais aussi le premier producteur de minerai. On peut donc aisément imaginer l’intense activité de transport qui régnait à Saint-Dizier où la profession de marchand de fer était courante. Ainsi, par exemple, les Forges de Denain, dans le Nord, exploitaient vers 1860 les minières du lieu-dit Fosse Fadoue dans la forêt du Val et faisaient acheminer le minerai vers les cinq hautsfourneaux de Denain et Anzin. Les canaux de la Marne à la Saône et de la Marne au Rhin ne furent construits que lors du déclin de la métallurgie haut-marnaise et ne contribuèrent pas à son essor.
L’industrie métallurgique, quant à elle, se manifeste par de nombreux établissements.

FORGE GILLET ET BONNEMIRE
Construite en 1450 pendant la guerre de Cent Ans, alors que Charles VII est roi de France et le duc de Bourgogne plus puissant que son suzerain, cette forge serait le plus ancien établissement industriel de Saint-Dizier. Située sur l’île des Dévotes, au confluent de la Marne et de l’Ornel, elle durera jusqu’en 1680. Puis, sous la Révolution, en 1793, au même emplacement, s’installera la forge « La Foudroyante » dont la spécialité était la rebatterie de boulets de canon en fonte (invention apparue en 1450). Cette usine comprenait un haut-fourneau, deux foyers d’affinerie, deux marteaux, deux martinets, une fenderie et un bocard. Son activité fut très contestée par les habitants de Saint-Dizier (Belle-Forêt-sur-Marne sous la Révolution) à cause de la pénurie de bois qu’elle contribuait à aggraver. La forge fut arrêtée en 1798 et démolie en 1808 pour faire place à l’Hôpital spécialisé André Breton.

CLOS-MORTIER
Par lettre patentée de septembre 1575, le roi Henri III autorisait le sieur Jean Buat, marchand à Saint-Dizier, à construire au Clos Mortier une forge à fer et « acyer ». Cette autorisation fut confirmée le 14 janvier 1605 par Henri IV. Située sur la Marne à 1 200 mètres en amont du pont la franchissant, cette forge disposait en 1730 d’un haut-fourneau avec affinerie et fenderie produisant 450 tonnes par an de fonte convertie en fer marchand. Jean-Hubert Rozet acquiert l’usine en 1798. En 1827, une tréfilerie est adjointe. La production est de 630 tonnes de fonte en gueuses, 450 tonnes de fer en barres, 200 tonnes de fer fendu et 60 tonnes de fil de fer. En 1835, sous la direction de Jules Rozet (neveu de Jean-Hubert) et Menisson, un second haut-fourneau est construit, élevant la production de fonte à 2 000 tonnes par an. Entre 1845 et 1850, une deuxième forge dite des Lachats est construite au lieu-dit la Fosse Cadet, sur la rive droite de la Marne. Elle comporte un haut-fourneau, cinq fours à puddler, deux fours à réchauffer, trois trains de laminoirs, une presse, deux roues hydrauliques. Vers 1855, un troisième haut-fourneau est construit dans l’usine d’origine. En 1865, le site industriel du Clos-Mortier compte quatre hauts-fourneaux, huit fours à puddler, quatre fours à réchauffer, une presse, cinq trains de laminoirs mus par quatre roues hydrauliques et deux machines à vapeur. Cette usine fonctionna avec cet équipement jusqu’en 1914, puis fut reconvertie en tréfileries chaînetier dont l’activité cessera le 1er juillet 1976. Il reste peu de vestiges du Clos-Mortier  : la chaînerie est devenue le centre commercial, le bocard et le patouillet ne sont plus que des noms de rues, le casse-fonte est un terrain vague. La création du canal d’amenée d’eau au lac du Der a modifié le paysage et coupé les anciennes voies de communication. Seules quelques anciennes habitations ouvrières et de direction contrastent avec les lotissements coquets et récents. Grâce à L’étude historique et statistique sur Saint-Dizier de l’abbé Didier, établie en 1897, on peut établir la liste des propriétaires du Clos-Mortier depuis l’origine : 1574 : Jean Buat crée la forge du Clos-Mortier, 1615 : Hugues Buat, fils de Jean, exploite celle-ci. 1639 : Le Clos-Mortier passe à Jacques Legrand. 1702 : Laurent Certain, époux de Marguerite Paillette, achète l’usine. 1798 : toujours exploitée par la famille Certain, l’usine passe aux mains de la famille Rozet, originaire de Blécourt. L’usine est ensuite dirigée par les familles Jobez, Lambour et Zeller. En 1976, l’usine est reprise par le groupe Chatillon-Commentry qui la ferme.

MARNAVAL – LES FORGES DE CHAMPAGNE
Autorisée par Henri IV en 1603, cette forge se trouve à deux kilomètres en amont du Clos Mortier, sur la Marne. Henri IV était attendu par Jean Baudesson, échevin de Saint-Dizier, qui souhaitait construire une forge à Marnaval. La garde du Roi, voyant ce dernier et trompé par sa grande ressemblance avec le Souverain prit les armes et battit Aux champs. Henri IV, arrivant au même moment mit la tête à la portière en s’écriant « Ventre Saint-Gris, y a-t-il deux rois ici ? », puis, frappé par cette extraordinaire ressemblance, dit à Baudesson : « Votre mère ne serait-elle pas allée en Béarn ? », « Non, sire, répondit l’échevin, mais mon père a beaucoup voyagé ». Amusé par cette répartie, Henri IV accorda à Baudesson l’autorisation de construire l’usine de Marnaval.
En 1731, cette forge comprenait un haut-fourneau et quatre affineries pour une production de 375 tonnes par an de fers en barres. Mais, tout comme le Châtelier à la même époque, l’usine était surveillée par le Grand maître des Eaux et Forêts de Champagne ainsi qu’en témoigne un arrêt du 18 août 1731, réglementant l’usage du charbon de bois et prescrivant ce qui suit à la Forge dite Baudesson ou Marneavalle  : « une seule affinerie sera maintenue en activité, deux autres affineries seront transformées en deux feux d’asséries pour produire du carillon (barres de fer carré de 8 à 16 mm de côté), spécialité très appréciée de cette forge ».
En 1772, avec le même équipement réduit, l’usine produit 500 tonnes de fonte et 315 tonnes de fer par an. En 1818, Marnaval comprend un haut-fourneau, trois affineries, un martinet et un bocard. Cette usine employait alors 24 ouvriers d’usine, 10 minerons, 60 forestiers, 17 charretiers pour une production annuelle de 300 tonnes de fonte et 200 tonnes de fer obtenue à partir de 750 tonnes de minerai lavé et 970 tonnes de charbon de bois. En 1825 sont introduits quatre fours à puddler remplaçant les affineries. L’étirage du fer se fait toujours au marteau (méthode champenoise). En 1840, l’usine appartient à Becquey et Colette de Baudicourt qui produisent 1 500 tonnes de fer par an avec un haut-fourneau, trois chaufferies, trois marteaux de 350 kg, un martinet de 120 kg, un bocard à mine avec patouillet et un bocard à crasses.
En 1855, la forge comprend trois hauts-fourneaux et en 1860, sous la direction de Becquey, une forge anglaise est construite, composée de sept fours à puddler, trois fours à réchauffer et quatre trains de laminoirs, alimentés par trois hauts-fourneaux et mus par deux roues hydrauliques et deux turbines. En 1871, l’usine est reprise par Émile Giros et prendra dès lors un grand essor sous l’appellation de Compagnie des Forges de Champagne. Jusqu’à 2 000 personnes y travailleront. En 1872, est installé un grand haut-fourneau tandis que les deux plus anciens sont arrêtés en 1878. Une autre forge à laminoirs est construite sur la rive gauche de la Marne et, à la fin du XIXe siècle on comptait à Marnaval quatre hauts-fourneaux, dix fours à puddler, quatre marteaux-pilons, sept trains de laminoirs, une tréfilerie, une aciérie avec four Martin, qui permettaient à cette usine d’être fournisseur de l’artillerie, de la marine, des chemins de fer, etc.
Tout comme celle d’Eurville, l’usine de Marnaval fut frappée, le 31 mars 1883, par un terrible accident dû à l’explosion d’une chaudière à vapeur, qui fit 30 morts et 60 blessés. L’emploi des machines à vapeur, chauffées par les gaz de récupération était une technique couramment utilisée. La vapeur représentait une force motrice qui suppléait les insuffisances de débit des cours d’eau. Dans les années qui suivirent le drame de Marnaval, on supprima neuf des dix-sept chaudières chauffées par les gaz des fours à puddler. Bientôt, les moteurs à explosion et l’électricité viendront débarrasser les forges de ces machines à vapeur. On peut encore citer le drame de Rimaucourt du 10 novembre 1884 : 8 morts et 2 blessés ; celui de Clairvaux en juillet 1873 : 12 morts et 9 blessés.
Émile Giros sera assisté de ses neveux Georges Robert-Dehault et Édouard Lang qui lui succéderont à sa mort en 1894. Les Forges de Champagne seront ensuite reprises par les Aciéries de Micheville, sous la direction d’Émile Ferry, puis l’usine passera sous le contrôle de Sidelor, Usinor-Sacilor, Unimétal, aujourd’hui Arcelor, partageant avec les grands groupes sidérurgiques lorrains une mutation technologique et des reconversions douloureuses.
L’usine était alimentée en minerai de Pont-Varin amené par péniches grâce au canal de Wassy à Saint-Dizier. L’exploitation des minières de Pont-Varin fut arrêtée en 1922. Les hauts-fourneaux continuèrent
cependant leur activité jusqu’en 1932 avec du minerai, dit de Micheville, puis de façon tout à fait éphémère de 1939 à 1940, date qui marqua l’arrêt définitif des derniers hauts-fourneaux haut-marnais. L’activité de l’usine s’est cependant poursuivie après 1940 à partir de fontes importées de Lorraine et de ferrailles pour obtenir du fer et de l’acier. La dernière coulée eut lieu le Vendredi Saint de l’année 1958.
En 1979, on pouvait encore voir à Marnaval les vestiges des deux derniers hauts-fourneaux après leur démolition. La cokerie et d’autres bâtiments, au bord du canal ont été démolis vingt ans plus tard.
Actuellement, le site de Marnaval appartient à Tréfileurope et est composé de  :
– La tréfilerie qui produit 2 000 tonnes par mois de fil étiré, frappé à froid et recuit sous vide dans des fours en forme de cloches qui sont chargées grâce à des plates-formes montées sur vérins. La modernisation de ces installations a supprimé un grand nombre de manutentions.
– La transformation du fil machine, à froid.
– La pointerie : celle de Marnaval serait la plus importante d’Europe avec une production de 1500 à 2000 tonnes de pointes par mois.
La production est extrêmement variée et utilise des fils en acier ou en laiton. La diversité des modèles de pointes est remarquable. La production, depuis le choix du fil et le type de clou jusqu’à son emballage et son stockage est hautement automatisée.
L’activité de treillis soudé, reprise par la société Bekaert, semble devoir arrêter prochainement.
D’autres bâtiments ont été transformés en friches industrielles et abritent différentes entreprises, en particulier le Groupe Manhattan qui fabrique du mobilier métallique pour les administrations.
On ne peut quitter Marnaval sans aller voir l’église. De style néo-roman avec deux tours, elle est unique en son genre parce qu’exclusivement construite avec les scories des usines (laitier) transformées en briques par un procédé récemment inventé. C’est Émile Giros qui la fit construire. Elle est dédiée à Saint Charles et fut inaugurée le 2 juin 1895. Le lundi 3 juin 1895, un service anniversaire de la mort d’Émile Giros (décédé en 1894) était célébré. Il repose depuis cette date dans le petit cimetière de Marnaval, « au milieu de ses ouvriers », à la place qu’il avait lui-même indiquée.

LA FORGE NEUVE OU FORGE ANGLAISE
La Forge neuve fut construite en 1844, au lieu-dit Le Bas des Crassées, par Adam, Huin, Drouot et compagnie à environ 600 mètres en aval du Clos-Mortier, mais non sur la Marne. Douze fours à puddler, six fours à réchauffer, deux affineries et les laminoirs de l’usine permettaient de produire annuellement 6 000 tonnes de fer laminé. Reprise par Guyard, Gény et Cie, l’usine fait faillite en 1868. Elle sera reprise par le Clos-Mortier.

USINE DITE « DES CRASSÉES »
Construite en 1855 par Leclerc, à mi-chemin entre le Clos-Mortier et la Forge Neuve, cette usine comprenait un haut-fourneau, une soufflerie mue par une machine à vapeur. Il était prévu que cette usine produise 1 000 tonnes par an de fonte en gueuses. Comme la précédente, cette usine, toujours en service en 1865, disparaît sans laisser de trace.

LA FORGE SAINTE MARIE
Créée en 1859 par Bonnor, Malgras et Royer, cette forge anglaise se situe sur l’actuelle avenue du Général-Sarrail, en bordure de l’Ornel. Elle comprenait à sa création quatre fours à puddler, quatre fours à réchauffer, quatre laminoirs mus par une machine à vapeur et une cisaille. La production était de 6 000 à 7 000 tonnes de fer laminé par an. En 1860, Sainte-Marie comporte huit fours à puddler à la houille. En 1862, elle employait 140 ouvriers. En 1894, la société « les Fils de Peugeot, aîné et Cie » achète l’usine en 1894 et la rénove en installant une activité de quincaillerie, laminage et tréfilage employant 350 personnes. Liquidée en 1902, l’entreprise sera reprise par la S.A. des Usines de Gravigny pour y faire du laminage à froid. Cette entreprise, devenue Etilam, fait partie du groupe P.U.M. et fabrique des produits diversifiés à partir de feuillard laminé à froid. Une partie des bâtiments industriels et les grands bureaux en brique et pierre datent de 1894.

ACIÉRIES HACHETTE ET DRIOUT
En 1869, deux beaux-frères Hachette et Driout, s’associent pour diriger une fonderie de cuivre, sise rue des Écuyers, fondée en 1750 par Caunois, ancêtre de la femme de Hachette. En 1880, ils déménagent à nouveau pour s’installer route de Bar (avenue du Général Sarrail). La fabrication est orientée vers la grosse chaudronnerie, les chaudières, bouilleurs et appareils pour forges et hauts-fourneaux. Ils fabriquent également des ponts et des charpentes métalliques. En 1894, Hachette et Driout y ajoute un nouveau système d’aciérie consistant à fabriquer de l’acier moulé à l’aide d’un convertisseur Bessemer. C’est l’une des premières aciéries en France.
En 1972, l’entreprise se dote de fours électriques à arc. En 1986, elle acquiert un convertisseur AOD (il y en a alors douze dans le monde) afin de faire des aciers spéciaux. D’autres investissements vont accompagner sa stratégie de développement.
Aujourd’hui, cette aciérie est dirigée par un descendant d’Adolphe Driout et fabrique des pièces d’acier moulé pour les travaux publics, l’énergie, l’industrie ferroviaire… En 2002, 500 personnes y produisent 10 000 tonnes de pièces par an.

FONDERIES DE SAINT-DIZIER
En 1876, Leclerc construit une fonderie de seconde fusion, située aujourd’hui rue Waldeck-Rousseau. Leclerc est un fabricant de lits et meubles en fer. Celui-ci loue l’usine à Saleur (originaire du Val d’Osne), qui crée les établissements Saleur Jeune.
En 1883, l’entreprise administrée par la SA des Fonderies de Saint-Dizier fabrique des fontes d’ornement. Elle sera choisie par l’architecte d’art Hector Guimard pour réaliser toutes ses fontes de bâtiments : balcons, appuis de croisée, panneaux de porte, grille de soupiraux, entourages de cheminée, porte-parapluie, fontes funéraires, etc. réunies dans un catalogue Art nouveau rare. Philippe Thiébaut, conservateur au musée d’Orsay, dans son ouvrage Guimard, l’Art nouveau (Découvertes Gallimard), note que « les techniciens qu’il emploie témoignent d’un savoir-faire époustouflant… et indispensable, car le style Guimard ne peut que pâtir d’une exécution approximative ou relâchée. Seule une finition irréprochable traduit fidèlement la fluidité et l’harmonie de ses jeux de lignes ».
En 1916, à la suite du rachat de l’usine de Bayard par la famille Chatel, l’entreprise devient S.A. de Bayard et de Saint-Dizier et redeviendra Fonderies de Saint-Dizier après la cession de Bayard à Pont-à-Mousson.
Aujourd’hui, les Fonderies de Saint-Dizier, au cœur d’un groupe de cinq entreprises, se sont réorientées vers la production de matériel de voirie, assainissement, hydraulique, chaudronnerie et équipement industriel, notamment des séparateurs à hydrocarbures.
L’office du tourisme de Saint-Dizier a créé un circuit Guimard – Art nouveau, dont les fontes les plus représentatives sont à voir en ville et au musée (dépliant à l’OT-SI).

FONDERIE VALFOND ET ENTREPRISE MCCORMICK
Après la première guerre mondiale, la famille Champenois créée une nouvelle entreprise de machinisme agricole au Clos Saint-Jean, profitant ainsi de la proximité de la voie ferrée et du canal. Celle-ci fonctionnera jusqu’en 1939-1940.
En 1950, l’usine reprise et réhabilitée par une entreprise américaine, lance, sous le label CIMA, la fabrication de tracteurs Farmall C. En 1956, sa production est de 16 584 tracteurs et 11 764 moteurs diesel fabriqués depuis 1954. En 1959, 3 400 salariés travaillent à Saint-Dizier et la CIMA devient International Harvester France. En 1965, elle se lance dans la fabrication du tracteur « Marché commun » (l’usine stockait jusqu’à 3 000 tracteurs, achetés par les agriculteurs dès le versement des subventions du Marché commun. Il arrivait que l’usine ne fasse pas face à la demande !).
En 1985, IH est racheté par Tenneco et fusionne avec JI Case. JI Case fusionne à son tour avec Poclain en 1987 et Saint-Dizier devient l’usine française la plus importante du groupe. Un an plus tard, elle se spécialise dans les transmissions pour chargeuses pelleteuses et tracteurs agricoles. En 1990, le groupe investit 800 millions de francs à Saint-Dizier afin de fabriquer annuellement 38 000 transmissions qui alimentent les cinq usines Case IH implantées en Europe. 2 150 salariés y travaillent. Le nouvel atelier flexible est à la pointe de la technologie. La fabrication du dernier tracteur (450 0000 fabriqués à Saint-Dizier) est programmée. En 1994, Case cède sa fonderie au groupe Valfond. En 1998, Case Saint-Dizier se restructure en se spécialisant dans les transmissions MX destinées aux tracteurs de forte puissance. En 1999, le site est repris à 50 % par New Holland et emploie 1 200 personnes. Le tiers des effectifs est menacé par un plan de licenciement. La production des transmissions a chuté à 16 000. De son côté, la fonderie Valfond lance également un plan social touchant le tiers des emplois. En janvier 2001, l’Italien Landini rachète Case et l’usine passe sous le contrôle de McCormick France, fabriquant toujours des transmissions CX et MX, mais aussi des pièces de rechange. L’effectif est de 741 personnes. En 2002, Valfond et ses 200 salariés sont au tournant d’un nouveau destin qui passe par de lourds investissements, largement aidés par les collectivités, afin de maintenir l’emploi et respecter les normes environnementales.

LES AUTRES USINES DE SAINT-DIZIER
Bien d’autres usines existent ou ont existé à Saint-Dizier. Les chroniqueurs du XIXe siècle en listent une trentaine qui font travailler 4 000 personnes. À l’aube du XXIe siècle, Saint-Dizier reste « le poumon économique » du département avec un tissu de vingt-cinq entreprises métallurgiques, petites et moyennes, qui emploient environ 2 500 personnes : le quart de la branche métallurgie plasturgie haut-marnaise qui compte cent entreprises et 10 000 salariés.

55 – Saint-Joire – Laneuville-Saint-Joire (Meuse) – Au confluent de l’Ornain et de l’Ormançon – CP (FR_55STJOI)

Les deux vallées ont accueilli plusieurs sites métallurgiques.
À Saint-Joire, la Société des chéneaux et tuyaux en fonte Bigot-Renaux, a été la grande entreprise de 1907 à 1926, après avoir été exploitée notamment par la famille Grosdidier, bien connue à Commercy. Mais cette activité s’inscrit dans une durée beaucoup plus longue puisqu’elle a été fondée au XVIIIe siècle pour arrêter dans les années soixante. Elle comptait 200 ouvriers en 1954.
À voir : si de l’usine, aucun bâtiment n’est réellement parlant, on peut voir la chapelle consacrée en 1954, la cité ouvrière avec logements, bains-douches, salle des fêtes, terrain de sports et école.
Abbaye d’Evaux (écart)
Un fourneau a existé sur l’Ormançon avant 1193. À l’emplacement de l’abbaye démolie qui possédait son haut-fourneau, une forge est construite en 1813. De nouveau, en 1837, on fabrique de la fonte au charbon de bois et à l’air chaud (300 °C).
Vallée de l’Ormançon : concentrations d’anciens bocards.

52 – Saint-Urbain (Haute-Marne) – Sur un affluent de la Marne

Du minerai de fer y a été extrait au lieu-dit Bonneval par Raulot qui y fit installer un bocard et un patouillet fournissant annuellement 700 m3 de minerai lavé au haut-fourneau de Donjeux.

52 – Sainte-Livière (Haute-Marne)

Voir Éclaron, Braucourt.

52 – Saucourt (Haute-Marne) – Vallée du Rognon – CP (FR_52SAUC)

La création de l’usine remonterait au XVIIe siècle. Avant la Révolution, elle appartenait à la marquise de Lespéroux. En 1818, l’établissement comprend un haut-fourneau, deux affineries, deux bocards et patouillets. Vingt et un ouvriers assurent une production annuelle de 562 tonnes de fonte. En 1834, Guénard remplace les foyers d’affinerie par des fours à puddler et deux foyers de chaufferie à la houille, mais poursuit l’étirage du fer au marteau, selon la méthode champenoise. En 1876, l’usine est reprise par André Jacquemin, (propriétaire d’un autre établissement à Andelot) qui la transforme en tréfilerie et fabrique des fils d’acier doux ronds, carrés, plats, demi-ronds, clairs, recuits, galvanisés, étamés, des petits feuillards laminés à froid et installera par la suite un train continu spécial pour le laminage à chaud de petits profils et de feuillards d’acier doux. La famille Jacquemin exploitera Saucourt jusqu’à la fin du XXe siècle.

52 – Saudron (Haute-Marne) – Canton de Poissons – A la limite de la Haute-Marne et de la Meuse

Aucune trace de métallurgie n’est relevée dans ce village, dont la vocation controversée s’oriente vers le traitement des déchets radioactifs.

51 – Sermaize-les-Bains (Marne) – Vallée de la Saulx CP (FR_51SERM)

La localité s’appelait autrefois Sermaize-sur-Saulx.
Crée en 1838 par Jacquot et Hannotin, à Sermaize-sur-Saulx pour transformer le minerai de fer local en produits marchands, l’entreprise rencontre des difficultés de fonctionnement jusqu’à sa reprise, en 1871, par Claude-Léon Denonvilliers. En 1877, il s’associe avec son fils Maurice et son gendre Saleur, fondeur originaire du Val d’Osne. En quête de débouchés, Maurice Denonvilliers oriente la production vers les fontes de bâtiment, l’éclairage public, la statuaire profane et religieuse. Son engagement dans le catholicisme social lui ouvre de nombreuses portes et l’une de ses œuvres est au Vatican.
Denonvilliers constitue un fonds d’environ 500 modèles, De belles commandes publiques sont à signaler  : le Bœuf par Caïn, l’Asie par Falguière et l’ Amérique du Sud par Millet pour le Trocadero, cadre de l’Exposition universelle de 1878, aujourd’hui sur le parvis du musée d’Orsay ; le monument Lafayette à Washington à quelques pas du Capitole.
En 1895, les fondeurs Capitain et Salin rachètent l’usine de Sermaize et la ferment en 1899, se partageant le fonds de modèles qu’ils continueront à éditer.
À voir  : les restes de l’ancienne fonderie où les équipements hydrauliques et des bâtiments divers, dont les cités ouvrières, sont les seuls souvenirs de cette époque.
L’hôtel de ville (style années vingt), et à proximité sur la place, une fontaine en fonte et une urne peu commune ornée de deux têtes de coq sur une autre fontaine en pierre.

52 – Sommancourt (Haute-Marne) – Sur les hauteurs de la Blaise et de la Marne

Au milieu du XIXe siècle, un lavoir à mine (bocard et patouillet) fonctionnait pendant trois mois sur le ruisseau de la fontaine d’Aunot. Il était exploité par Clausse, maître de forges à Pancey.

52 – Sommermont (Haute-Marne) – Dans une étroite vallée, sur la rive gauche de la Marne

Jolibois évoque le lavoir à mines qui fonctionne en 1858 et d’anciennes usines à fer. Béguinot précise qu’en 1837, M. de Hédouville fait construire un bocard et un patouillet sur le ruisseau de Sommermont, au lieu-dit La Pièce du Breuil. Le minerai traité provenant de la commune et de celle de Chatonrupt.

52 – Sommeville (Haute-Marne) – Vallée de la Marne

La ligne de chemin de fer de Gray est le seul lien qu’entretenait Sommeville avec la métallurgie. Des carrières de pierre y ont été exploitées.

52 – Sommevoire (Haute-Marne) – Vallée de la Voire – CP (FR_52SOMM)

C’est au Moulin Neuf (confluent de la Voire et de la Vivoire), qu’en 1836 Denizet construit l’usine de Sommevoire, comprenant un haut-fourneau avec bocard et patouillet. En 1840, les frères Viry la dirigent et, abandonnant le projet d’y installer une affinerie avec four à puddler et marteaux, l’équipent, en 1850, d’un atelier de moulage. Six ans plus tard, Zégut, Petit et Durenne louent l’usine et en accroissent l’outil de production.
En 1857, Antoine Durenne rachète l’usine avec la dot de sa femme et oriente la fabrication vers la fonte d’art et d’ornement. En 1858, il édifie un second haut-fourneau circulaire, qui servira jusqu’en 1880 environ et modernise l’usine tout en faisant rayonner ses productions artistiques par le biais des Expositions universelles où il reçoit de nombreuses médailles, et d’une politique commerciale dans laquelle pèse tout le poids de ses relations… Antoine Durenne élargira sa vocation industrielle en rachetant les usines de Wassy et Oudry à Paris. À son décès, en 1895, l’usine est reprise par son gendre, le colonel Jacquin. Succèdent ensuite les familles de Galard et de Chatelus, descendantes de Durenne par les femmes. Le rachat du Val d’Osne et de Marquise renforce le groupe et diversifie ses productions. En 1976, celui-ci est vendu à la Société Générale de Fonderie dont le dépôt de bilan, dix ans plus tard, touchera seize usines et cinq mille ouvriers. Sommevoire, comme Wassy et Marquise sera repris par le groupe Lang-Ferry tandis que le Val d’Osne sera fermé.

La vocation de Sommevoire sera maintenue au prix d’importants investissements et d’un atelier complémentaire de chaudronnerie. Aujourd’hui, GHM Sommevoire produit de l’éclairage et du mobilier urbain dessinés par les plus grands designers, mais conserve les modèles anciens, créés par de grands sculpteurs du XIXe siècle. Spécialisée dans la coulée de produits longs et creux, elle a un quasi monopole sur les mâts de tramway. Ses ateliers de moulage main lui permettent de pérenniser son savoir-faire et d’assurer la fabrication de fontes artistiques et la restauration d’éléments anciens. Sommevoire emploie environ 250 personnes et rayonne dans le monde entier.

Parmi les réalisations les plus emblématiques, il convient de citer à Paris deux des quatre chevaux ailés en bronze doré, ainsi qu’une grande partie de la décoration du pont Alexandre III, l’Éléphant pris au piège (Frémiet) et l e Cheval tirant sa herse (Rouillard) ornant le parvis le musée d’Orsay, le monument à Pierre 1er de Serbie à Paris, l’Hartmannswillerkopf en Alsace et, les fontaines monumentales de Édimbourg et Melun.

À voir : Sommevoire est l’un des sites majeurs du Pôle d’excellence rurale des vallées du fer. Une association, les Compagnons de Saint-Pierre, gère le fonds de modèles de l’usine et propose au public des visites guidées et des animations.

52 – Soulaincourt (Haute-Marne) – Sur un ruisseau, affluent de la Saulx

Aucune trace de métallurgie ne marque ce village, ancienne propriété du marquis de Pimodan, maître de forges. Soulaincourt fut détruit pendant les guerres du XVIe siècle à la suite du meurtre de cavaliers pilleurs.

52 – Suzannecourt (Haute-Marne) – Au confluent du Rongeant et de la Marne

Suzannecourt a possédé des lavoirs à bras en 1818, puis, vers 1838, Guillaume fit construire un bocard à 10 pilons, avec patouillet à 2 huches, sur une dérivation du Rongeant située à l’entrée du village.
En 1819, à l’embouchure du Rongeant, une usine fut installée pour laquelle Guénard fit construire un haut-fourneau en 1837, qui coula jusqu’à 1 000 tonnes par an. En 1869, elle emploie une quinzaine de personnes. Arrêtée peu après 1880, elle sera reprise par Capitain-Gény, maître de forges à Bussy, pour stocker les modèles rachetés à la fonderie d’art Denonvilliers (Sermaize-sur-Saulx). Ceux-ci seront déménagés en 1994, peu avant la démolition du bâtiment principal. Aujourd’hui, seuls quelques logements ouvriers rappellent l’activité industrielle passée.

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55 – Tannois (Meuse) – Vallée de l’Ornain

Entre le village et la voie ferrée, le nom du lieu-dit  : la Minière, rappelle le passé métallurgique de Tannois.

52 – Thilleux (Haute-Marne) – Entre Voire et Ceffondet

On ne relève pas de passé industriel dans cet ancien village dont les religieux de Montier-en-Der en étaient les seigneurs.

52 – Thonnance-lès-Joinville (Haute-Marne) – Vallée de la Marne

Propriété de l’évêque de Châlons au XVIIe siècle, le haut-fourneau de Thonnance fut exploité au XVIIIe siècle par Grignon. En l’an III, il appartient à Mollerat. On y retrouve Adrien qui utilise ses fontes dans les affineries de Bayard et Vraincourt. Puis Caroillon de Vandeul l’acquiert vers 1839 et produit des fontes en marchandise. Un second haut-fourneau, à air chaud, sera construit en 1858. L’usine sera dirigée par Drouot et Cie, puis par Jamin. Dormoy la reprend en 1880 et y fait fonctionner un cubilot jusqu’à sa fermeture en 1891. Quelques bâtiments en mauvais état subsistent.
Entre 1820 et 1885, Vandeul exploita également six sites d’extraction d’un minerai riche mais enclavé dans des excavations profondes de roches calcaires.
Trois établissements de bocardage et lavage du minerai ont également fonctionné à Thonnance : celui de Clairefontaine en 1836, celui de Villeneuve autour de 1811 et celui de Saint Didier, exploité par Guénard en 1832.

52 – Thonnance-les-Moulins (Haute-Marne) – Vallée du Rongeant

En 1632, Mathieu est autorisé à construire un fourneau avec affinerie qui, en 1772, produira 400 tonnes de fonte et 275 tonnes de fer. En 1784, Mollerat dirige cette usine composée d’un fourneau qui ne fonctionne que quatre mois par an, de deux affineries et d’un bocard. En 1818, elle appartient à Marquette de Fleury, puis passe aux mains du marquis de Maupas en 1834. Des fours à puddler sont installés en 1837 et le haut-fourneau est entièrement reconstruit en 1856. L’usine comprend également deux foyers de chaufferie, un marteau à cingler, un gros marteau, deux martinets et une machine à vapeur qui supplée la faiblesse du cours d’eau. En 1864, la production de fer est remplacée par une pointerie. L’usine sera reconvertie en tréfilerie par Cornibert.
Sous l’appellation « Forge Sainte-Marie », le site a été transformé en un camping luxueux.

52 – Trémilly (Haute-Marne) – Sur le Ceffondet

L’histoire de Trémilly ne croise pas celle de l’aventure industrielle du département. Son château, construit en 1713, sur les plans de l’architecte Girardon, vient d’être détruit par les flammes.

55 – Tréveray (Meuse) – Vallée de l’Ornain

Site en activité depuis l’an 1500 environ.
Tréveray est un lieu ancien et important. Dès l’an II, il y avait 200 ouvriers qui produisaient des gueuses et des fers marchands exportés par le port de Saint-Dizier vers Paris, Rouen, la Picardie et la manufacture d’armes de Maubeuge. On y a produit des fontes d’ornement, des balcons, des taques de cheminées, des pièces mécaniques, de chauffage.
En 1988, l’usine actuelle est reprise par le groupe Hachette et Driout (Saint-Dizier) qui la modernise et la spécialise dans des pièces de grande et moyenne dimension pour l’industrie.

52 – Troisfontaines (Haute-Marne) – Sur les hauteurs entre Blaise et Marne

Ce village, qui doit son nom à trois sources, appartenait à l’abbaye de Saint-Urbain, puis, en partie au prieuré d’Epineuseval. Béguinot note cinq lieux d’extraction du minerai par tranchées entre 1850 et 1855. En 1840, onze lavoirs à bras ont été en activité dans la forêt du Val, au lieu-dit Triage du Mont-Gérard. Ils seront remplacés vers 1865 par un bocard à cylindres et un patouillet à une huche, mus par une machine à vapeur.

55 – Tronville-en-Barrois (Meuse) – Vallée de l’Ornain

Sur ce qui a été le site de Rhovyl, la métallurgie a été la première activité. Le système hydraulique est toujours visible. La principale activité a été la manufacture française d’outils Goldenberg.
Actuellement, l’activité métallurgique se prolonge avec l’entreprise Sodetal, installée sur la rive gauche du canal qui produit du « steelcord », fil d’acier pour les armatures de pneus. On distingue plus ou moins aisément dans le coteau boisé les vestiges de fours à chaux, autre activité importante en Meuse, de Vaucouleurs à Verdun, grâce à la qualité des bancs de roche calcaire…

V

52 – Valcourt (Haute-Marne) – Vallée de la Marne

L’ancre de marine, au fronton de la mairie du village rappelle l’activité des mariniers qui transportaient à Paris les produits métallurgiques sur des bateaux à fond plat, les Marnois, ou des trains de brêles.

52 – Valleret (Haute-Marne) – Sur les hauteurs de la vallée de la Blaise

En 1864, sept sites d’extraction minière à ciel ouvert ont été exploités par Capitain-Gény, Jeanson, Simon et des maîtres de forges belges. Autour de 1860, Monbled fit construite un bocard et deux lavoirs à bras au lieu-dit La Fontaine, qui traitait le minerai de Vallerest, Guindrecourt-aux-Ormes et Fays.
Au XVIe siècle, François Ier aurait projeté d’élever une forteresse selon Baugier. Puis en 1814 Napoléon Ier y réunit son armée. Il existe à Vallerest une fontaine Saint Lumier dont l’eau est réputée miraculeuse surtout pour les yeux. Elle faisait l’objet d’un pèlerinage le dimanche de Quasimodo.

52 – Vaux-sur-Blaise (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise – CP (FR_52VAUB)

Entre 1823 et 1858, Vaux fut un site d’extraction de minerai de fer dans ses bois communaux ainsi qu’au Chenois et à la Tranche des Côtes. Par ordonnance royale du 22 mars 1833, l’usine de Vaux-sur-Blaise fut autorisée. Construite par Mayence, elle comportait un patouillet, un bocard et un haut-fourneau. En 1840, 800 tonnes de fonte sortaient de ses ateliers, obtenus à partir de 2 000 tonnes de minerai lavé et de 1 000 tonnes de charbon de bois. En 1865, l’usine comporte deux hauts-fourneaux qui, après un arrêt en 1883, sont définitivement éteints en 1890 (l’un d’eux ayant été démoli en 1885, date de la liquidation de la société Mayence-Presle et Cie). L’usine se reconvertit alors, sous la direction de Bouchenot, pour produire des pièces mécaniques diverses. Autour de 1987, l’usine sera reprise par la famille Cordier qui y fait tourner un atelier d’usinage. On peut encore voir les bâtiments de cette usine ainsi que, de la route, l’importante maison de maître de forges bâtie au-dessus d’une chute d’eau.

52 – Vaux-sur-Saint-Urbain (Haute-Marne)

On ne note pas d’activité métallurgique dans ce village d’origine gallo-romaine qui appartint à la Maison de Joinville.

52 – Vecqueville-Bussy (Haute-Marne) – Vallée de la Marne – CP (FR_52JOIB)

L’usine de Bussy remonte à 1829, date à laquelle Capitain et Brocard firent installer un bocard à 10 pilons ainsi qu’un patouillet sur la rive droite de la Marne. Celui-ci traitait le minerai de Thonnance-les-Joinville qui arrivait par gravité grâce à un glissoir aménagé sur la pente de la colline. En 1836, Elophe Capitain fait construire un haut-fourneau en face du bocard, mais sur la rive gauche de la Marne. Un deuxième haut-fourneau est installé en 1837, tandis que deux cubilots étaient montés un an après. En 1840, un second bocard avec patouillet est mis en activité, tandis que l’air chaud est utilisé pour les hauts-fourneaux. L’usine se développe rapidement grâce, notamment, à la ligne de chemin de fer de Blesmes à Gray. En 1865, l’usine est dirigée par Capitain et Salin (beaux-frères). Un haut-fourneau et une soufflerie à vapeur sont installés. Les hauts-fourneaux seront éteints en 1901. On pouvait encore toujours voir l’un d’eux, enclavé dans l’usine actuelle. Haut de 14 mètres, de forme circulaire frettée de fer, et posé sur des colonnes en fonte. Il permettait d’obtenir dix tonnes par jour… ce chiffre est à rapprocher des 5 000 tonnes quotidiennes produites par un haut-fourneau de Fos-sur-Mer actuellement !
Sous l’impulsion de Edmond Capitain, puis de la famille Ferry-Capitain, cette usine est devenue une entreprise importante spécialisée dans la coulée de grosses pièces de fonte ou d’acier moulé. Elle possède également un atelier d’usinage particulièrement bien monté pour l’usinage de grosses pièces et le taillage d’engrenages pouvant aller jusqu’à 12 mètres de diamètre.
Au XIXe siècle, cette entreprise a aussi eu une activité importante en statuaire et possède un impressionnant magasin à modèles de fontes d’art et ornementales. C’est à Bussy qu’ont été coulés les monuments suivants  : les grilles monumentales de l’Hôtel des téléphones à Paris, Apollon et les Muses par Tony Noël, pour le fronton du Grand Palais à Paris, quatre groupes « Les Forgerons » par G. Michel, pour le pont de Bir Hakeim à Paris, des groupes équestres, par Peter pour le Grand Palais à Paris, le monument de l’Union postale de Berne, le monument du siège de Saint-Dizier en 1544 par Carillon, et bien d’autres œuvres que l’on retrouve dans toute la France, en Europe et dans le monde entier, dont les signatures sont souvent prestigieuses : Falguière, Carrier-Belleuse, Mercié, Dubois, Bartholdi, duchesse d’Uzès…
Aujourd’hui, Bussy est la plus importante fonderie de la vallée de la Marne et emploie environ 500 personnes.

52 – Ville-en-Blaisois (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise

Contemporaine de Rachecourt-Suzémont puisque Charles le Chauve, en 858, approuva la fondation du prieuré par l’abbaye de Montier-en-Der, Ville-en- Blaisois fait aussi partie des anciens sites métallurgiques de la vallée de la Blaise. Un gisement de fer en grains, au Pont de Persin, au Grand Défant, Entre
deux villes et Derrière chez Barnabé, fut exploité de 1860 à 1869 par Jeanson, Simon et Bonnamy. Le minerai était traité dans deux ateliers de lavage, l’un au droit du moulin appelé Grand Bocard, établi sur le canal de dérivation des usines, l’autre situé sur la fontaine de Billancourt, dénommé Petit Bocard. Ils étaient exploités par Monsieur de Damas, maître de forges à Cirey-sur-Blaise et ont produit en 1858, 5 250 m3 de minerai lavé.
Le prieuré n’existait plus en 1789 mais le bâtiment conventuel subsiste, adossé à l’église par une arcade qui servait de passage aux moines pour aller aux offices  : le « passerot ».

52 – Villiers-au-Bois (Haute-Marne) – Dans la forêt du Val, à la source des Aulnées

Au lieu-dit Joyot, du minerai de fer a été extrait et Béguinot mentionne une forge dont on a totalement perdu la trace.

52 – Villiers-en-Lieu (Haute-Marne) – Sur un ruisseau qui se jette dans la Marne

On ne relève pas de trace de métallurgie dans ce village qui appartenait à la Couronne de France et à l’abbaye de Troisfontaines. Les moines de l’abbaye y avaient une grange qui, de même que l’église du village, fût brûlée par les Impériaux en 1544.

52 – Villiers-sur-Marne (Haute-Marne) – Vallée de la Marne

Ni Jolibois, ni Béguinot ne relèvent d’indices de métallurgie dans ce village proche de la ligne de chemin de fer de Gray et dont les écarts se nomment La Papeterie ou le Moulin.

51 – Vitry-le-François (Marne) – Confluent de la Marne, de la Blaise et de la Saulx – CP (FR_51VIFR)

La fonderie de Vitry-le-François aujourd’hui disparue était implantée à l’emplacement de l’hypermarché Leclerc. On peut, de temps en temps, trouver des plaques de voirie en fonte marquées « fonderies de Vitry-le-François ».
Vitry-le-François a eu surtout un rôle dans l’organisation des voies de communication :
– jonction des rivières sur lesquelles se faisait le flottage des radeaux (la Marne ne devenant navigable qu’à partir du confluent avec la Saulx)
– puis la rencontre des deux canaux, allant de Paris vers Strasbourg le long de l’Ornain, et vers la Bourgogne via la vallée de la Marne.
À voir : le principal souvenir de cette époque est la très belle fontaine dite « Déesse Marne » achetée à Tusey (fonderie d’art près de Vaucouleurs).

 52 – Voillecomte (Haute-Marne) – Aux sources de l’Héronne

Entre 1850 et 1883, du minerai a été extrait dans cette commune possédant un important domaine forestier. Il s’agissait d’extraction en tranchées aux lieux-dits Près la Forêt, Au Merly, Tartotte et Grandchamp. Par ailleurs, Jeanson et Simon ont exploité les minières des lieux-dits Le Nefflier, et Magneux en 1867 ; Viry, ceux des Hautes Courrières, et des Minières (1867) et Danelle, ceux de La Fontaine-aux-Bois et des Huarts en 1868.
Béguinot précise que le minerai de Voillecomte était suffisamment pur pour ne pas nécessiter de lavage après son concassage.

W

52 – Wassy (Haute-Marne) – Vallée de la Blaise – CP (FR_52WASS)

Au XIIe siècle, le comte de Champagne possédait un certain nombre de forges à bras dont plusieurs furent cédées à des abbayes de la région telles Clairvaux, Montier-en-Der et la Crète. Les forges réparties entre les communes avoisinantes étaient connues sous l’appellation de Forges de Wassy. Puis, au cours du XIIIe siècle, après la disparition des forges à bras, on note l’existence d’une grosse forge à Wassy exploitée par l’abbaye de Clairvaux. Ce fait est rappelé par une plaque commémorative apposée sur les murs de la direction de l’actuelle usine de Wassy : « Sur l’emplacement actuel de l’usine de Petit Champ fut édifiée, en 1157, par l’abbaye de Clairvaux, la première forge industrielle de France ».
En 1831, est installée sur le canal des moulins une affinerie comportant chaufferie, martinet et laminoirs. En 1839, Perrin-Oudotte construit un bocard sur la rive droite de la Blaise au lieu-dit les Petits Champs à l’emplacement de l’ancienne forge des comtes de Champagne cédée à l’abbaye de Clairvaux. En 1848, est construit un haut-fourneau qui produira jusqu’à 1 000 tonnes de fonte par an tandis que le bocard, avec trois cylindres broyeurs, est devenu le plus important du département avec une production de 10 000 m3 de minerai par an. Antoine Durenne, maître de forges à Sommevoire, rachète les Petits Champs en 1880 et les transforme en 1882 en fonderie de seconde fusion. Pendant la première guerre mondiale, l’usine fabriquera des obus. Dans les années 1920-1925, l’usine s’est notoirement agrandie et produit des tuyaux. Aujourd’hui, devenue GHM, elle a une activité axée sur la production de pièces pour l’automobile, les travaux publics et l’hydraulique. Elle a été modernisée en 1989 avec l’installation d’un chantier automatique de moulage avec sa sablerie. En 2001, des fours électriques à moyenne fréquence et une station de chargement complètent l’équipement permettant d’obtenir des fontes à haute caractéristique mécanique. Ces ateliers sont ainsi devenus un ensemble très performant employant environ 150 personnes.

À voir : les Promenades et leurs fontes d’art : le Cerf, par Lecourtier, le Faucheur par Kinsburger, Galatée.
Dans l’église, deux anges bénitiers.
Dans les environs, le réservoir du canal, autrement appelé la digue des Leschères.
La gare de Wassy rappelle l’importance du train (appelé le Tut-Tut) dans cette vallée.

À propos Dominique Perchet

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